mercredi 2 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2314120 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | PIERRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés le 27 novembre 2023 et le 11 décembre 2023, M. A B, représenté par Me Pierre, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 17 juillet 2023 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il sera éloigné et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans ;
2°) d'enjoindre au préfet territorialement compétent de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois suivant la notification du jugement à intervenir et de prendre toute disposition utile afin qu'il soit procédé à l'effacement de son signalement dans le système d'information Schengen sous huit jours ou de réexaminer sa situation dans les mêmes conditions de délai ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros, à verser à son conseil, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'une incompétence de son signataire ;
- les décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français sont entachées d'un défaut de motivation et d'examen de sa situation ;
- elles sont entachées d'un vice de procédure au regard des dispositions de l'article
R. 40-29 du code de procédure pénale, le préfet de la Seine-Saint-Denis ayant irrégulièrement consulté le fichier de traitement des antécédents judiciaires (TAJ) ;
- elles sont entachées d'un vice de procédure en raison du défaut de saisine de la commission du titre de séjour ;
- elles méconnaissent l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elles méconnaissent le 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elles méconnaissent l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision refusant un délai de départ volontaire est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle méconnait l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est illégale par voie d'exception ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
La procédure a été communiquée au préfet de la Seine-Saint-Denis qui n'a pas produit de mémoire.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 26 septembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code de procédure pénale ;
- la loi du 21 janvier 1995 d'orientation et de programmation relative à la sécurité ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer ses conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lamlih ;
- les observations de Me Rouvet substituant Me Pierre représentant M. B.
Le préfet de la Seine-Saint-Denis n'était pas présent ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant malien né le 30 avril 1996 à Bamako (Mali), soutient être entré en France en 2012 et y résider depuis lors. Il a sollicité le 5 décembre 2022 son admission exceptionnelle au séjour. Par un arrêté du 17 juillet 2023, dont M. B demande l'annulation, le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il sera éloigné d'office et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, par un arrêté n° 2023-0527 du 8 mars 2023, publié au bulletin d'informations administratives de la préfecture de la Seine-Saint-Denis du 9 mars 2023, le préfet de la Seine-Saint-Denis a donné délégation à M. Mame Abdoulaye Seck, secrétaire général de la sous-préfecture du Raincy et signataire de l'arrêté attaqué, pour signer notamment les décisions contenues dans cet arrêté en cas d'absence ou d'empêchement du préfet. Le requérant n'allègue pas que celui-ci aurait été absent ou empêché. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué, qui manque en fait, doit être écarté.
3. En deuxième lieu, les décisions portant refus de séjour, obligation de quitter le territoire français, refusant un délai de départ volontaire et faisant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans visent notamment les articles L. 423-23, L. 432-1, L. 611-1, L. 612-1 et L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elles visent également l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Elles mentionnent en outre différents éléments de la situation personnelle de M. B notamment qu'il est entré irrégulièrement en France en avril 2012, qu'il a été titulaire de deux titres de séjour temporaire valides du 27 avril 2015 au
16 mai 2017, qu'il s'est maintenu sur le territoire depuis lors, qu'il est célibataire et sans charge de famille et que sa présence constitue une menace pour l'ordre public. Elles sont donc suffisamment motivées. Il s'ensuit que le moyen tiré du défaut de motivation de ces décisions être écarté.
4. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de la Seine-Saint-Denis n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation de M. B avant de prendre les décisions portant refus de séjour, obligation de quitter le territoire français et refusant un délai de départ volontaire.
5. En quatrième lieu, aux termes de l'article 230-6 du code de la sécurité intérieure : " Afin de faciliter la constatation des infractions à la loi pénale, le rassemblement des preuves de ces infractions et la recherche de leurs auteurs, les services de la police nationale et de la gendarmerie nationale peuvent mettre en œuvre des traitements automatisés de données à caractère personnel ". Aux termes de l'article R. 40-29 du code de procédure pénale : " I. - Dans le cadre des enquêtes prévues à l'article 17-1 de la loi n° 95-73 du 21 janvier 1995, () les données à caractère personnel figurant dans le traitement qui se rapportent à des procédures judiciaires en cours ou closes, à l'exception des cas où sont intervenues des mesures ou décisions de classement sans suite, de non-lieu, de relaxe ou d'acquittement devenues définitives, ainsi que des données relatives aux victimes, peuvent être consultées, sans autorisation du ministère public, par : 1° Les personnels de la police et de la gendarmerie habilités selon les modalités prévues au 1° et au 2° du I de l'article R. 40-28 ; / () / 5° Les personnels investis de missions de police administrative individuellement désignés et spécialement habilités par le représentant de l'Etat. L'habilitation précise limitativement les motifs qui peuvent justifier pour chaque personne les consultations autorisées. Lorsque la consultation révèle que l'identité de la personne concernée a été enregistrée dans le traitement en tant que mise en cause, l'enquête administrative ne peut aboutir à un avis ou une décision défavorables sans la saisine préalable, pour complément d'information, des services de la police nationale ou des unités de la gendarmerie nationale compétents et, aux fins de demandes d'information sur les suites judiciaires, du ou des procureurs de la République compétents. Le procureur de la République adresse aux autorités gestionnaires du traitement un relevé des suites judiciaires devant figurer dans le traitement d'antécédents judiciaires et relatif à la personne concernée. Il indique à l'autorité de police administrative à l'origine de la demande si ces données sont accessibles en application de l'article 230-8 du présent code () ". L'article 17-1 de la loi du 21 janvier 1995 d'orientation et de programmation relative à la sécurité dispose que " Il est procédé à la consultation prévue à l'article L. 234-1 du code de la sécurité intérieure pour l'instruction des demandes () de délivrance et de renouvellement des titres relatifs à l'entrée et au séjour des étrangers () ".
6. Pour refuser de délivrer une carte de séjour temporaire à M. B, le préfet de la Seine-Saint-Denis s'est notamment fondé sur la circonstance que l'intéressé a été interpellé le 9 mars 2022 pour usage illicite de stupéfiant, le 24 février 2016 pour violence aggravée par deux circonstances suivis d'incapacité n'excédant pas huit jours et le 19 juin 2015 pour violence commise en réunion suivie d'incapacité n'excédant pas huit jours.
7. Si M. B soutient que le préfet de la Seine-Saint-Denis, pour caractériser la menace qu'il représenterait pour l'ordre public, s'est nécessairement fondé sur des informations contenues dans le fichier du traitement des antécédents judiciaires (TAJ) sans justifier avoir préalablement saisi, pour complément d'information, les services de la police nationale ou les unités de la gendarmerie nationale compétents et, aux fins de demandes d'information sur les suites judiciaires, le ou les procureurs de la République compétents, cette carence alléguée, à la supposer même avérée, n'est en tout état de cause pas, par elle-même, de nature à entacher d'irrégularité les décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français contestées. Dès lors, le moyen analysé ci-dessus doit être écarté comme inopérant.
8. En cinquième lieu, aux termes des dispositions du deuxième alinéa de l'article
L. 435-1du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14. ".
9. En l'espèce, en se bornant à produire, au titre de l'année 2019, trois pièces en date des 22 mars, 13 août et 3 octobre, au demeurant insuffisamment probantes, et au titre de l'année 2020, deux pièces en date du 21 janvier et du 6 février, M. B n'établit pas résider habituellement en France durant ces années et dès lors depuis plus de dix ans à la date de l'arrêté litigieux. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision refusant un titre de séjour est entachée d'un vice de procédure dès lors que le préfet de la Seine-Saint-Denis n'a pas préalablement saisi la commission du titre de séjour.
10. En sixième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14. Les modalités d'application du présent article sont définies par décret en Conseil d'Etat ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1°) Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2°) Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1,
L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ".
11. Il ressort des pièces du dossier que M. B est célibataire, sans charge de famille, qu'il ne justifie pas d'une insertion en France ni la nécessité de rester près des membres de sa famille présents sur le territoire. En outre, l'intéressé ne démontre pas ne plus disposer d'attaches dans son pays d'origine. Si M. B, qui souffre de schizophrénie pour laquelle il est suivi, soutient que son état de santé est incompatible avec un retour au Mali où il ne pourrait accéder effectivement à une prise en charge médicale adaptée, il n'établit pas, par les pièces qu'il produit, qui font seulement état d'un suivi et d'un traitement pour sa pathologie, que le défaut de cette prise en charge peut entrainer pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Enfin, en se bornant à soutenir qu'il n'a fait l'objet d'aucune condamnation ou de poursuites judiciaires, M. B ne conteste pas sérieusement les faits de violence aggravée et de violence commise en réunion pour lesquels il a été interpellé les 19 juin 2015 et 24 février 2016. Il ressort également des termes, non contestés, de l'arrêté attaqué que le requérant a été condamné pour tentative de meurtre ainsi qu'à une interdiction d'entrer en relation avec certaines personnes notamment la victime de l'infraction pendant vingt ans et à une interdiction de détenir ou porter une arme soumise à autorisation pendant vingt ans. Contrairement à ce que soutient le requérant, la reconnaissance de son irresponsabilité pénale pour cause de trouble mental est sans incidence sur l'appréciation de la menace à l'ordre public que représente sa présence en France. Ces faits, particulièrement graves et répétés, sont de nature à caractériser la menace pour l'ordre public que constitue la présence de M. B sur le territoire. Dans ces conditions, eu égard aux conditions de séjour de M. B en France qui viennent d'être rappelées, c'est sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation que le préfet de la Seine-Saint-Denis a pu estimer que la situation de l'intéressé ne répondait pas à des motifs exceptionnels ou des considérations humanitaires de nature à justifier son admission exceptionnelle au séjour. Il s'ensuit que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté. Pour les mêmes motifs, le préfet n'a pas porté au droit au respect de la vie privée et familiale en France de M. B une atteinte disproportionnée au regard des buts poursuivis. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le refus de titre de séjour et l'obligation de quitter le territoire français contestés méconnaissent les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni davantage que ces décisions seraient entachées d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences qu'elles emportent pour sa situation personnelle. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de ce que le titre de séjour méconnait l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
12. En septième lieu, aux termes de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La délivrance d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle ou d'une carte de résident peut, par une décision motivée, être refusée à tout étranger dont la présence en France constitue une menace pour l'ordre public ".
13. Ainsi qu'il a été dit au point 11, la présence en France de M. B constitue une menace pour l'ordre public. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article L 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
14. En huitième lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : " () / 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. / ()/ . ".
15. Ainsi qu'il a été dit au point 11 M. B ne démontre pas que son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut peut entrainer des conséquences pour lui d'une exceptionnelle gravité. Il s'ensuit que le moyen tiré de ce que la mesure d'éloignement méconnait les dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
16. En neuvième lieu, aux termes de l'article L.612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; / () /. ".
17. Ainsi qu'il a été dit au point 11, le comportement de M. B constitue une menace pour l'ordre public. Par suite, l'intéressé n'est pas fondé à soutenir que la décision lui refusant un délai de départ volontaire méconnait les dispositions de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile citées au point précédent.
18. En dixième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 11, le requérant n'est pas fondé à soutenir que les décisions refusant un délai de délai de départ volontaire et faisant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation.
19. En dernier lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points 3, 4, 17 et 18 que la décision refusant un délai de départ volontaire n'est pas illégale. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans est illégale par voie d'exception doit être écarté.
20. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Pierre et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Délibéré après l'audience du 18 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Gauchard, président,
M. Guiral, premier conseiller,
Mme Lamlih, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 octobre 2024.
La rapporteure,
D. Lamlih
Le président,
L. Gauchard La greffière,
S. Jarrin
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026