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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2312650

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2312650

jeudi 24 juillet 2025

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2312650
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation11ème chambre
Avocat requérantSOURTY

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Montreuil a été saisi par M. C, ressortissant serbe, d’un recours en excès de pouvoir contre le refus implicite du préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer un titre de séjour. Le requérant invoquait un défaut de motivation, une méconnaissance de l’article L. 423-23 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, et une erreur manifeste d’appréciation. Le tribunal a constaté que M. C s’était vu remettre un titre de séjour valable du 23 avril 2025 au 22 avril 2026, rendant sa requête sans objet. En conséquence, il a prononcé un non-lieu à statuer sur les conclusions aux fins d’annulation et d’injonction, et a condamné l’État à verser 1 100 euros à M. C au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 25 octobre 2023, M. A C, représenté par Me Sourty, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer un titre de séjour ou, à défaut, de procéder à un nouvel examen de sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État (préfet de la Seine-Saint-Denis) la somme de 1 800 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ou la même somme à son conseil sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 dans le cas où il bénéficierait de l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

- la décision est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un courrier du 22 novembre 2024, M. C a été invité, sur le fondement des dispositions de l'article R. 612-5-1 du code de justice administrative, à confirmer expressément, dans un délai d'un mois, le maintien de ses conclusions.

Par un courrier enregistré le 25 novembre 2024, M. C a indiqué qu'il entendait maintenir sa requête.

Par un mémoire en défense enregistré le 4 juillet 2025, le préfet de la Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que la requête est dépourvue d'objet dès lors que le requérant s'est vu remettre le 13 juin 2025 un titre de séjour valable du 23 avril 2025 au 22 avril 2026.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Caldoncelli-Vidal a été entendu au cours de l'audience publique.

Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, ressortissant serbe né le 15 janvier 1967, est entré sur le territoire français le 10 février 2012, selon ses déclarations. Le 18 janvier 2023, il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour mention " vie privée et familiale ". Par une décision implicite du 18 mai 2023, dont M. C demande l'annulation, le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de faire droit à sa demande.

Sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction :

2. Il ressort des pièces du dossier que M. C a été mis en possession le 13 juin 2025 d'un titre de séjour valable du 23 avril 2025 au 22 avril 2026. Dans ces conditions, la requête est dépourvue d'objet et il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction.

Sur les frais liés au litige :

3. M. C n'a pas obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle, par suite, son avocat ne peut se prévaloir des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État (préfet de la Seine-Saint-Denis) le versement à M. C d'une somme de 1 100 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D É C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. C aux fins d'annulation et d'injonction.

Article 2 : L'État (préfet de la Seine-Saint-Denis) versera à M. C, une somme de 1 100 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au préfet de la Seine-Saint-Denis.

Délibéré après l'audience du 8 juillet 2025, à laquelle siégeaient :

- M. Israël, président,

- M. Marias, premier conseiller,

- Mme Caldoncelli-Vidal, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 juillet 2025.

La rapporteure,

Mme Caldoncelli-Vidal Le président,

M. Israël

La greffière,

Mme B

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis ou à tout autre préfet territorialement compétent, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

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