mardi 27 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2314053 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 5ème Chambre (JU) |
| Avocat requérant | PLACE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 24 novembre 2023, M. C A, représenté par Me Place, demande au tribunal :
1°) à titre principal, d'annuler l'arrêté du 24 novembre 2023 du préfet du Val-de-Marne, en ce qu'il l'oblige à quitter le territoire français et lui interdit d'y retourner ;
2°) subsidiairement, de renvoyer la question de sa nationalité au tribunal judiciaire compétent, en application des articles R. 771-2 du code de justice administrative et de l'article 1042 du code de procédure civile, et de surseoir à statuer dans l'attente d'un jugement déclaratoire du tribunal judiciaire ;
3°) d'enjoindre au préfet du Val-de-Marne ou à tout autre préfet compétent de procéder à l'effacement de son signalement dans le système d'information Schengen (SIS) ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 400 euros à verser à son conseil en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision l'obligeant à quitter le territoire français est insuffisamment motivée, méconnait les stipulations de l'article 3§1 du protocole additionnel n° 4 à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans la mesure où il n'est pas étranger mais de nationalité française par son père français en application de l'article 18 du code civil ;
- la décision interdisant le retour sur le territoire français est illégale par voie d'exception de l'illégalité de la mesure précédente.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code civil ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et de séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Baffray, vice-président, dans les fonctions de magistrat désigné chargé du contentieux des mesures d'éloignement.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus à l'audience publique :
- le rapport de M. Baffray,
- les observations de Me Abderrezak, substituant Me Place, pour M. A, reprenant l'ensemble des conclusions et moyens de la requête, ajoutant que l'obligation de quitter le territoire français est pour le moins entachée d'un défaut d'examen particulier de la situation de M. A, comme l'a déjà jugé dans un cas similaire le tribunal par une décision n° 2010688 du 17 décembre 2020.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant comorien, né le 23 juin 1999, déclare être entré en France le 1er avril 2023. Par un arrêté du 24 novembre 2023, la préfète du Val-de-Marne l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays duquel il pourrait être éloigné et lui a interdit de retourner sur le territoire français pendant une durée de deux ans. M. A demande l'annulation de cet arrêté en tant qu'il porte obligation de quitter le territoire français et interdiction d'y retourner.
2. Alors que M. A se prévaut de la nationalité française par filiation et justifie, d'une part, qu'il a été reconnu comme étant son fils par M. B A, ressortissant français, d'autre part, qu'il a effectué une demande de certificat de nationalité française le 16 octobre 2023 auprès du tribunal de proximité de Saint-Denis, il ne ressort ni des termes de l'arrêté litigieux ni des autres pièces du dossier que la préfète du Val-de-Marne aurait pris en compte ces éléments de la situation personnelle de l'intéressé lorsqu'elle a ordonné son obligation de quitter le territoire français. Dès lors, M. A est fondé à soutenir que cette décision est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation et doit être annulée pour ce motif, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête.
3. L'annulation de cette obligation de quitter le territoire français implique l'annulation de l'interdiction de retour sur le territoire français qui l'assortie et qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne, ou à tout autre préfet compétent, de faire procéder à l'effacement de son signalement aux fins de non admission dans le système d'information Schengen dès la notification du présent jugement.
4. Enfin, dans la mesure où il n'apparaît nullement que M. A aurait sollicité le bénéfice de l'aide juridictionnelle, son avocate ne peut solliciter pour elle-même une somme de 2 400 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DÉCIDE :
Article 1er : Les décisions du 24 novembre 2023 de la préfète du Val-de-Marne obligeant M. A à quitter le territoire français et lui interdisant de retourner sur le territoire français sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète du Val-de-Marne, ou à tout autre préfet compétent, de faire procéder à l'effacement du signalement de M. A aux fins de non admission dans le système d'information Schengen dès la notification du présent jugement.
Article 3 : Les conclusions de la requête tendant à ce qu'il soit mis à la charge de l'Etat une somme de 2 400 euros à verser à Me Place en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, à Me Place et à la préfète du Val-de-Marne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 février 2024.
Le magistrat désigné,La greffière,
J.-F. BaffrayD. Coulibaly
La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne ou à tout autre préfet compétent en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026