mardi 9 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2315474 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SEBAN ET ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 26 décembre 2023 et
5 janvier 2024, M. B A, agissant en qualité de conseiller municipal de
Noisy-le-Sec (93), demande au juge des référés du tribunal administratif :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la délibération du 14 décembre 2023 par laquelle le conseil municipal de Noisy-le-Sec a décidé d'inscrire la somme de 370 000 euros au budget 2023 de la commune, destinée à être versée, le cas échéant, au Syndicat intercommunal pour la production et la livraison alimentaire pour la restauration collective (SIPLARC) lorsque les comptes 2023 du syndicat auront été établis et certifiés, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette délibération ;
2°) de condamner la commune à lui verser la somme de 300 euros au titre de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient :
- que la condition d'urgence est remplie :
* La délibération déférée autorise le versement de 370 000 euros au SIPLARC sans que le conseil municipal de Noisy-le-Sec ne dispose du moindre document comptable officiel justifiant l'exigibilité de cette somme. Compte tenu de l'illégalité manifeste de la délibération et de ses conséquences pour la commune, il importe de la suspendre au plus vite, sans attendre son annulation par le tribunal, car la situation comptable et financière réelle du SIPLARC est inconnue. Le risque est donc important que la somme de 370 000 euros soit versée en pure perte. Il est donc préférable d'attendre la stabilisation de la situation et la fourniture de documents officiels. En outre, cette délibération préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public et aux intérêts de la commune en mettant en cause ses finances par le versement d'une somme importante - 370 000 € - alors qu'aucune urgence ne le justifie. Le versement de cette somme à un établissement dans une situation financière compromise porte une atteinte grave et irréversible au patrimoine de la commune sans aucune garantie de récupération, ni de rétablissement pérenne. Dès lors, il est urgent d'attendre d'avoir davantage d'informations fiables et donc de suspendre l'exécution de la délibération. Le prochain conseil municipal étant prévu le 1er février 2024, il reste donc possible, dans un délai rapproché, de réexaminer la situation du SIPLARC sur la base d'un dossier sérieux, ce qui n'est pas le cas à ce jour. De surcroît, la commune de Bondy, qui devrait verser la contribution principale à hauteur de
530 000 €, n'a pas délibéré sur ce point lors de son conseil municipal tenu le 9 décembre 2023. Cela démontre l'absence d'urgence à verser la contribution. Il convient donc d'attendre de recevoir le compte de gestion et le compte administratif 2023 du SIPLARC. Il sera alors temps pour les communes adhérentes de délibérer sur les mesures à prendre, lesquelles devront tenir compte des mesures de redressement de la gestion du syndicat. Dès lors, il est indispensable de surseoir à tout versement de fonds au SIPLARC et de suspendre la délibération du
14 décembre 2023.
* La délibération attaquée cause un préjudice grave à l'intérêt public défendu par le requérant : le droit à l'information des conseillers municipaux a été totalement méconnu car le maire a refusé de communiquer le moindre document sur la situation comptable du SIPLARC. C'est donc en violation des articles L. 2121-12 et L. 2121-13 CGCT que le maire a fait voter la délibération. L'urgence à prononcer la suspension de la délibération s'impose, sans attendre la décision au fond qui interviendra beaucoup trop tard.
- qu'il existe un doute sérieux quant à la légalité de la délibération attaquée :
* Elle a été adoptée à l'issue d'une procédure irrégulière : les explications fournies par la note de synthèse sont à la fois fausses et parcellaires. Il est parfaitement infondé de justifier l'apparition d'un déficit de 900 000 euros en 2023 par l'absence de révision des tarifs depuis 2012. De surcroît, la note de synthèse fait état d'un projet de compte administratif 2023 du SIPLARC faisant apparaître un déficit de 900 000 euros, mais le maire a refusé de communiquer ce document aux conseillers municipaux. Les trois conseillers municipaux qui siègent au SIPLARC ont quitté la séance du conseil municipal pour éviter de répondre aux questions. Le maire s'est abstenu de fournir la moindre explication. Pire, il a volontairement refusé de communiquer les informations sur le SIPLARC qui lui étaient demandées. Il en résulte que les conseillers municipaux n'ont pas reçu l'information complète leur permettant de se faire un jugement sur le mérite de la délibération proposée par le maire. L'insuffisance de la note de synthèse, comme de la délibération elle-même, et des informations communiquées, entache d'irrégularité la procédure d'adoption de la délibération. En raison de cette carence d'information, le requérant a adressé un courriel au maire le 10 décembre 2023. Le maire n'a pas répondu à ce courriel et n'a pas communiqué les documents qui existent nécessairement et que le maire détient. Il s'agit donc d'une rétention volontaire d'informations indispensables aux conseillers municipaux afin de prendre une décision grave de façon éclairée. Il résulte de ce qui précède que le droit à l'information du requérant a été illégalement méconnu alors qu'il constitue une garantie inhérente à l'exercice du mandat de conseiller municipal ce qui entraîne nécessairement l'annulation de la délibération adoptée au terme d'une procédure irrégulière, par violation des articles L. 2121-12 et L. 2121-13 CGCT.
* En application des articles L. 5212-18 et suivants du CGCT, seul le comité du syndicat intercommunal peut arrêter le budget du syndicat et fixer la contribution des communes membres. Seules les sommes votées comme contribution des communes membres peuvent leur être réclamées. Or, à la date du 14 décembre 2023, aucun budget primitif ou supplémentaire n'a été voté par le comité syndical du SIPLARC pour fixer le montant d'une contribution exceptionnelle demandée aux communes membres. De même, le compte administratif 2023 du syndicat n'a pas encore été approuvé. Il en résulte qu'aucune somme ne peut être versée au SIPLARC.
* Il ressort très clairement des statuts du SIPLARC que les contributions financières des deux villes adhérentes autorisées par les statuts sont uniquement les facturations établies par le syndicat sur la base du nombre de repas et de la quantité de denrées commandés par chacune des villes. Le syndicat ne peut pas établir de contribution communale générale en dehors des produits et prestations facturés aux communes, tel que cela est précisé par l'article 10.2 des statuts.
Par un mémoire en défense, enregistré le 04 janvier 2024, la commune de Noisy-le-Sec, représentée par le cabinet Seban et Associés, avocat, conclut au rejet de la requête de
M. A, ainsi qu'à la condamnation de celui-ci à lui verser la somme de 3 000 € sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La commune soutient :
- que la requête est irrecevable, faute pour le requérant de produire la délibération attaquée ;
- que la requête est irrecevable, en l'absence de caractère exécutoire de la délibération attaquée : la délibération litigieuse ne fait pas grief dès lors que le SIPLARC était seul compétent pour modifier son budget et solliciter le versement d'une contribution exceptionnelle par ses membres. Seul le comité syndical du SIPLARC a compétence pour solliciter une contribution exceptionnelle auprès de ses membres. Or, en l'espèce, si le SIPLARC a informé ses communes membres, par courrier, qu'une contribution exceptionnelle serait votée en comité syndical et les sommes qui leur seraient demandées, il n'a toutefois pas encore délibéré pour solliciter le versement de ces sommes. Il n'a pas non plus émis de titre exécutoire. Or, en l'absence de ces décisions, le versement de la somme de 370 000 euros prévu par la délibération litigieuse ne pourra avoir lieu. La commune a finalement entendu délibérer préalablement au SIPLARC afin d'affirmer qu'elle ne s'opposerait pas au versement de cette contribution exceptionnelle, dès lors que son montant pourrait être justifié, mais surtout afin que ces sommes puissent être inscrites sur son budget 2023. Toutefois, dès lors que cette délibération ne saurait suffire à décider du versement de ces sommes au syndicat, le Tribunal ne pourra que constater que le recours de
M. A est au minimum prématuré ! Au surplus, la délibération litigieuse prévoit que les sommes n'auront vocation à être versées qu'à la condition que les comptes 2023 du Syndicat soient établis et certifiés. Aussi, aucun versement ne pourra avoir lieu en l'absence de la réalisation de ces éléments. Or, en l'espèce, il est constant que les comptes du SIPLARC n'ont pas été arrêtés et encore moins certifiés par la commune. Ce faisant la délibération n'apparait pas exécutoire et ne saurait dès lors faire l'objet d'un recours.
- que la condition d'urgence n'est pas remplie : M. A ne rapporte la preuve d'aucune urgence à suspendre une délibération qui présente pourtant un intérêt public indéniable au regard de la situation financière critique du SIPLARC. En premier lieu, l'urgence ne peut être caractérisée dès lors que la délibération contestée n'est pas exécutoire. En deuxième lieu, le requérant ne démontre pas en quoi le versement de la somme de 370 000 euros au SIPLARC porterait une atteinte grave et irréversible au patrimoine de la commune. Au contraire, il importe de rappeler que les contributions des membres à un syndicat de communes sont qualifiées d'obligatoires par le législateur (article L. 5212-20 du code général des collectivités territoriales). Or, il est impératif que la commune de Noisy-le-Sec anticipe le possible versement d'une contribution exceptionnelle au SIPLARC pour l'année 2023 pour permettre le maintien du service public de la restauration collective sur son territoire. Aussi, il n'y a pas d'urgence à suspendre la délibération mais, au contraire, il y a urgence à la maintenir. En troisième lieu, l'information des élus ayant été respectée, l'urgence à suspendre la délibération n'est pas caractérisée.
- que la délibération attaquée est légale :
* Contrairement à ce que soutient le requérant, la procédure d'adoption de la délibération du 14 décembre 2023 a parfaitement été respectée et a permis aux conseillers municipaux, dont M. A, de bénéficier d'une information complète et suffisante.
* Les communes doivent contribuer au budget du syndicat dont elles sont membres. La contribution aux recettes d'un syndicat est une dépense obligatoire qui doit être inscrite au budget de la commune membre. En l'espèce, contrairement à ce que soutient le requérant, la délibération du 14 décembre 2023 n'est pas contraire à l'article L. 5212-18 du CGCT. En effet, la délibération de la commune n'a ni pour objet de fixer le budget du SIPLARC, ni le montant de la contribution exceptionnelle demandée. Ces éléments devront évidemment être précisés dans le cadre d'une délibération que le SIPLARC adoptera. En somme, la délibération ne fait qu'anticiper les éléments communiqués dans le courrier du SIPLARC du 29 novembre 2023 qui détermine la clef de répartition provisoire des contributions exceptionnelles demandées aux communes membres. Plus précisément, la délibération du 14 décembre 2023 précise que le versement de la contribution exceptionnelle ne pourra être effectué qu'à certaines conditions. Ainsi, la délibération conditionne le versement de la contribution exceptionnelle à plusieurs éléments, à savoir la délibération sollicitant le versement, et l'établissement et la certification de ses comptes 2023.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 26 décembre 2023 sous le numéro 2315460 par laquelle M. A demande l'annulation de la délibération attaquée.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Romnicianu, vice-président, pour statuer sur les demandes en référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 05 janvier 2024 à 09h30, tenue en présence de
Mme Diallo, greffière d'audience, M. Romnicianu a lu son rapport et entendu :
- les observations de M. A ;
- les observations de Me Davrainville, représentant la commune de Noisy-le-Sec.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1.Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () " et aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () ". Enfin, aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. "
2.Il résulte de ces dispositions que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et globalement, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire. Enfin, la condition d'urgence s'apprécie à la date à laquelle le juge des référés statue.
3.La commune de Noisy-le-Sec (93) est membre du Syndicat intercommunal de production et de livraison alimentaire pour la restauration collective (SIPLARC), depuis sa création le 1er janvier 2001. Le SIPLARC, composé de deux communes membres, Noisy-le-Sec et Bondy, a pour objet de " produire et de livrer des repas pour la restauration scolaire [], et d'acquérir et livrer des denrées brutes pour la confection de repas collectifs " (article 2 de ses statuts). La principale ressource du SIPLARC provient des contributions de ses communes membres, qui sont calculées selon la facturation établie en appliquant un tarif fixé par l'organe délibérant du Syndicat à la quantité de repas commandée par chaque commune. Confronté depuis 2012 à la hausse du coût des denrées alimentaires et à un important déficit budgétaire, et après réalisation d'un audit financier entre 2017 et 2023, le SIPLARC, par un premier courrier du 15 novembre 2023, a sollicité les communes de Bondy et de Noisy-le-Sec en prévision du versement d'une contribution exceptionnelle d'un montant de 900 000 euros correspondant au règlement des factures impayées pour les années 2021 et 2022 d'un montant de 800 000 euros, et le remboursement de 93 000 euros dû aux services de l'Etat, correspondant au remboursement d'un acompte versé au Syndicat en 2022 au titre du fonds de soutien inflation auquel le SIPLARC n'était in fine pas éligible. Par un 2nd courrier daté du 29 novembre 2023, le SIPLARC a informé la commune de Noisy-le-Sec de " l'inscription à l'ordre du jour du prochain comité syndical fixé le 20 décembre 2023 d'une décision modificative incluant en recettes une contribution complémentaire exceptionnelle appelée auprès des deux communes adhérentes afin d'assurer l'équilibre du compte administratif pour l'exercice 2023, contribution d'un montant de 900 000 euros ". Au regard de la clef de répartition applicable (article 10.2 des statuts du SIPLARC), le montant de la cote part imputable à la commune de Noisy-le-Sec s'élève ainsi à 365 9994,51 euros et à 534 005,49 euros pour la commune de Bondy.
4.C'est dans ce contexte que, dès le 14 décembre 2023, le conseil municipal de Noisy-le-Sec a adopté une délibération aux termes de laquelle il a été décidé d'inscrire la somme de 370 000 euros au budget 2023 de la commune, somme qui ne sera versée au syndicat que lorsque les comptes 2023 du syndicat auront été établis et certifiés. Par une requête introduite le 26 décembre 2023, M. B A, agissant ès qualité de conseiller municipal, demande au juge des référés du tribunal administratif d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de cette délibération, dans l'attente qu'il soit statué au fond sur sa légalité.
5.Pour justifier de l'urgence qu'il y a à suspendre l'exécution de la délibération litigieuse, M. A soutient, d'une part, que la délibération déférée autorise le versement de 370 000 euros au SIPLARC sans que le conseil municipal de Noisy-le-Sec ne dispose du moindre document comptable officiel justifiant l'exigibilité de cette somme, alors que le versement de cette somme à un établissement dans une situation financière compromise porte une atteinte grave et irréversible au patrimoine de la commune sans aucune garantie de récupération, ni de rétablissement pérenne. Il résulte toutefois de l'instruction que le versement de la contribution litigieuse est subordonné à l'adoption d'une délibération en ce sens du comité syndical du SIPLARC, seul compétent pour solliciter une contribution exceptionnelle de la part des communes membres, alors au demeurant qu'il résulte des articles L. 5212-19 et L. 5212-20 du code général des collectivités territoriales que les contributions des membres à un syndicat de communes revêtent le caractère de dépenses obligatoires pour les communes concernées. Or, en l'espèce, si le SIPLARC a informé ses communes membres, par les courriers suscités des 15 et 29 novembre 2023, qu'une contribution exceptionnelle serait votée par le comité syndical et leur a indiqué le montant prévisionnel des sommes qui leur seraient demandées, il n'a toutefois pas encore délibéré sur un quelconque appel à contribution des communes membres, ni encore moins émis de titre exécutoire à l'encontre de celles-ci. Ainsi, en l'absence de décisions en ce sens du SIPLARC, le versement de la somme de 370 000 euros prévu par la délibération litigieuse ne pourra avoir lieu. Au surplus, la délibération litigieuse prévoit que la contribution communale n'aura vocation à être versée, " le cas échéant ", qu'à la condition que les comptes 2023 du syndicat soient établis et certifiés. Or, en l'espèce, il est constant que le compte administratif 2023 du SIPLARC n'a, à ce jour, pas été arrêté. Ce faisant la délibération attaquée de la commune de Noisy-le-Sec apparait à ce stade privée de tout effet.
6.D'autre part, le requérant fait valoir que la délibération attaquée cause un préjudice grave à un intérêt public qu'il défend, le droit à l'information des conseillers municipaux ayant selon lui été méconnu car le maire a refusé de communiquer le moindre document sur la situation financière et comptable du SIPLARC. Toutefois, au vu des éléments apportés en défense par la commune quant à la procédure d'adoption de la délibération attaquée, s'agissant en particulier du contenu de la note de synthèse jointe à la convocation à la séance du conseil municipal du 14 décembre 2023, il n'apparaît pas, en l'état de l'instruction, que le droit à l'information des élus municipaux tel que prévu aux articles L. 2121-12 et L. 2121-13 du code général des collectivités territoriales aurait été méconnu.
7.Dans ces circonstances, faute d'atteinte suffisamment grave et immédiate aux intérêts financiers de la commune de Noisy-le-Sec et à ceux défendus par le requérant, la condition d'urgence exigée par l'article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut être regardée comme remplie. Dès lors, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les fins de
non-recevoir opposées en défense par la commune de Noisy-le-Sec, ni de statuer sur l'existence de moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, les conclusions aux fins de suspension provisoire de l'exécution de la délibération du conseil municipal de Noisy-le-Sec en date du 14 décembre 2023 doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
8.Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Noisy-le-Sec, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par M. A au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. En outre, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du requérant la somme demandée par la commune de
Noisy-le-Sec au même titre.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête en référé de M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Noisy-le-Sec présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et à la commune de Noisy-le-Sec.
Fait à Montreuil, le 09 janvier 2024.
Le juge des référés,
M. Romnicianu
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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