lundi 13 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2313181 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | ROCHICCIOLI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 7 novembre 2023, Mme B A, représentée par Me Rochiccioli, demande au juge des référés :
1°) de l'admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de 48 heures à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
2°) en cas d'admission définitive à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros à verser à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ; en cas de refus de l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros à verser à Mme A en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
Elle soutient :
- sur l'urgence, qu'elle réside en France depuis 2017 et régulièrement depuis 2018, qu'elle a demandé le renouvellement de son titre de séjour en 2019 et est dans l'attente de son réexamen depuis plusieurs années, qu'elle risque de perdre le bénéfice de son inscription dans une formation prise en charge par Pôle emploi entre le 9 octobre 2023 et 12 janvier 2024; qu'elle est mère de deux enfants à charge ;
- le défaut d'exécution de l'ordonnance du juge des référés du 1er mars 2023 porte une atteinte manifeste et grave à sa liberté d'aller et venir, sa liberté professionnelle et son droit au travail.
La requête a été communiquée au préfet de la Seine-Saint-Denis qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Cayla, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique du 10 novembre 2023 à 14h30, tenue en présence de Mme Grandclerc, greffière d'audience :
- le rapport de Mme Cayla, juge des référés ;
- les observations de Me Sainte Fare Garnot, substituant Me Rochiccioli, représentant Mme A, qui reprend ses conclusions et ses moyens et fait en outre valoir que Mme A a été contrainte de quitter son logement avant l'été et s'est retrouvée à la rue avec ses deux enfants jusqu'à ce qu'elle soit relogée début septembre, qu'elle est dans une situation très difficile depuis qu'elle a demandé le renouvellement de son titre de séjour en 2019 alors qu'elle justifie de la contribution du père de son enfant français.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Une note en délibéré, enregistrée le 13 novembre 2023, présentée par le préfet de la Seine-Saint-Denis.
Considérant ce qui suit :
1.Mme A, ressortissante ivoirienne, entrée en France en 2017, a été munie d'un premier titre de séjour en qualité de parent d'enfant français dont le renouvellement demandé le 7 août 2019 a été rejeté par un arrêté du préfet de la Seine-Saint-Denis du 12 mai 2020. Par un jugement du 28 janvier 2022, le tribunal a annulé l'obligation de quitter le territoire français et enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour. Sa demande de renouvellement a été à nouveau rejetée par une décision du préfet de la Seine-Saint-Denis du 8 août 2022, contestée devant le juge de l'excès de pouvoir. Par une ordonnance du 1er mars 2023, le juge des référés du tribunal a suspendu l'exécution de cette décision et enjoint au préfet Seine-Saint-Denis de délivrer à Mme A une autorisation provisoire de séjour dans un délai de 15 jours. Mme A a été munie d'une première autorisation provisoire de séjour valable du 14 avril 2023 au 13 octobre 2023. Elle n'a pas obtenu de nouveau rendez-vous en vue du renouvellement de cette autorisation provisoire de séjour. Mme A demande au juge des référés d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer une nouvelle autorisation provisoire de séjour dans un délai de 48 heures à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
4. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ".
5. En premier lieu, il résulte de l'instruction que par l'ordonnance du 1er mars 2023, le juge des référés du tribunal a enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis de délivrer à Mme A une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce qu'il ait été statué à nouveau sur sa demande de renouvellement ou sur sa requête au fond contre l'arrêté du 8 août 2022. Il n'est pas contesté par le préfet de la Seine-Saint-Denis qui n'a pas produit de mémoire en défense, que d'une part, l'autorisation provisoire de séjour de Mme A, expirée depuis le 13 octobre 2023 n'a pas été renouvelée malgré ses nombreuses tentatives de prise de rendez-vous et ses nombreux courriels adressés aux services préfectoraux faisant état de l'absence de plage horaire disponible et de ses difficultés auxquels elle n'a eu aucune réponse, d'autre part, que le préfet de la Seine-Saint-Denis n'a pas procédé au réexamen de la situation de Mme A et que le recours au fond de Mme A est toujours en cours d'instruction. En outre, il résulte de l'instruction que, suite à l'obtention d'un certificat d'aptitude professionnelle " accompagnant éducatif petite enfance " le 6 juillet 2023, Mme A justifie être positionnée par Pôle emploi dans un processus de recrutement auprès d'un organisme pour une embauche en contrat à durée déterminée de six mois à l'issue d'une formation de 400 heures qu'elle a entreprise le 9 octobre 2023, mais qu'elle a été contrainte d'interrompue en raison du non-renouvellement de son autorisation provisoire de séjour. Il résulte également de l'instruction que sa formation pourra reprendre dès qu'elle pourra justifier à nouveau de la régularité de son séjour. Par ailleurs, elle soutient sans être contredite que sa situation et celle de ses deux enfants nés en 2017 et 2019 reste très précaire depuis qu'elle a été contrainte de quitter le 31 juillet 2023 l'hébergement social dont elle bénéficiait et s'est retrouvée à la rue avec ses deux enfants. Elle fait valoir qu'elle risque de ne pas pouvoir continuer à s'acquitter du loyer du nouveau logement qu'elle a pu obtenir avant la rentrée scolaire si elle ne peut bénéficier des aides sociales de la caisse d'allocation familiale en raison de l'irrégularité de son séjour. Dans ces conditions, et alors que le préfet est tenu en vertu de l'ordonnance du juge des référés précédemment mentionnée de renouveler l'autorisation provisoire de séjour de Mme A tant qu'il ne s'est pas à nouveau prononcé sur sa demande, ou que le juge du fond n'a pas statué, Mme A doit être regardée dans les circonstances de l'espèce comme justifiant de la condition d'urgence prévue à l'article L. 521-2 du code de justice administrative.
6. En second lieu, il résulte de ce qui a été dit au point précédent, que le préfet de la Seine-Saint-Denis ne justifie d'aucune circonstance qui ferait obstacle à ce qu'il munisse Mme A d'une nouvelle autorisation provisoire de séjour comme l'y oblige l'ordonnance du 1er mars 2023 précitée. L'absence de renouvellement de l'autorisation provisoire de séjour de Mme A compte tenu de ce qui a été dit au point 5 est de nature à porter une atteinte grave et manifestement illégale à sa liberté d'aller et venir et à son droit au travail. Dans ces condition, Mme A est fondée à demander au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer une nouvelle autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce qu'il ait été statué, à nouveau, sur sa demande de renouvellement ou sur sa requête au fond.
7. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis d'autoriser, dans un délai de 15 jours à compter de la notification de la présente ordonnance, Mme A à séjourner sur le territoire jusqu'à ce que le préfet de la Seine-Saint-Denis ait statué à nouveau sur sa demande de renouvellement de titre de séjour ou qu'il soit statué sur sa requête au fond. Il n'y a cependant pas lieu à ce stade, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire et les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
8. Il ne résulte pas de l'instruction que Mme A aurait déposé une demande d'aide juridictionnelle pour la présente instance. Par suite, elle ne peut être admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire. La demande présentée en ce sens, ne peut qu'être rejetée.
9. Mme A n'étant pas admise, à titre provisoire, à l'aide juridictionnelle, son avocate ne peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 800 euros au titre des frais exposés par Mme A et non compris dans les dépens sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis de délivrer à Mme A une autorisation provisoire de séjour dans les conditions mentionnées au point 7.
Article 2 : L'État versera une somme de 800 euros à Mme A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Fait à Montreuil, le 13 novembre 2023.
Le juge des référés,
Signé
F. Cayla
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et de l'outre-mer, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026