jeudi 1 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2313710 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 11ème chambre |
| Avocat requérant | GOZLAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 17 novembre 2023, M. C représenté par Me Golzan, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 19 octobre 2023 par laquelle le préfet de la Seine-Saint Denis a refusé de renouveler son titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire sans délai, a fixé le pays de destination et lui a interdit de retourner sur le territoire français pour une durée de deux ans ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer une carte de séjour vie privée et familiale, dans un délai de quinze jours suivant la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour ;
3°) À défaut, d'enjoindre au préfet de préfet de la Seine-Saint-Denis de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours suivant la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1.500 euros au titre des frais irrépétibles sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne le moyen commun au refus de renouvellement du titre de séjour et à l'obligation de quitter le territoire français :
- les décisions méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne les moyens propres au refus de renouvellement du titre de séjour :
- La décision est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation de sa situation, dès lors qu'il contribue effectivement à l'entretien et à l'éducation de son enfant ;
En ce qui concerne les moyens communs au refus de délai de départ volontaire et l'interdiction de retour sur le territoire français :
- la décision n'est pas fondée et ne repose sur aucun motif, dès lors que le préfet n'apporte pas la preuve d'une menace réelle, actuelle et suffisamment grave.
Par un mémoire en défense enregistré le 17 juin 2024, le préfet de la Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête.
Par une ordonnance du 5 juin 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 20 juin 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de Mme Delamarre a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant congolais, né le 23 mars 1996, déclare être entré en France le 21 octobre 2018. Il était titulaire d'un titre de séjour vie privée et familiale, en sa qualité de père d'un enfant français, valable du 14 janvier 2022 au 13 janvier 2023. Il a sollicité le renouvellement de son titre de séjour. Par un arrêté du 19 octobre 2023, dont il demande l'annulation, le préfet de la Seine-Saint-Denis a rejeté sa demande, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
Sur le moyen commun au refus de renouvellement du titre de séjour et à l'obligation de quitter le territoire :
2. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
3. M. C se prévaut de liens familiaux en France en la présence de son enfant français mais également de sa nouvelle compagne avec laquelle il a eu un enfant. Toutefois, il ne justifie pas par les quelques pièces produites au dossier s'occuper et contribuer à l'entretien de son enfant français. De même, il ne parvient pas à établir l'intensité et la stabilité des liens entretenus avec sa nouvelle compagne. De même, il ne parvient pas à démontrer qu'il est inséré socialement et professionnellement de manière stable et pérenne. Dans de telles circonstances, le requérant n'est donc pas fondé à soutenir que le préfet a méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
Sur les moyens propres au refus de renouvellement de titre de séjour :
4. Aux termes de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France et qui établit contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil, depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. "
5. Pour refuser la demande de M. C, le préfet de la Seine-Saint-Denis s'est fondé sur la circonstance qu'il ne justifie pas contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant selon les critères posés par l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, soit depuis sa naissance ou au moins deux ans. Or, les quelques pièces produites au dossier dont la valeur probante est inégale ne suffisent pas à justifier de l'existence d'une telle contribution ; Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le préfet de la Seine-Saint-Denis en refusant de renouveler son titre de séjour en qualité de parent d'enfant français a entaché sa décision d'une erreur de droit ni d'une erreur d'appréciation.
Sur les moyens communs au refus de délai de départ volontaire et à l'interdiction de retour sur le territoire :
6. Aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. / () ". Aux termes de l'article L. 612-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public / 2° L'étranger s'est vu refuser la délivrance ou le renouvellement de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour au motif que sa demande était manifestement infondée ou frauduleuse / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. " Enfin, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. () ".
7.D'une part, il ressort de la lecture de l'arrêté litigieux que ce dernier ne vise pas les dispositions de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. D'autre part, le préfet de la Seine-Saint-Denis ne fait état d'aucune considération de fait qui pourrait qui justifierait qu'il puisse refuser à
M. C de lui accorder un délai de départ volontaire. Dans ces conditions,
M. C est fondé à soutenir que la décision portant refus de délai de départ volontaire est insuffisamment motivée et, partant, à en demander l'annulation.
8. Il résulte de tout ce qui précède que M. C est fondé à demander l'annulation de la décision du 19 octobre 2023 en ce qu'elle refuse de lui octroyer un délai de départ volontaire. Il y a lieu d'annuler, par voie de conséquence, la décision du même jour par laquelle cette autorité lui fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
9. Le présent jugement, qui annule la décision portant refus d'accorder un délai de départ volontaire et les décisions subséquentes, n'implique aucune mesure d'exécution. Les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte présentées par M. C doivent, dès lors, être rejetées.
Sur les frais de l'instance :
10. Il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme de 500 euros à verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : Les décisions 19 novembre 2023 par lesquelles le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé d'octroyer à M. C un délai de départ volontaire et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans sont annulées.
Article 2 : L'Etat (préfet de la Seine-Saint-Denis) versera la somme de 500 euros à M. C au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Délibéré après l'audience du 25 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Delamarre, présidente,
M. Israël, premier conseiller,
Mme Caldoncelli Vidal, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er août 2024.
La présidente-rapporteure,
Mme Delamarre
L'assesseur le plus ancien
M. Israël
La greffière,
Mme B
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne, ou à tout autre préfet territorialement compétent, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
N° 2313730
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026