mercredi 18 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2313693 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | LUJIEN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 novembre 2023, M. F E, représenté par Me Lujien, demande au tribunal :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 23 octobre 2023 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer, dans un délai de huit jours à compter du jugement à intervenir, un titre de séjour portant la mention " salarié " ou, à défaut, un récépissé de demande de titre de séjour portant la mention " salarié " et de procéder au réexamen de sa demande ;
3°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire et de mettre à la charge de l'État le versement à son avocate, Me Lujien, de la somme de 1 500 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, ainsi que les dépens.
Il soutient que :
- les décisions en litige ont été prises par une autorité incompétente ;
- la décision portant refus de titre de séjour est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation, notamment quant à ses liens familiaux en France ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur d'appréciation de sa situation au regard de ces dispositions.
La requête a été communiquée au préfet de la Seine-Saint-Denis qui n'a pas produit de mémoire.
M. E a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle par une décision du 9 janvier 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention du 26 septembre 1994 entre le gouvernement de la République française et le gouvernement de la République du Mali sur la circulation et le séjour des personnes ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lançon, première conseillère,
- les observations de Me Lujien, avocate de M. E
Considérant ce qui suit :
1. M. E, ressortissant malien né le 1er janvier 2000, déclare être entré en France le 17 juillet 2016. Il s'est vu délivrer une première carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant ", valable du 23 mai 2019 au 22 mai 2020, une seconde valable du 8 décembre 2020 au 7 décembre 2021. Il a demandé, le 15 novembre 2021, la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " sur le fondement de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 23 octobre 2023, le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement. Par la présente requête, M. E demande au tribunal d'annuler l'arrêté précité.
Sur l'aide juridictionnelle :
2. Il ressort des pièces du dossier que, par une décision du 9 janvier 2024, M. E a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, sa demande d'admission provisoire au bénéfice de cette aide est devenue sans objet. Il n'y a pas lieu d'y statuer.
Sur le surplus des conclusions :
En ce qui concerne l'ensemble des décisions en litige :
3. Eu égard au caractère réglementaire des arrêtés de délégation de signature, soumis à la formalité de publication, le juge peut, sans méconnaître le principe du caractère contradictoire de la procédure, se fonder sur l'existence de ces arrêtés alors même que ceux-ci ne sont pas versés au dossier. Par un arrêté n° 2023-2662 du 11 septembre 2023, publié au bulletin d'informations administratives de la préfecture du même jour, le préfet de la Seine-Saint-Denis a donné délégation à Mme D G, sous-préfète du Raincy, signataire de l'arrêté attaqué, pour signer notamment les décisions portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français, octroyant un délai de départ volontaire et fixant le pays de destination d'une mesure d'éloignement. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire des décisions en litige doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui exerce une activité salariée sous contrat de travail à durée indéterminée se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " d'une durée maximale d'un an. / La délivrance de cette carte de séjour est subordonnée à la détention préalable d'une autorisation de travail, dans les conditions prévues par les articles L. 5221-2 et suivants du code du travail. / (). ".
5. Pour refuser à M. E la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " sur le fondement des dispositions de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile citées précédemment, le préfet de la Seine-Saint-Denis a considéré que sa demande d'autorisation de travail du 15 février 2023 avait été clôturée, le requérant n'ayant pas fourni les pièces complémentaires qui lui étaient demandées par trois fois, en particulier le justificatif du dépôt et de clôture d'offre d'emploi émanant de Pôle emploi, devenu France Travail. Si M. E soutient que son dossier était complet et qu'il n'a reçu aucune demande de l'administration de le compléter, il ne conteste pas sérieusement le motif qui lui a ainsi été opposé en produisant un cerfa de demande d'autorisation de travail daté du 5 juin 2023 non pourvu de visa de l'administration, ainsi qu'une copie d'écran, non datée, des notifications en matière de séjour de son compte personnel sur le site internet du ministère de l'intérieur et des outre-mer. Ainsi, M. E ne justifiait pas de la détention d'une autorisation de travail, telle qu'exigée par les dispositions de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La circonstance que M. E ait obtenu un certificat d'aptitude professionnelle mention cuisine, le 5 juillet 2021, et ait été employé en contrat à durée déterminée du 1er février 2023 au 30 juin 2023 puis en contrat à durée indéterminée à compter du 11 septembre 2023, est sans incidence sur l'appréciation ainsi portée par l'administration. Par suite, c'est sans méconnaître les dispositions précitées ni commettre d'erreur d'appréciation au regard de celles-ci, que le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui délivrer le titre de séjour sollicité. Les moyens tirés de la méconnaissance de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'erreur d'appréciation de sa situation au regard de ces dispositions doivent donc être écartés.
6. En second lieu, le requérant soutient que le préfet de la Seine-Saint-Denis n'a pas procédé à un examen sérieux de sa situation personnelle et " n'a pas examiné avec attention " ses attaches familiales présentes sur le territoire français, sans toutefois préciser les dispositions, conventionnelles, légales ou réglementaires, qui auraient été ainsi méconnues. En tout état de cause, il ressort des pièces du dossier que M. E est hébergé par son frère, M. B A, de nationalité malienne et détenteur d'un titre de séjour, et non, comme il l'affirme, par son frère M. C A, de nationalité française. En outre, M. E ne justifie pas d'autres liens personnels et familiaux en France alors qu'il n'allègue pas être dépourvu de toute attache au Mali. Enfin, M. E est célibataire, sans charge de famille. Ainsi, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que le préfet de la Seine-Saint-Denis, qui mentionne que les attaches familiales de l'intéressé en France sont insuffisantes, n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation de M. E ou commis une erreur dans l'appréciation de celle-ci.
7. Il résulte de tout ce qui précède que le surplus des conclusions de la requête de M. E doit être rejeté.
D É C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la demande de M. E d'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. E est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. F E, à Me Lujien et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Délibéré après l'audience du 4 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Baffray, président,
Mme Lançon, première conseillère,
Mme Gaullier-Chatagner, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 septembre 2024.
La rapporteure,
L.-J. Lançon
Le président,
J.-F. Baffray
La greffière,
A. Macaronus
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis ou tout autre préfet compétent en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026