vendredi 24 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2313636 |
| Type | Décision |
| Recours | Exécution d'un jugement |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | DOLICANIN SAFET |
Vu la procédure suivante :
Par courrier du 24 août 2022, Mme B A, représentée par Me Dolicanin, a saisi le tribunal administratif de Montreuil, en application de l'article L. 911-4 du code de justice administrative, des difficultés qu'elle rencontre pour obtenir l'exécution du jugement n° 2115707 du 1er juillet 2022 ayant annulé l'arrêté du 18 août 2021 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de renouveler son titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français, a fixé le pays à destination duquel elle est susceptible d'être éloignée et l'a interdite de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans, et a enjoint au préfet territorialement compétent de procéder au réexamen de sa demande de titre de séjour, après avoir procédé à la saisine de la commission du titre de séjour, dans un délai de trois mois à compter de la notification de ce jugement.
Par une ordonnance en date du 15 novembre 2023, le président du Tribunal a ouvert une procédure juridictionnelle en vue de prescrire les mesures d'exécution du jugement n° 2115707 du 1er juillet 2022 en application des articles L. 911-4 et R. 921-6 du code de justice administrative.
Par un mémoire en défense enregistré le 21 décembre 2023, le préfet de la Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête dès lors que le préfet des Alpes-Maritimes est compétent pour réexaminer la demande de Mme A.
Par des mémoires enregistrés le 23 janvier et le 12 avril 2024, Mme A soutient, dans le dernier état de ses écritures, que le jugement n'est pas exécuté dès lors que le préfet des Alpes-Maritimes, désormais compétent, s'est borné à lui délivrer une carte de séjour temporaire d'un an, alors que sa demande portait sur une carte de résident, sans saisir la commission du titre de séjour contrairement à ce qu'enjoignait le jugement susvisé.
La demande d'exécution a été transmise au préfet des Alpes-Maritimes qui n'a pas produit d'observations en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de Mme Ribeiro-Mengoli a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander au tribunal administratif () qui a rendu la décision d'en assurer l'exécution ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 921-6 du même code : " Dans le cas où le président estime nécessaire de prescrire des mesures d'exécution par voie juridictionnelle, et notamment de prononcer une astreinte, ou lorsque le demandeur le sollicite dans le mois qui suit la notification du classement décidé en vertu du dernier alinéa de l'article précédent et, en tout état de cause, à l'expiration d'un délai de six mois à compter de sa saisine, le président de la cour ou du tribunal ouvre par ordonnance une procédure juridictionnelle ".
2. Par jugement n° 2115707 du 1er juillet 2022, le tribunal administratif de Montreuil a, d'une part, annulé l'arrêté du 18 août 2021 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a rejeté la demande de titre de séjour de Mme A et, d'autre part, à l'article 2 du jugement, enjoint au préfet territorialement compétent de réexaminer la demande présentée par Mme A après avoir saisi la commission du titre de séjour dans un délai de trois mois à compter de la notification du jugement.
3. Il résulte de l'instruction que le préfet des Alpes-Maritimes a, par une décision du 27 décembre 2023, délivré une carte de séjour temporaire à Mme A. Par suite, le jugement n° 2115707 du 1er juillet 2022 doit être regardé comme ayant été exécuté et il n'y a plus lieu d'y statuer.
D É C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la demande d'exécution du jugement n°2115707 du 1er juillet 2022 présentée par Mme A.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Madame B A, au préfet des Alpes Maritimes et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Délibéré après l'audience du 3 mai 2024 à laquelle siégeaient :
Mme Ribeiro-Mengoli, présidente,
Mme Van Maele, première conseillère,
Mme Caro, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 mai 2024.
La présidente-rapporteure,
N. Ribeiro-Mengoli
L'assesseure la plus ancienne,
S. Van Maele La greffière,
P. Demol
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2313636
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2519430
Le Tribunal Administratif de Nantes, statuant en exécution d’un précédent jugement du 23 décembre 2024, a constaté que le ministre de l’intérieur n’avait pas exécuté l’injonction de délivrer un visa d’établissement (visa long séjour type D) à Mme C... épouse B..., en lui délivrant à tort un visa de court séjour type C. Sur le fondement de l’article L. 911-4 du code de justice administrative, le tribunal a enjoint au ministre de délivrer le visa d’établissement requis sous un délai de trois mois, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. La solution retenue vise à assurer l’exécution complète et conforme du jugement initial.
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Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-24PA01283
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