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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2315069

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2315069

mardi 2 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2315069
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème chambre
Avocat requérantTORDO

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 16 décembre 2023, Mme A C, représentée par Me Tordo, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 9 novembre 2023 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de l'admettre au séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;

2°) d'enjoindre audit préfet de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de quinze jours sous astreinte de 150 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans le même délai et sous la même astreinte et de de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour ;

3°) et de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

Sur la légalité de la décision de refus d'admission au séjour :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen ;

Sur la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est entachée d'incompétence ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen ;

- elle est entachée d'une erreur de fait dès lors qu'elle réside en France depuis huit années ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

Sur la légalité de la décision fixant le pays de renvoi :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est privée de base légale du fait de l'illégalité de la mesure d'éloignement.

La requête a été communiquée au préfet de la Seine-Saint-Denis qui n'a pas produit de mémoire.

La clôture de l'instruction a été fixée au 11 avril 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement du Royaume du Maroc en matière de séjour et d'emploi, fait à Rabat le 9 octobre 1987 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Ghazi, rapporteur.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A C est une ressortissante marocaine née le 29 juillet 2004. Elle a sollicité son admission exceptionnelle au séjour le 16 novembre 2022. Par un arrêté du 9 novembre 2023, le préfet de la Seine-Saint-Denis a rejeté cette demande, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. Par la présente requête, Mme A C sollicite l'annulation de ces décisions.

Sur la légalité de la décision de refus d'admission au séjour :

2. En premier lieu, la décision litigieuse comporte les considérations de droit et de fait qui la fondent. Elle est, par suite, suffisamment motivée.

3. En second lieu, il ne ressort ni des pièces du dossier ni de la décision portant refus de titre de séjour que le préfet de la Seine-Saint-Denis n'aurait pas procédé à un examen particulier de sa situation personnelle. A cet égard, l'intéressée ne précise pas quels seraient les éléments de sa situation personnelle qui n'auraient pas été pris en compte par l'autorité administrative.

Sur la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

4. En premier lieu, par un arrêté n° 2023-2662 du 11 septembre 2023, régulièrement publié, le préfet de la Seine-Saint-Denis a donné délégation de signature à Mme B D, sous-préfète du Raincy, à l'effet de signer la décision litigieuse. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire est infondé et doit être écarté.

5. En deuxième lieu, la décision litigieuse comporte les considérations de droit et de fait qui la fondent. Elle est, par suite, suffisamment motivée.

6. En troisième lieu, contrairement à ce que soutient Mme C, il ne ressort ni de la décision portant obligation de quitter le territoire français ni des pièces du dossier que le préfet de la Seine-Saint-Denis n'aurait pas procédé à un examen particulier de sa situation personnelle.

7. En quatrième lieu, si l'intéressée soutient que la décision en cause est entachée d'une erreur de fait dès lors qu'elle réside en France depuis huit années, elle ne justifie de sa résidence habituelle sur le territoire français qu'à compter de l'année 2019, la seule production d'un visa valable du 21 août au 21 septembre 2017 n'établissant pas qu'elle réside effectivement en France depuis cette date. La requérante n'est donc pas fondée à soutenir que le préfet aurait commis une erreur de fait.

8. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sécurité publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. "

9. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que Mme C ne réside habituellement en France que depuis le mois de septembre 2019, soit depuis la date à laquelle elle a été scolarisée sur le territoire français. Si la requérante, qui ne justifie que d'une brève durée de résidence sur le territoire français, se prévaut par ailleurs de la présence en France de plusieurs des membres de sa famille, il ressort de la décision attaquée que ceux-ci ne justifient pas d'un droit au séjour sur le territoire français. Enfin, si l'intéressée est titulaire d'un certificat d'apprentissage professionnel (CAP) mention " cuisine ", elle ne justifie que d'une expérience professionnelle limitée, à savoir quatre mois. Dans ces conditions, elle n'est pas fondée à soutenir que la présente décision méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Sur la légalité de la décision fixant le pays de renvoi :

10. En premier lieu, la décision fixant le pays de renvoi comporte les considérations de droit et de fait qui la fondent. Elle est, par suite, suffisamment motivée.

11. En second lieu, il résulte de ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à soutenir que la décision litigieuse est privée de base légale du fait de l'illégalité de la mesure d'éloignement.

12. Il s'ensuit que Mme C n'est pas fondée à solliciter l'annulation de l'arrêté du 9 novembre 2023. Sa requête doit donc être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles présentées en matière de frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et au préfet de la Seine-Saint-Denis.

Délibéré après l'audience du 18 juin 2024, à laquelle siégeaient :

- M. Truilhé, président,

- Mme Ghazi, première conseillère,

- Mme Bazin, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 juillet 2024.

La première conseillère,Le président,SignéSigné A. Ghazi J-C. Truilhé

La greffière,

SignéA. Espeisses

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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