jeudi 30 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2313133 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Pôle Urgences (J.U) |
| Avocat requérant | DUBOIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 6 novembre 2023, M. D A demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 26 octobre 2023 par lequel le préfet de l'Essonne a fixé le pays à destination duquel il sera éloigné.
Il soutient que :
l'arrêté attaqué est entaché d'insuffisance de motivation ;
son droit d'être entendu a été méconnu ;
l'arrêté attaqué est entaché d'un défaut d'examen sérieux et particulier ;
il est entaché d'une erreur de droit ;
il a été pris en méconnaissance de l'article 21 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne ;
il a été pris en méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
il a été pris en méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
il est entaché d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
La requête a été communiquée au préfet de l'Essonne qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
le code des relations entre le public et l'administration ;
le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme B en application des dispositions de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
le rapport de Mme B,
les observations de Me Dubois pour M. A, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens et qui revient sur la recevabilité de la requête, sur les problèmes de santé de son client, ainsi que sur les risques auxquels il serait exposé en cas de retour dans son pays d'origine en raison de ses activités politiques ; elle précise que le père de son client est décédé en raison de ses activités politiques et qu'en conséquence du coup d'Etat qui s'est produit dans son pays d'origine, son client ne peut plus y retourner ; elle insiste sur le moyen tiré de la violation de l'article 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; elle expose qu'en 2019 son client a été renvoyé de la France vers l'Espagne et qu'il est revenu en France en 2021, raison pour laquelle il n'y a auparavant pas formulé de demande d'asile ;
les observations de M. A, qui insiste sur les risques auxquels il serait exposé en cas de retour en Guinée, dans la mesure où il a formulé des dénonciations publiques sur le réseau social Facebook ; sa maison a été détruite en 2020 ;
les observations de Me Termeau, pour le préfet de l'Essonne, qui expose que M. A a fait l'objet d'une interdiction de territoire français, qu'il ne prouve pas la réalité des risques auxquels il serait exposé en cas de retour en Guinée, d'autant qu'il est arrivé en France en 2019 mais n'a pas formulé de demande d'asile avant d'être placé son placement en rétention ; qu'il n'établit pas que son état de santé justifierait qu'il séjourne en France pour s'y faire soigner.
Le préfet n'était ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant guinéen né le 1er juillet 1968, a été condamné par un jugement du tribunal judiciaire de Paris en date du 17 février 2022 à une peine d'emprisonnement de huit mois, ainsi qu'à une interdiction du territoire français d'une durée de trois ans. Il a été libéré le 3 novembre 2023 puis placé en centre de rétention administrative. Puis, par un arrêté du 26 octobre 2023 dont M. A demande l'annulation, le préfet de l'Essonne a fixé le pays à destination duquel il sera éloigné.
2. En premier lieu, le préfet a visé le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et notamment son article L. 721-3, a mentionné le jugement du 17 février 2022 par lequel le tribunal judiciaire de Paris a prononcé à l'encontre de M. A une interdiction du territoire français d'une durée de trois ans. Le préfet a également indiqué que M. A sera éloigné à destination du pays dont il a la nationalité ou de tout autre pays dans lequel il établit être légalement admissible et qu'il n'établit pas qu'il y serait exposé à des traitements prohibés par la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. La décision attaquée comporte ainsi les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et le requérant n'est pas fondé à soutenir qu'elle serait entachée d'une insuffisance de motivation.
3. Si aux termes de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne dispose " 1. Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union. / 2. Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre ; / () ", il résulte de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne que cet article s'adresse non pas aux Etats membres mais uniquement aux institutions, organes et organismes de l'Union. Ainsi, le moyen tiré de leur violation par une autorité d'un Etat membre est inopérant.
4. Toutefois, il résulte également de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne que le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union. Le préfet fixant, sur le fondement de l'article L. 721-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dont les dispositions sont issues de la transposition en droit interne de la directive 2008/115/CE du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2008, le pays à destination duquel un ressortissant étranger faisant l'objet d'une mesure d'éloignement exécutoire doit être regardé comme mettant en œuvre le droit de l'Union européenne. Il appartient aux Etats membres, dans le cadre de leur autonomie procédurale, de déterminer les conditions dans lesquelles le respect de ce droit est assuré. Ce droit se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts. Il ne saurait cependant être interprété en ce sens que l'autorité nationale compétente est tenue, dans tous les cas, d'entendre l'intéressé lorsque celui-ci a déjà eu la possibilité de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur la décision en cause.
5. Il ressort des pièces du dossier que le 13 octobre 2023, M. A a été auditionné par un agent de police qui lui a notamment demandé, d'une part, s'il avait de la famille dans son pays d'origine, ce à quoi il a répondu qu'il y avait sa femme, ses enfants et sa mère, et d'autre part, s'il souhaitait regagner son pays d'origine, question à laquelle il a répondu par l'affirmative, avant d'ajouter qu'il souhaitait être soigné pour rentrer en Guinée. Il s'ensuit que préalablement au prononcé de l'arrêté attaqué, M. A a été entendu sur la perspective de son retour en Guinée et que son moyen tiré de ce que la procédure contradictoire aurait été méconnue doit être écarté.
6. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que la décision attaquée serait entachée d'un défaut d'examen sérieux et particulier.
7. En quatrième lieu, le moyen tiré de ce que la décision attaquée serait entachée d'erreur de droit n'est pas assortie des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé.
8. En cinquième lieu, dès lors qu'il est constant que M. A n'est pas un citoyen de l'Union européenne, son moyen tiré de ce que la décision attaquée aurait été prise en méconnaissance de l'article 21 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne ne peut qu'être écarté comme inopérant.
9. En sixième lieu, si M. A fait valoir qu'il souffre d'un diabète non insulino dépendant et d'épigastralgies importantes, il ne ressort pas des pièces du dossier que son état de santé serait tel qu'il ferait obstacle à son retour en Guinée. Il s'ensuit que les moyens tirés par le requérant de ce que la décision attaquée aurait été prise en méconnaissance de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ou serait entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle doivent être écartés.
10. En dernier lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou des traitements inhumains ou dégradants ".
11. M. A fait valoir qu'en cas de retour dans son pays d'origine, il serait exposé à des traitements contraires à l'article 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en raison de ses activités politiques, de ses dénonciations publiques sur le réseau social Facebook et du coup d'Etat qui s'est produit en Guinée. Il affirme que son père est décédé en raison de ses activités politiques et que sa maison a été détruite en 2020. Cependant, les affirmations du requérant, qui ne sont ni circonstanciées, ni étayées ne permettent pas de considérer que la décision attaquée aurait été prise en méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
12. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation formulées par M. A contre l'arrêté du préfet de l'Essonne en date du 26 octobre 2023 doivent être rejetées.
D E C I D E
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D A et au préfet de l'Essonne.
Jugement rendu en audience publique, le 30 novembre 2023.
La magistrate désignée,
M. BLa greffière,
Mme C
La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026