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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2314956

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2314956

lundi 23 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2314956
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation3ème chambre
Avocat requérantCOLLET-THIRY

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Montreuil a été saisi par une praticienne attachée associée pour excès de pouvoir, concernant le non-renouvellement de son contrat et plusieurs manquements de l'établissement hospitalier employeur. Le tribunal a rejeté la requête, considérant que l'absence de renouvellement ne constituait pas une faute de nature à engager la responsabilité de l'hôpital. La décision s'appuie sur les dispositions du code de la santé publique relatives aux contrats des praticiens hospitaliers.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires enregistrés les 14 décembre 2023 et le 11 mars 2024, Mme B... A..., représentée par Me Collet-Thiry et Me Goulay, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de condamner le centre hospitalier intercommunal (CHI) Robert Ballanger à lui verser une somme de 48 369,55 euros en réparation de ses préjudices ;

2°) de mettre à la charge du CHI Robert Ballanger la somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
- l’absence de renouvellement de son contrat de travail sous la forme d’un contrat triennal, en violation des dispositions de l’article R. 6152-610 du code de la santé publique, constitue une faute ;
- le non-respect du délai de préavis de deux mois constitue une faute ;
-la transmission tardive des documents de fin de contrat nécessaires à son indemnisation au chômage constitue une faute ;
- l’absence de versement de l’allocation d’aide au retour à l’emploi par le centre hospitalier intercommunal Robert Ballanger, en situation d’auto-assurance, consiste une faute ;
- l’absence de versement de l’indemnité de précarité constitue une faute ;
- ces manquements fautifs engagent la responsabilité de l’établissement hospitalier ;
- elle est ainsi fondée à demander la réparation de ses préjudices comme suit :
38 369,55 euros au titre du préjudice financier, dès lors qu’elle a été illégalement privée de tout revenu du 3 novembre 2020 au 19 avril 2021, qu’elle a été privée du prévis de deux mois auquel elle avait le droit, qu’elle n’a pas perçu l’indemnité de précarité qui lui était due et qu’elle a dû prélever des liquidités sur son épargne personnelle afin de s’acquitter des frais de la vie courante en l’absence de revenu ;
10 000 euros au titre du préjudice de carrière subi, dès lors qu’elle a été privée d’un emploi stable pendant trois ans et qu’elle a perdu la chance d’obtenir un contrat triennal et un contrat à durée indéterminée ;
5 000 euros au titre du préjudice moral et des troubles dans les conditions d’existence, dès lors que les fautes commises dans la gestion administrative de sa situation l’ont entraînée dans une situation précaire qui a causé de l’anxiété.

Par un mémoire en défense, enregistré le 29 février 2024, le centre hospitalier intercommunal Robert Ballanger conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par Mme A... ne sont pas fondés.

La clôture d'instruction a été fixée au 18 février 2025.

Vu :
- la demande indemnitaire préalable du 8 juin 2023 produite par la requérante ;
- les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code du travail ;
- le décret n° 2020-741 du 16 juin 2020 relatif au régime particulier d'assurance chômage applicable à certains agents publics et salariés du secteur public ;
- l’arrêté du 21 octobre 2003 relatif à l’indemnité de précarité prévue à l'article 12 et à l'indemnité différentielle mentionnée à l'article 13 du décret n° 2003-769 du 1er août 2003 relatif aux praticiens attachés et praticiens attachés associés ;
- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Chaillou,
- les conclusions de Mme Caro, rapporteure publique,
- et les observations de Me Tardy, substituant Me Collet-Thiry, représentant Mme A....

Le centre hospitalier intercommunal Robert Ballanger n’était ni présent, ni représenté.









Considérant ce qui suit :

Mme B... A... a exercé en tant que praticienne attachée associée au sein du service de psychiatrie du centre hospitalier intercommunal Robert Ballanger du 2 novembre 2017 au 2 novembre 2020, dans le cadre de six contrats à durée déterminée successifs. Par décision du 15 avril 2021, le directeur de l’agence de Pôle Emploi (France Travail) de Noisy-le-Sec lui a refusé le versement de l’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE) à compter du 1er novembre 2020 au motif qu’il incombait au centre hospitalier intercommunal Robert Ballanger, employeur public soumis au régime de l’auto-assurance, de l’indemniser de sa perte d’emploi. N’ayant pas reçu de réponse à ses courriers recommandés des 31 août 2021 et 14 octobre 2022, Mme A... a saisi le centre hospitalier intercommunal Robert Ballanger d’une demande indemnitaire préalable par courrier du 8 juin 2023 réceptionné le 13 juin 2023 par l’administration. Par un courrier du 12 juillet 2023 auquel la requérante donnait suite favorablement le 20 juillet suivant, le centre hospitalier intercommunal Robert Ballanger proposait à la requérante de convenir d’une date d’entretien en vue de régulariser sa situation. Le 31 août 2023, la société CEGAPE sollicitait de la requérante la communication des éléments utiles au calcul de ses droits sociaux à l’issue de son contrat. Par un courrier du 6 novembre 2023, le centre hospitalier intercommunal Robert Ballanger proposait une transaction à la requérante, laquelle communiquait ses prétentions par courrier du 15 novembre suivant. Le 20 décembre 2023, le centre hospitalier intercommunal Robert Ballanger confirmait sa proposition d’indemnisation à hauteur de 3 940 euros, correspondant à l’indemnité de précarité versée pour une année de contrat à durée indéterminée, mais refusait d’indemniser Mme A... au titre de l’allocation d’aide au retour à l’emploi, motif tiré de ce que Mme A... ne pouvait être regardée comme involontairement privée d’emploi. Aucun accord n’ayant été trouvé entre les parties, Mme A... a saisi le tribunal de la présente requête et demande la condamnation du centre hospitalier de Saint-Denis à lui verser une indemnité de 48 369,55 euros en réparation des préjudices financier, de carrière et moral qu’elle estime avoir subis.

Sur les conclusions indemnitaires :

En ce qui concerne la responsabilité pour faute :

Aux termes de l’article R. 6152-610 du code de la santé publique : « Les praticiens attachés sont recrutés pour un contrat d'une durée maximale d'un an, renouvelable dans la limite d'une durée totale de vingt-quatre mois. Lorsque, au terme de chaque contrat, la relation de travail n'est pas poursuivie, le praticien attaché a droit, à titre de complément de rémunération, à une indemnité destinée à compenser la précarité de sa situation. Le montant et les conditions de versement de l'indemnité sont fixés par arrêté des ministres chargés du budget et de la santé. // En cas de non-renouvellement du contrat par l'une ou l'autre des parties au contrat, le préavis est de quinze jours pour les contrats d'une durée inférieure à six mois et de deux mois pour les contrats d'une durée au plus égale à un an. // Pour les contrats dont la durée cumulée est inférieure à vingt-quatre mois, toute modification du nombre de demi-journées, du lieu ou des structures d'affectation prévus au contrat se fait par voie d'avenant au contrat initial, conclu dans les mêmes formes que ce dernier et après accord de l'intéressé. Cet avenant précise la durée et la nature des modifications apportées au contrat initial. / A l'issue de cette période de vingt-quatre mois, le renouvellement s'effectue par un contrat de trois ans, renouvelable de droit, par décision expresse. A l'issue du contrat triennal, le renouvellement s'effectue par un contrat à durée indéterminée. (…) ».

Aux termes des dispositions de l’article R. 6152-633 du code de la santé publique : « Les articles R. 6152-601, à l'exception du second alinéa, R. 6152-602, à l'exception des 1° et 2°, R. 6152-603 à R. 6152-611, R. 6152-612, à l'exception du 2°, et R. 6152-613 à R. 6152-630-9 sont applicables aux praticiens attachés associés. (…) ».

S’agissant du recours illégal à des contrats à durée déterminée :

Il résulte des termes de l’alinéa 1 de l’article R. 6152-610 du code de la santé publique que l’autorité administrative peut, par contrat d’une durée maximale d’un an, avoir recours aux services de praticiens attachés associés, et peut, par contrats successifs, prolonger la relation de travail pour une durée totale ne pouvant excéder vingt-quatre mois.

Il résulte de l’instruction que Mme A... a été recrutée en qualité de praticienne attachée associée, sous contrat à durée déterminée, au titre de la période du 2 novembre 2017 au 1er mai 2018, puis sous cinq contrats à durée déterminée successifs conclus pour une durée de six mois du 2 mai 2018 au 1er novembre 2018, du 2 novembre 2018 au 1er mai 2019, du 2 mai 2019 au 1er novembre 2019, du 2 novembre 2019 au 1er mai 2020 et du 2 mai 2020 au 1er novembre 2020. Les cinq derniers contrats recrutant Mme A... en qualité de praticienne attachée associée constituent des contrats distincts et non des avenants au premier contrat à durée déterminée signé par Mme A..., manifestant l’intention de l’administration de poursuivre la relation professionnelle dans le cadre de contrats successifs pour une durée totale de trente-six mois alors qu’il résulte des dispositions citées au point 2 que les praticiens attachées associés sont recrutés par contrat d'une durée maximale d'un an, renouvelable dans la limite d'une durée totale de vingt-quatre mois. Ainsi, alors que le renouvellement de son cinquième contrat consécutif, intervenu le 2 novembre 2020 après vingt-quatre mois de service, ne pouvait s’effectuer que par un contrat triennal, il résulte de l’instruction que la relation de travail s’est poursuivie dans le cadre d’un contrat à durée déterminée de six mois. Cette illégalité constitue une faute susceptible d’engager la responsabilité du centre hospitalier intercommunal Robert Ballanger.

S’agissant du non-respect du délai de prévenance :

Il résulte de l’instruction que le sixième et dernier contrat de Mme A... a pris effet le 2 mai 2020 et a été conclu pour une durée de six mois. En application des dispositions de l’alinéa 2 de l’article R. 6152-610 du code de la santé publique cités au point 2 et de l’article 3 du contrat de travail précité, le délai de préavis en cas de non renouvellement était de deux mois. Toutefois, le 1er septembre 2020, dans le délai de préavis précité, Mme A... a indiqué par courrier qu’elle refusait la proposition de renouvellement de son contrat, qui expirait le 1er novembre 2020, au motif qu’elle avait obtenu des « propositions pour faire évoluer sa situation professionnelle ». Dans ces conditions, le non-respect du délai de préavis ne résulte que de son propre fait et ne constitue pas une faute susceptible d’engager la responsabilité du centre hospitalier intercommunal Robert Ballanger.

S’agissant du non-versement de l’indemnité de précarité :

Il résulte des termes de l’alinéa 1 de l’article R. 6152-610 du code de la santé publique cités au point 2 que lorsqu’au terme d’un contrat de travail à durée déterminée, la relation de travail n’est pas poursuivie par un contrat à durée indéterminée, le praticien contractuel a droit, à titre de complément de rémunération, à une indemnité de fin de contrat destinée à compenser la précarité de sa situation. La circonstance qu’un contrat à durée déterminée soit suivi par un autre contrat de même nature est sans incidence sur l’exigibilité de cette indemnité. Cette dernière est alors assise, pour chaque contrat, sur la rémunération totale brute versée du début jusqu’à la fin de ce contrat.

Si le centre hospitalier intercommunal Robert Ballanger fait valoir ne pas « contester le versement de ladite indemnité à hauteur de 3940 euros », il ne résulte cependant pas de l’instruction qu’il aurait versé cette indemnité à Mme A.... Par suite, la requérante est fondée à soutenir qu’en refusant de verser cette indemnité de précarité au terme, survenu le 2 novembre 2020, de la relation contractuelle qui les unissait, le centre hospitalier intercommunal Robert Ballanger a méconnu ses obligations et a commis une faute.

S’agissant du délai de transmission du certificat de travail :

Aux termes de l’article R. 1234-9 du code du travail, applicable aux agents publics : « L'employeur délivre au salarié, au moment de l'expiration ou de la rupture du contrat de travail, les attestations et justifications qui lui permettent d'exercer ses droits aux prestations mentionnées à l'article L. 5421-2 et transmet sans délai ces mêmes attestations à l'opérateur France Travail. (…) ».

A supposer que la requérante ait entendu soutenir que la transmission de l’attestation employeur constitue une faute dès lors qu’elle est intervenue tardivement, le 16 février 2021, trois mois après la fin de la relation contractuelle et après plusieurs mails restés vains adressés au centre hospitalier intercommunal Robert Ballanger, il résulte de l’instruction qu’il revenait au centre hospitalier intercommunal Robert Ballanger de prendre à sa charge l’indemnisation de la requérante au titre du chômage, en application du principe de l’auto-assurance. Ainsi, dès lors qu’il n’incombait pas aux services de Pôle Emploi devenu France Travail d’indemniser Mme A... au titre du versement de l’aide au retour emploi, la transmission tardive de l’attestation employeur à France Travail n’a pas été de nature à empêcher Mme A... d’exercer ses droits aux prestations chômage. Dans ces conditions, cette erreur n’est pas susceptible d’engager la responsabilité de l’établissement hospitalier.

S’agissant du non-versement de l’allocation d’aide au retour à l’emploi :

Aux termes de l’article L. 5422-1 du code du travail : « I. Ont droit à l'allocation d'assurance les travailleurs aptes au travail et recherchant un emploi qui satisfont à des conditions d'âge et d'activité antérieure, et dont : : 1° Soit la privation d'emploi est involontaire, ou assimilée à une privation involontaire par les accords relatifs à l'assurance chômage mentionnés à l'article L. 5422-20 ; (…) ».

Aux termes de l’article L. 5424-1 du code du travail : « Ont droit à une allocation d'assurance, lorsque leur privation d'emploi est involontaire ou assimilée à une privation involontaire ou en cas de cessation d'un commun accord de leur relation de travail avec leur employeur, et lorsqu'ils satisfont à des conditions d'âge et d'activité antérieure, dans les conditions prévues aux articles L. 5422-2 (…) : // 1° Les agents fonctionnaires et non fonctionnaires de l'Etat et de ses établissements publics administratifs, les agents titulaires des collectivités territoriales ainsi que les agents statutaires des autres établissements publics administratifs ainsi que les militaires ; (...) ». Aux termes de l’article L. 5424-2 du même code : « Les employeurs mentionnés à l'article L. 5424-1 assurent la charge et la gestion de l'allocation d'assurance. Ceux-ci peuvent, par convention conclue avec l'opérateur France Travail, pour le compte de l'organisme mentionné à l'article L. 5427-1, lui confier cette gestion. »

Aux termes de l’article 2 du décret n° 2020-741 du 16 juin 2020 relatif au régime particulier d'assurance chômage applicable à certains agents publics et salariés du secteur public : « Sont considérés comme ayant été involontairement privés d'emploi : (...) 2° Les personnels de droit public ou de droit privé dont le contrat est arrivé à son terme et n'est pas renouvelé à l'initiative de l'employeur ».

Pour l’application de ces dispositions, il appartient à l’autorité administrative, de déterminer si les circonstances dans lesquelles un contrat de travail à durée déterminée n’a pas été renouvelé permettent de l’assimiler à une perte involontaire d’emploi. A ce titre, et ainsi que le prévoit désormais le décret du 16 juin 2020, l’agent qui refuse le renouvellement de son contrat de travail ne peut être regardé comme involontairement privé d'emploi, à moins que ce refus soit fondé sur un motif légitime, qui peut être lié notamment à des considérations d'ordre personnel ou au fait que le contrat a été modifié de façon substantielle et sans justification par l'employeur. Dans le cas d'un contentieux portant sur les droits au revenu de remplacement des travailleurs privés d'emploi, c'est au regard des dispositions applicables et de la situation de fait existant au cours de la période en litige que le juge doit statuer.

Il résulte de l’instruction que, par un courrier du 1er septembre 2020 et par un courriel du 6 octobre 2020, dont les termes sont dépourvus d’ambiguïté, Mme A... a signifié sa volonté de mettre fin à la relation de travail qui la liait au centre hospitalier intercommunal Robert Ballanger au terme de son contrat. Si la requérante paraît se prévaloir d’un motif légitime de refus de poursuivre la relation contractuelle tenant à la circonstance que le centre hospitalier intercommunal Robert Ballanger lui a proposé de renouveler son contrat par un contrat à durée déterminée de six mois et non un contrat triennal comme il y était tenu, il résulte toutefois de l’instruction que Mme A... a indiqué dans la lettre du 1er septembre 2020 adressée à son employeur qu’elle mettait fin à la relation de travail au motif qu’elle a obtenu « des propositions pour faire évoluer sa situation professionnelle ». Dans ces conditions, c’est à bon droit que le centre hospitalier intercommunal Robert Ballanger a refusé d’admettre Mme A..., qui ne peut être regardée comme involontairement privée d'emploi, au bénéfice de l’allocation de retour à l’emploi.

En ce qui concerne les préjudices allégués par Mme A... :

S’agissant du préjudice financier :

En premier lieu, si Mme A... soutient avoir subi un préjudice financier du fait de la « perte illicite » de son emploi et de ce qu’elle n’a pas perçu les indemnités d’aide au retour à l’emploi auxquelles elle pouvait prétendre et sollicite le versement d’une somme de 18 250,87 euros, il résulte de l’instruction, particulièrement de ce qui a été dit au point 15, que Mme A... a refusé, par courrier du 1er septembre 2020 adressé à son employeur, de poursuivre la relation contractuelle qui l’unissait au centre hospitalier intercommunal Robert Ballanger et, qu’ainsi, aucune faute de nature à engager la responsabilité du centre hospitalier intercommunal Robert Ballanger et à ouvrir droit à indemnisation à l’intéressée n’est établie par l’instruction. Par suite, les conclusions indemnitaires présentées à ce titre ne peuvent qu’être rejetées.

En deuxième lieu, Mme A... sollicite le versement d’une somme de 6 636,68 euros en réparation du préjudice financier tenant au non-respect du délai de prévenance de deux mois. Il résulte toutefois de ce qui a été dit au point 6 qu’aucune faute ne peut être relevée à l’encontre du centre hospitalier intercommunal Robert Ballanger à cet égard. Par suite, les conclusions indemnitaires présentées à ce titre ne peuvent qu’être rejetées.

En troisième lieu, aux termes de l’article 1er de l’arrêté du 21 octobre 2003 relatif à l'indemnité de précarité prévue à l'article 12 et à l'indemnité différentielle mentionnée à l'article 13 du décret du 1er août 2003 relatif aux praticiens attachés et praticiens attachés associés : « Les praticiens attachés et praticiens attachés associés exerçant dans le cadre d'un contrat d'une durée maximale d'un an ont droit à une indemnité destinée à compenser la précarité de leur situation lorsque la relation de travail n'est pas poursuivie au terme du contrat. ». Aux termes de l’article 2 du même arrêté : « Le montant brut de cette indemnité est égal à 10 % du total des émoluments bruts visés au 1° de l'article 14 du décret du 1er août 2003 susvisé, dus au titre du contrat en cours. Cette indemnité n'est pas soumise à cotisations IRCANTEC »

La requérante soutient qu’elle a subi un préjudice financier d’un montant de 3982 euros dès lors qu’au terme de son contrat de travail à durée déterminée, survenu le 2 novembre 2020, elle avait le droit, à titre de complément de rémunération, à une indemnité de fin de contrat destinée à compenser la précarité de sa situation aux termes des dispositions du code de la santé publique citées au point 7. Ainsi qu’il a été dit, il n’est pas contesté en défense que cette indemnité aurait dû être versée à la requérante par le centre hospitalier intercommunal Robert Ballanger. Le tribunal n’étant pas en mesure de procéder lui-même à la fixation des montants correspondants, il y a lieu de renvoyer l’intéressée devant l’administration pour que cette dernière procède à la détermination et au versement de ces sommes, qui ne saurait dépasser le montant de 3 982 euros réclamé par la requérante pour ce chef de préjudice. Il y a donc lieu de condamner le centre hospitalier intercommunal Robert Ballanger à verser à Mme A... la somme correspondant à l’indemnité de fin de contrat, calculée selon les modalités exposées au point 18 du présent jugement.

En dernier lieu, si la requérante soutient qu’elle a été contrainte de puiser dans son épargne personnelle pour subvenir à ses besoins courants en l’absence de revenus, il résulte de ce qui a été dit au point 15 que Mme A... a décidé de mettre fin à la relation de travail avec son employeur, de sorte que le préjudice allégué ne résulte pas directement d’une faute du centre hospitalier intercommunal Robert Ballanger. Par suite, les conclusions indemnitaires présentées à ce titre doivent être rejetées.

S’agissant du préjudice de carrière :

En premier lieu, il résulte des dispositions citées au point 2 que les praticiens attachées associés sont recrutés par contrat d'une durée maximale d'un an, renouvelable dans la limite d'une durée totale de vingt-quatre mois. Ainsi, le renouvellement du cinquième contrat consécutif de Mme A..., intervenu le 2 novembre 2020, après vingt-quatre mois de service, ne pouvait s’effectuer que par un contrat triennal. Toutefois, il résulte de l’instruction que Mme A... a refusée, par courrier du 1er septembre 2020 adressé à son employeur, de poursuivre la relation contractuelle qui l’unissait au centre hospitalier intercommunal Robert Ballanger après le 2 novembre 2020 et qu’elle a été employée par l’établissement public de santé de Ville Evrard à compter du 19 avril 2021. Ainsi, le préjudice de carrière allégué ne résulte pas directement d’une faute du centre hospitalier intercommunal Robert Ballanger. Par suite, les conclusions indemnitaires présentées à ce titre doivent être rejetées.

En second lieu, il résulte de l’instruction que Mme A... a été recrutée par le centre hospitalier intercommunal Robert Ballanger le 2 novembre 2017 et que son contrat a été renouvelé de manière ininterrompue jusqu’au 1er novembre 2020, date d’échéance de son dernier contrat. S’il est constant que la requérante a comptabilisé une durée de trois ans de services ininterrompus sous contrat à durée déterminée au sein de l’établissement à l’échéance du contrat de travail de six mois dont elle était titulaire, arrivant à terme le 1er novembre 2020, les dispositions de l’article R. 6152-610 citées au point 2 prévoient que les praticiens attachés et les praticiens attachés associés voient leur contrat de travail prolongé sous la forme d’un contrat à durée indéterminée à l’issue d’une période de cinq ans de services interrompus. En outre, il résulte de l’instruction que Mme A... a indiqué au centre hospitalier intercommunal Robert Ballanger dès le mois de septembre 2020 sa volonté de ne pas poursuivre sa relation contractuelle avec l’établissement et de trouver un autre employeur, ce qu’elle a fait à compter du 19 avril 2021. Par suite, Mme A... n’établit pas la perte de chance de bénéficier d’un contrat à durée indéterminée à l’échéance de son dernier contrat 1er novembre 2020. Dès lors, les conclusions indemnitaires présentées à ce titre doivent être rejetées.

S’agissant du préjudice moral :

Mme A... soutient qu’elle a subi un préjudice moral résultant des fautes commises dans la gestion administrative de sa situation, notamment en ne lui proposant pas un contrat triennal à compter du 2 novembre 2019 en méconnaissance des dispositions citées au point 2 du présent jugement, la plaçant ainsi dans une situation précaire générant de l’anxiété. Il résulte de l’instruction, ainsi qu’il a été dit, que Mme A... était fondée à se voir proposer le renouvellement de son contrat sous la forme d’un contrat triennal à compter du 2 novembre 2019. Dès lors, il sera fait une juste évaluation de son préjudice du préjudice subi à ce titre par Mme A... en condamnant le centre hospitalier intercommunal Robert Ballanger à lui verser la somme de 2.000 euros.


Sur les frais liés au litige :

Aux termes de l’article L. 761-1 du code de justice administrative : « Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l’autre partie la somme qu’il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l’équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d’office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu’il n’y a pas lieu à cette condamnation. ».

Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge du centre hospitalier intercommunal Robert Ballanger le versement d’une somme de 1 500 euros à Mme A....



D E C I D E :


Article 1er : Le centre hospitalier intercommunal Robert Ballanger versera à Mme A... la somme représentative du préjudice résultant de l’absence de versement de l’indemnité de précarité telle que définie dans les motifs du présent jugement.

Article 2 : Le centre hospitalier intercommunal Robert Ballanger versera à Mme A... la somme de 2.000 euros en réparation du préjudice moral qu’elle a subi.

Article 3 : Le centre hospitalier intercommunal Robert Ballanger versera une somme de 1 500 euros à Mme A..., en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B... A... et au centre hospitalier intercommunal Robert Ballanger.

Délibéré après l’audience du 6 mars 2026, à laquelle siégeaient :

Mme Jimenez, présidente,
Mme Van Maele, première conseillère,
Mme Chaillou, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 mars 2026.

La rapporteure,

A. Chaillou

La présidente,

J. Jimenez


La greffière,





P. Demol

La République mande et ordonne à la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.


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CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 509298

Le Conseil d'État rejette la requête de M. A... pour défaut d'intérêt à agir, les circonstances invoquées (qualité de citoyen, d'usager ou de professionnel) n'étant pas suffisamment directes et certaines pour contester la nomination du président du conseil d'administration de l'OFII. La portée de cette décision est de rappeler la rigueur du contrôle de l'intérêt à agir en matière de nominations aux emplois publics.

09/04/2026

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 507528

Le Conseil d'État refuse d'admettre le pourvoi de La Poste contre l'ordonnance ayant suspendu la révocation de M. B..., estimant qu'aucun moyen sérieux n'est soulevé.

09/04/2026

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