vendredi 20 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2315420 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre (J.U) |
| Avocat requérant | TOMASI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 25 décembre 2023, 29 janvier 2024 et 5 septembre 2024, M. B A, représenté par Me Goeau Brissonière, demande au tribunal :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler les arrêtés du 23 décembre 2023 par lesquels le préfet de police l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi, et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle n'a pas été signée par une autorité habilitée ;
- son droit à être entendu a été méconnu ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen ;
- le motif tiré du défaut de document de voyage est inexact ;
En ce qui concerne la décision portant refus de délai de départ volontaire :
- elle doit être annulée par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an :
- elle doit être annulée par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français et de l'illégalité de la décision portant refus de délai de départ volontaire ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 janvier 2024, le préfet de police, représenté par Me Tomasi, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant sont inopérants ou infondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Montreuil a désigné M. Aymard pour statuer sur les requêtes relevant de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. Aymard.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par des arrêtés du 23 décembre 2023, le préfet de police a obligé M. A, ressortissant ivoirien né le 8 octobre 2003, à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi, et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. L'intéressé demande au tribunal d'annuler ces arrêtés.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Le bureau d'aide juridictionnelle ayant constaté le 12 mars 2024 la caducité de la demande d'aide juridictionnelle de M. A, il n'y a pas lieu de statuer sur la demande de l'intéressé tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
3. En premier lieu, par un arrêté du 29 novembre 2023, régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture, le préfet de police a donné à Mme C, attachée d'administration de l'État, délégation de signature aux fins de signer la décision en litige. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de la décision attaquée doit être écarté.
4. En deuxième lieu, M. A a été entendu le 22 décembre 2023 par les services de police sur sa situation administrative avant que ne soit prononcée une obligation de quitter le territoire français et a, à cette occasion, été en mesure de présenter toute observation utile. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que son droit à être entendu aurait été méconnu.
5. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de police n'aurait pas procédé à l'examen de la situation de M. A. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen doit être écarté.
6. En quatrième lieu, il ressort des termes de l'arrêté en litige que, pour prendre la décision attaquée, le préfet de police s'est fondé sur les motifs tirés de ce que M. A ne peut pas justifier d'un titre de séjour pour se maintenir sur le territoire français, qu'il est dépourvu de document de voyage et qu'il ne peut pas justifier être entré régulièrement sur le territoire français. Si le requérant fait valoir que le motif tiré du défaut de document de voyage est erroné, il résulte toutefois de l'instruction que le préfet de police aurait pris la même décision en se fondant sur les deux autres motifs précités, étant précisé que ces deux autres motifs, dont le bien-fondé n'est pas contesté par le requérant, justifient légalement la mesure d'éloignement en cause. Par suite, le moyen d'erreur de fait doit être écarté.
7. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français qu'il conteste.
En ce qui concerne la décision portant refus de délai de départ volontaire :
8. En premier lieu, il résulte de ce qui précède aux points 3 à 7 que le requérant n'est pas fondé à invoquer, par la voie de l'exception, l'illégalité de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français à l'encontre de la légalité de la décision portant refus de délai de départ volontaire.
9. En second lieu, le requérant soutient que la décision en litige est entachée d'erreur manifeste d'appréciation aux motifs qu'il n'a jamais fait l'objet d'une mesure d'éloignement, qu'il présente des garanties de représentation suffisantes et qu'il a sollicité le 4 avril 2023 son admission au séjour. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que le préfet de police a édicté le 30 décembre 2021 à l'encontre de M. A une obligation de quitter le territoire français, laquelle a été notifiée le lendemain à l'intéressé et n'a pas été exécutée. Dès lors qu'il résulte de l'instruction que, en se fondant sur le seul motif tiré de ce que M. A s'était ainsi soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement, le préfet de police aurait pris la même décision portant refus de délai de départ volontaire, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le préfet de police aurait commis une erreur d'appréciation ou méconnu les dispositions de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
10. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision portant refus de délai de départ volontaire qu'il conteste.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an :
11. En premier lieu, il résulte de ce qui précède aux points 3 à 10 que le requérant n'est pas fondé à invoquer, par la voie de l'exception, l'illégalité des décisions lui faisant obligation de quitter le territoire français et refusant un délai de départ volontaire à l'encontre de la légalité de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.
12. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / () ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ".
13. Il ressort des pièces du dossier que M. A a été confié en janvier 2020 à l'aide sociale en France puis a conclu, à sa majorité, un contrat d'accueil provisoire jeune majeur avec le département de la Seine-Saint-Denis, qui été renouvelé du 10 mai 2023 au 10 mars 2024. Par ailleurs, l'intéressé a obtenu en juillet 2023 le titre professionnel d'employé commercial au terme d'une formation au sein de l'établissement Weno Ies, et a travaillé de décembre 2022 à septembre 2023 dans un magasin Carrefour, dans le cadre d'un contrat d'apprentissage. Nonobstant la réalité de ce début d'insertion socio-professionnelle en France et des liens ainsi noués, il ressort toutefois des pièces du dossier que M. A est célibataire et dépourvu de charges de famille, que sa durée de séjour habituel en France est légèrement inférieure à 4 années, et que l'intéressé a fait l'objet, à la suite de son signalement par les services de police pour offre, cession, acquisition, détention et usage de stupéfiants, d'une précédente mesure d'éloignement en date du 30 décembre 2021 qu'il n'a pas exécutée. Au regard de l'ensemble de ces éléments, c'est sans méconnaître les dispositions des articles L. 612-6 et L. 612-10 ni commettre d'erreur d'appréciation que le préfet de police a édicté à l'encontre de M. A une décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.
14. Il résulte de ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an qu'il conteste.
15. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A sont rejetées.
Sur les frais liés au litige :
16. L'Etat n'étant pas la partie perdante dans la présente instance, les conclusions présentées par M. A au titre des frais de l'instance doivent être rejetées.
D E C I D E
Article 1er : Il n'y a pas lieu d'admettre M. A, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Goeau Brissonière, et au préfet de police.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 septembre 2024.
Le magistrat désigné
F. Aymard La greffière
C. Yen Pon
La République mande et ordonne au préfet de police, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026