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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2312392

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2312392

mardi 31 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2312392
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantLARBI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 19 octobre 2023, Mme D... B..., représentée par Me Larbi, demande au juge des référés du Tribunal, statuant sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d’enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de la convoquer afin de lui permettre de déposer une demande de titre de séjour, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l’État la somme de 2 500 euros sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Mme B... soutient que :

- la condition d’urgence est remplie dès lors que l’impossibilité de déposer sa demande de titre de séjour depuis plus de 16 mois lui interdit de trouver un emploi et d’être prise en charge par une caisse de sécurité sociale, de se déplacer à l’étranger et de voir ses parents qu’elle n’a pas revu ses parents depuis plus de six ans, alors qu’elle justifie que son admission au séjour est de plein droit ;
- la condition d’utilité est remplie dès lors que ses demandes sont restées vaines ;
- la mesure sollicitée ne fait pas obstacle à l’exécution d’une décision administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code de justice administrative.


Le président du Tribunal a désigné Mme Renault, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.


Considérant ce qui suit :

M. C... A..., époux de Mme B..., a déposé une demande de regroupement familial à titre exceptionnel sur place, au profit de son épouse et de leurs quatre enfants. La décision de rejet opposée à cette demande par le préfet de la Seine-Saint-Denis le 2 avril 2021 a été annulée pas jugement de ce tribunal, en date du 10 juin 2022, lequel a en outre enjoint au préfet d’autoriser le regroupement familial présenté par M. A..., dans le délai d’un mois à compter de la notification du jugement. Par courrier du 26 août 2022, le préfet de la Seine-Saint-Denis a informé M. A... de son acceptation de l’admission au séjour de son épouse et de leurs enfants, au titre du regroupement familial. Une fois effectuées les démarches auprès de l’Office français de l’immigration et de l’intégration consécutives à cette admission au séjour, Mme B... a entrepris de solliciter, à compter du 2 février 2023, la délivrance d’un titre de séjour au titre de la vie privée et familiale. N’étant pas parvenue, à la date d’introduction de la requête, à obtenir l’enregistrement de sa demande de délivrance de son titre de séjour, Mme B... demande au juge des référés d’enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de la convoquer à un rendez-vous afin de procéder à l’enregistrement de sa demande.

Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ». Aux termes de l’article L. 522-3 du même code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ».

Il résulte de l’instruction que Mme B... s’est efforcée à quatre reprises de déposer sa demande de délivrance d’un premier de titre de séjour. Sa première demande, en date du 2 février 2023, engagée sur la plateforme « démarches simplifiées », dans la catégorie « premier titre de séjour vie privée et familiale », a été classée sans suite le 13 février 2023, au motif qu’elle relevait d’une exécution de jugement. Sa deuxième demande, en date du 6 juin 2023, déposée sur la même plateforme dans la rubrique « traitement des injonctions du tribunal », a été classée sans suite à son tour le 7 juin 2023 au motif que la demande devant être déposée dans la rubrique « rendez-vous premier titre de séjour vie privée et familiale ». Sa troisième demande, en date du 26 juin 2023, déposée conformément aux instructions précédentes, a été encore une fois classée sans suite, le 26 juin 2023, au motif que la demande devait être déposée dans la rubrique prévue pour les injonctions du tribunal. Mme B... a, en conséquence, déposé une quatrième demande, le 26 juin 2023, dans la rubrique prévue pour les injonctions du tribunal, qui a été elle aussi classée dans suite au motif, cette fois, que sa demande devait être déposée « via ANEF ».





Aux termes de l’article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « La demande d'un titre de séjour figurant sur une liste fixée par arrêté du ministre chargé de l'immigration s'effectue au moyen d'un téléservice à compter de la date fixée par le même arrêté. Les catégories de titres de séjour désignées par arrêté figurent en annexe 9 du présent code. / Les personnes qui ne sont pas en mesure d'effectuer elles-mêmes le dépôt en ligne de leur demande bénéficient d'un accueil et d'un accompagnement leur permettant d'accomplir cette formalité. / En outre, une solution de substitution, prenant la forme d'un accueil physique permettant l'enregistrement de la demande, est mise en place pour l'étranger qui, ayant accompli toutes les diligences qui lui incombent, notamment en ayant fait appel au dispositif d'accueil et d'accompagnement prévu à l'alinéa précédent, se trouve dans l'impossibilité constatée d'utiliser le téléservice pour des raisons tenant à la conception ou au mode de fonctionnement de celui-ci. / Le ministre chargé de l'immigration fixe par arrêté les modalités de l'accueil et de l'accompagnement mentionnés au deuxième alinéa ainsi que les conditions de recours et modalités de mise en œuvre de la solution de substitution prévue au troisième alinéa. ». Aux termes de l’article 1er de l’arrêté du 22 juin 2023 pris en application de l'article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatif aux titres de séjour dont la demande s'effectue au moyen d'un téléservice : « Sont effectuées au moyen du téléservice mentionné à l'article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (…). 2° A compter du 26 juin 2023, les demandes de cartes de séjour temporaires, de cartes de séjour pluriannuelles et, en première demande, de cartes de résident sur le fondement des articles L. 423-14, L. 423-15, L. 423-16 du même code, ainsi que de certificats de résidence algériens délivrés sur le fondement des stipulations combinées des articles 4, 7 et 7 bis de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié. »

Pour regrettable que soit la situation à laquelle a été confrontée Mme B... dans le cadre du traitement de ses trois premières demandes, il résulte des dispositions citées au point précédent que la demande d’un certificat de résidence algérien au titre du regroupement familial doit être effectuée, depuis le 26 juin 2023, date de la dernière demande de l’intéressée, au moyen du téléservice assuré par l’ANEF. Si Mme B... soutient qu’un tel dépôt n’est pas possible, faute de disposer d’un numéro étranger, elle n’établit pas avoir été confrontée à une telle impossibilité, alors que les fonctionnalités offertes par la plateforme de l’ANEF sont en constante évolution. Dans ces conditions, la mesure demandée ne présente manifestement pas de caractère d’utilité.

Il y a lieu, par suite, de rejeter la requête de Mme B... selon la procédure prévue à l’article L. 522-3 du code de justice administrative, en toutes ses conclusions.













O R D O N N E :


Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme D... B....
.



Fait à Montreuil le 31 octobre 2023.


La juge des référés,

Signé

Th. Renault



La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.



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