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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2312679

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2312679

lundi 27 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2312679
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationPôle Urgences (J.U)
Avocat requérantKERAVEC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 25 octobre 2023 et le 27 novembre 2023, M. G C, retenu au centre de rétention n° 3 du Mesnil-Amelot, représenté par

Me Rapoport, demande au tribunal :

1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 24 octobre 2023 par lequel le préfet du Val-de-Marne lui a fait obligation de quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination, et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans ;

3°) d'enjoindre au préfet la délivrance d'une attestation de demande de titre de séjour dans un délai de sept jours à compter de la décision à intervenir sous astreinte de cinquante euros par jour de retard à titre subsidiaire de réexaminer sa situation ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros, à verser à son conseil, au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, renonçant le cas échéant à percevoir les sommes allouées au titre de l'aide juridictionnelle si elle était octroyée.

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- l'auteur de cette décision n'a pas justifié de sa compétence ;

- cette décision n'est pas suffisamment motivée et est entachée d'un défaut d'examen sérieux et particulier de sa situation ;

- elle est entachée d'une erreur de droit ;

- elle est entachée d'erreurs de fait

- elle a été prise en méconnaissance du principe du contradictoire garanti par le paragraphe 2 de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- elle méconnait l'article L. 611-1 5° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnait les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle méconnait le 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

Sur la décision portant refus de départ volontaire :

- l'auteur de cette décision n'a pas justifié de sa compétence ;

- cette décision n'est pas suffisamment motivée et est entachée d'un défaut d'examen sérieux et particulier de sa situation ;

- elle est entachée d'une erreur de droit ;

- elle a été prise en méconnaissance du principe du contradictoire garanti par le paragraphe 2 de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ont été méconnus ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Sur la décision fixant le pays d'éloignement :

- l'auteur de cette décision n'a pas justifié de sa compétence ;

- cette décision n'est pas suffisamment motivée et est entachée d'un défaut d'examen sérieux et particulier de sa situation ;

- elle est entachée d'une erreur de droit ;

- elle a été prise en méconnaissance du principe du contradictoire garanti par le paragraphe 2 de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ont été méconnus ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Sur la décision d'interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est illégale par voie d'exception ;

- l'auteur de cette décision n'a pas justifié de sa compétence ;

- cette décision n'est pas suffisamment motivée et est entachée d'un défaut d'examen sérieux et particulier de sa situation ;

- elle est entachée d'une erreur de droit ;

- elle a été prise en méconnaissance du principe du contradictoire garanti par le paragraphe 2 de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ont été méconnus ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Des pièces ont été enregistrées pour le préfet du Val-de-Marne les 22 et 25 novembre 2023 et ont été communiquées.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal administratif de Montreuil a désigné Mme Lamlih pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions portant mesure d'éloignement des ressortissants étrangers en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Lamlih, magistrate désignée,

- les observations de Me Rapoport, représentant M. C, qui a exposé les moyens soulevés dans son mémoire complémentaire. Il précise que la mesure d'éloignement est insuffisamment motivée et entachée d'un défaut d'examen en ce qu'elle précise qu'il n'a pas de précédent titre de séjour alors qu'il a été interpellé dans les locaux de la préfecture à l'occasion de sa demande de titre de séjour, que le procès-verbal d'audition ne mentionne pas la possible édiction d'une mesure d'éloignement à l'encontre de M. C en méconnaissance du principe du contradictoire ; que les faits reprochés objet des signalements dans la base du fichier automatisé des empreintes digitales (FAED) n'ont fait l'objet d'aucune condamnation pénale et que M. C fait uniquement l'objet d'une convocation au tribunal correctionnel du tribunal judiciaire de Créteil le 5 juin 2024 pour des faits de résistance violente à un fonctionnaire de police affecté à la préfecture qui ne caractérisent pas une menace pour l'ordre public ; que la mesure d'éloignement porte au droit au respect de la vie privée et familiale de M. C une atteinte disproportionnée aux buts poursuivis eu égard à la durée et aux conditions de son séjour en France depuis vingt-trois ans et à l'existence d'attaches familiales fortes par la présence de son fils de nationalité française et de son frère en situation régulière. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations du 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant est abandonné.

- les observations de Me Jacquard, représentant la préfecture du Val-de-Marne, qui précise que M. C a fait l'objet de multiples signalements dans le FAED pour des faits caractérisant une menace pour l'ordre public ; que son enfant est majeur, qu'il ne démontre une insertion professionnelle stable que jusqu'en 2013 et qu'il ne justifie pas d'une intégration particulière. M. C a fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement, qu'il n'a pas d'adresse stable et que son comportement constitue une menace pour l'ordre public justifiant un refus de départ volontaire. L'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans n'est pas disproportionnée.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, de nationalité malienne, né en 1973 au Mali, déclare être entré en France le 25 mars 2000. Par un arrêté du 24 octobre 2023, notifié le même jour, dont l'intéressé demande l'annulation, le préfet du Val-de-Marne l'a obligé à quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination, et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans.

Sur l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur sa requête, il y a lieu de prononcer l'admission provisoire de M. C à l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin de communication du dossier :

3. L'affaire est en état d'être jugée, le principe du contradictoire a été respecté et il n'apparaît donc pas nécessaire, dans les circonstances de l'espèce, d'ordonner la communication de l'ensemble des pièces sur lesquelles s'est fondé le préfet du Val-de-Marne pour prendre l'arrêté contesté.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne les moyens communs aux décisions contestées :

4. En premier lieu, par un arrêté n° 2022/02671 du 25 juillet 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs du même jour, la préfète du Val de Marne a donné à M. B F, adjoint à la cheffe du bureau de l'éloignement du contentieux, délégation pour signer notamment les décisions litigieuses en cas d'absence ou d'empêchement de Mme H E, cheffe de la direction des migrations et de l'intégration, et de Mme D A, cheffe du bureau de l'éloignement et du contentieux. Il n'est en l'espèce ni établi ni même allégué que Mmes E et A n'auraient, à la date de l'arrêté attaqué, pas été absentes ou empêchées. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté attaqué doit être écarté.

5. En deuxième lieu, l'arrêté comporte l'énoncé des éléments de droit et de fait qui constituent le fondement des décisions en cause. Il mentionne notamment que M. C déclare être entré en France le 25 mars 2000, qu'il ne justifie pas être entré régulièrement sur le territoire français et n'a jamais sollicité en connaissance de cause la délivrance d'un titre de séjour. Il précise également que l'intéressé ne présente pas de garanties de représentation suffisantes dès lors notamment que son comportement constitue une menace pour l'ordre public ayant été interpelé et placé en garde à vue par le commissariat de Créteil pour les faits de violences volontaires sur personne dépositaire de l'autorité publique, rébellion et outrage à personne chargée d'une mission de service public, qu'il ne présente pas de garanties de représentation dans la mesure où il est dépourvu d'un document de voyage en cours de validité qu'il ne justifie pas le lieu de sa résidence effective et permanente et qu'il ressort de l'examen de sa situation qu'il n'est pas porté une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale. L'arrêté contesté comporte ainsi l'énoncé des éléments de droit et de fait qui constituent le fondement des décisions en litige. Par ailleurs, le préfet n'était pas tenu de mentionner l'ensemble de la situation de l'intéressé. Il satisfait donc à l'exigence de motivation prévue par les articles L. 613-1 et L. 613-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

6. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier ni des termes mêmes de l'arrêté attaqué, qui font état d'éléments de fait propres à la situation de l'intéressé, que le préfet n'aurait pas procédé, ainsi qu'il y était tenu, à l'examen particulier de la situation de l'intéressé. Le requérant n'est donc pas fondé à soutenir que l'arrêté en litige serait entaché d'illégalité, faute d'avoir été précédé d'un examen particulier de l'affaire.

7. En quatrième lieu, aux termes du paragraphe 1 de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union ". Aux termes du paragraphe 2 de ce même article : " Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre ; () ". Aux termes du paragraphe 1 de l'article 51 de la Charte : " Les dispositions de la présente Charte s'adressent aux institutions, organes et organismes de l'Union dans le respect du principe de subsidiarité, ainsi qu'aux Etats membres uniquement lorsqu'ils mettent en œuvre le droit de l'Union. () ". Selon la jurisprudence de la Cour de justice de 1'Union européenne C-383/13 PPU du 10 septembre 2013, une atteinte au droit d'être entendu n'est susceptible d'affecter la régularité de la procédure à l'issue de laquelle une décision faisant grief est prise que si la personne concernée a été privée de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu influer sur le contenu de la décision.

8. Si le requérant soutient que l'arrêté contesté aurait été pris en méconnaissance de son droit d'être entendu, il ressort cependant du procès-verbal du 24 octobre 2023, produit à l'instance qu'il a été entendu avant l'édiction de la mesure d'éloignement litigieuse et qu'il a pu, à cette occasion, faire état de sa situation personnelle et familiale. En tout état de cause, le requérant ne précise pas en quoi il disposait d'informations pertinentes tenant à sa situation personnelle qu'il aurait été empêché de porter à la connaissance de l'administration avant que ne soit prise la mesure d'éloignement et qui, si elles avaient pu être communiquées en temps utile, auraient été de nature à y faire obstacle. En conséquence, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations du paragraphe 2 de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

9. En premier lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; () / 5° Le comportement de l'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois constitue une menace pour l'ordre public ; () ".

10. Il ressort des pièces du dossier que M. C, qui soutient être entré en France le 25 mars 2000 sans l'établir, ne justifie pas d'une entrée régulière. S'il démontre avoir été titulaire d'un titre de séjour valable un an délivré le 14 septembre 2020, il ressort toutefois des pièces du dossier que l'intéressé a été interpelé le 3 novembre 2008 pour des faits de violences conjugales, le 1er août 2018, pour des faits de rébellion, dégradation ou détérioration d'un bien appartenant à autrui, violence sur une personne dépositaire de l'autorité publique, le 24 novembre 2020 pour violence dans un accès à un moyen de transport collectif de voyageurs suivie d'incapacité n'excédant pas huit jours, le 6 mai 2022 pour des faits de violence sur une personne chargée de mission de service public et outrage et le 23 octobre 2023 pour des faits de violence sur un fonctionnaire de la police nationale suivie d'incapacité n'excédant pas huit jours, outrage et rébellion. Si M. C soutient que ces faits n'ont jamais fait l'objet de condamnation pénale, il ne conteste, toutefois pas, par cette seule assertion, leur matérialité. Dans ces circonstances, et alors que contrairement à ce qu'il soutient, ces faits de violence, eu égard à leur caractère itératif, révèlent un comportement constitutif d'une menace pour l'ordre public, le préfet du Val-de-Marne, pouvait, en tout état de cause, sur ce seul motif, édicter la mesure d'éloignement contestée. Par suite, les moyens tirés de l'erreur de fait en ce que la décision mentionne que l'intéressé n'a jamais sollicité un titre de séjour et d'erreur d'appréciation au regard des dispositions du 1° et du 5° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile citées au point précédent, doivent être écartés.

11. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

12. En l'espèce, M. C soutient être entré en France le 25 mars 2000 sans l'établir et il se prévaut d'une présence en France de vingt-trois ans en grande partie régulière ainsi que de son insertion professionnelle depuis son arrivée. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que le requérant ne démontre la régularité de son séjour en France que du 14 septembre 2020 au 13 septembre 2021 et qu'il justifie d'une insertion professionnelle stable uniquement jusqu'en 2014. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que le requérant est célibataire, sans charge de famille, qu'il a déjà fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement et qu'il ne démontre pas être dépourvu d'attaches dans son pays d'origine où il a vécu jusqu'à l'âge de vingt-sept ans. S'il se prévaut de la présence de son fils scolarisé, il ressort toutefois des pièces du dossier que ce dernier, majeur, ne réside pas avec son père et que M. C ne démontre pas la nécessité de rester auprès de lui. Enfin, eu égard à ce qui a été dit au point 10, le comportement de M. C ne démontre pas une volonté de s'insérer au sein de la société française. Dans ces circonstances, la décision attaquée n'a pas porté au droit au respect de la vie privée et familiale de l'intéressé une atteinte disproportionnée aux but poursuivis. Les moyens tirés de l'erreur de fait et de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doivent être écartés. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.

13. En troisième lieu, M. C, dont le fils est à la date de la décision attaquée majeur ainsi qu'il a été dit au point précédent, ne peut utilement soutenir que la décision en litige est entachée d'une erreur de droit en ce qu'il pouvait prétendre de plein droit à un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le moyen doit donc être écarté.

14. En quatrième lieu, si M. C soutient que la décision attaquée méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, il n'assortit toutefois son moyen d'aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé. Le moyen doit, en tout état de cause, être écarté.

15. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français doivent être rejetées.

En ce qui concerne la décision portant refus de délai de départ volontaire :

16. En premier lieu, le moyen tiré de ce que la décision attaquée serait entachée d'une erreur de droit est insuffisamment développé pour permettre au juge d'en apprécier le bien-fondé et doit donc être écarté.

17. En deuxième lieu, si M. C soutient que la décision attaquée méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, il n'assortit toutefois son moyen d'aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé. Le moyen doit, en tout état de cause, être écarté.

18. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 10, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

19. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; / 2° L'étranger s'est vu refuser la délivrance ou le renouvellement de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour au motif que sa demande était manifestement infondée ou frauduleuse ; / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il a fait l'objet ".

20. Il résulte de ce qui a été dit au point 10 que notamment, le comportement de M. C constitue une menace pour l'ordre public, et qu'en conséquence, le préfet n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en refusant d'octroyer un délai de départ volontaire à M. C sur le fondement des dispositions de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile citées au point précédent.

21. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision portant refus d'un délai de départ volontaire doivent être rejetées.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

22. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 10 et pour les mêmes motifs, que les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.

23. En deuxième lieu, si M. C soutient que la décision attaquée méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, il n'assortit toutefois son moyen d'aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé. Le moyen doit être écarté.

24. En troisième lieu, le moyen tiré de ce que la décision attaquée serait entachée d'une erreur de droit est insuffisamment développé pour permettre au juge d'en apprécier le bien-fondé et doit donc être écarté.

25. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision fixant le pays de destination doivent être rejetées.

En ce qui concerne la décision d'interdiction de retour sur le territoire français :

26. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment que le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision en litige est illégale en conséquence de l'illégalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français et de refus d'un délai de départ volontaire. Le moyen tiré de l'erreur de droit doit donc être écarté.

27. En deuxième lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 10 et pour les mêmes motifs, que les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que celui de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.

28. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans doivent être rejetées.

29. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté en date du 24 octobre 2023 attaqué, par lequel le préfet du Val-de-Marne l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné et lui a interdit de retourner sur le territoire français pour une durée de trois ans. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles tendant au remboursement des frais non compris dans les dépens ne peuvent qu'être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : M. C est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : La requête de M. C est rejetée.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. G C, au préfet du Val-de-Marne et à Me Rapoport.

Rendu en audience publique le 27 novembre 2023.

La magistrate désignée,

D. Lamlih

La greffière,

C. GoossensLa République mande et ordonne au préfet du Val-de-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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