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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2315598

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2315598

lundi 15 janvier 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2315598
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantTCHIAKPE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 31 décembre 2023 et 1er janvier 2024, M. B A, représenté par Me Tchiakpe, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 28 décembre 2023 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai en fixant son pays de destination et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;

2°) d'annuler l'arrêté du 29 décembre 2023 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours ;

3°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", dans un délai de quinze jours à compter du jugement à intervenir sous astreinte de 75 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans le même délai et sous la même astreinte, et de lui délivrer, dans l'attente du réexamen, une autorisation provisoire de séjour ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

S'agissant de la décision de refus de séjour :

- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à la menace à l'ordre public ;

- elle méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- elle méconnaît les articles L. 423-7 et L. 423-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant refus de séjour en raison des moyens soulevés à l'encontre de la décision de refus de séjour ;

- elle méconnaît l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

S'agissant de la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :

- elle méconnaît l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

S'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle méconnaît l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

S'agissant de la décision portant assignation à résidence ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Boucetta, conseillère, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue aux articles L. 614-1 à L. 614-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Boucetta,

- les observations de Me Tchiakpe, représentant M. A, qui reprend les conclusions et moyens exposés dans la requête et précise que si le requérant ne justifie avoir honoré le versement à son épouse de la pension alimentaire à laquelle il est tenu, il contribue néanmoins aux besoins de ses enfants en fonction de ses moyens ; il ajoute que l'assignation à résidence empêche le requérant de rendre visite à ses enfants résidant dans le Val d'Oise ;

- les observations de M. A, qui indique s'occuper de ses enfants, avoir rencontré des difficultés professionnelles à la suite du refus de renouvellement de son titre de séjour et exercé désormais un emploi de serveur.

Le préfet de la Seine-Saint-Denis n'était ni présent ni représenté.

En application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative, la clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant tunisien né le 1er avril 1985, a fait l'objet d'un arrêté le 12 novembre 2020, par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans. Par un jugement du 31 mai 2021, le tribunal administratif de Montreuil a annulé l'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans. Le 2 décembre 2022, M. A a demandé la délivrance d'un titre de séjour en qualité de parent d'enfant français sur le fondement de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 28 décembre 2023, le préfet de la Seine-Saint-Denis a rejeté cette demande, a obligé le requérant à quitter le territoire français sans délai, fixé le pays de destination et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an. Par un arrêté du 29 décembre 2023, le préfet de la Seine-Saint-Denis l'a assigné à résidence sur le fondement de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. M. A demande l'annulation de l'ensemble des décisions contenues dans les deux arrêtés.

Sur l'étendue du litige :

3. En application des articles R. 776-14 et R 776-15 du code de justice administrative, les conclusions de M. A dirigées contre les décisions portant obligation de quitter le territoire français, refus d'octroi d'un délai de départ volontaire, interdiction de retour sur le territoire français et assignation à résidence doivent être jugées par un juge unique sans conclusions d'un rapporteur public. En revanche, aucune disposition ne donne compétence à ce juge pour connaître des conclusions portant refus de séjour contenues dans l'arrêté du 28 décembre 2023. Ces conclusions doivent donc être renvoyées devant la formation collégiale du tribunal. De même doivent y être renvoyées les conclusions aux fins qu'il soit enjoint au préfet de délivrer un titre de séjour à M. A auxquelles il ne pourrait être fait droit qu'en conséquence de l'annulation de la décision portant refus de séjour, et les conclusions aux fins qu'une somme soit mise à la charge de l'Etat, lesquelles ne pourront être appréciées que lorsqu'il aura été statué sur l'ensemble des conclusions de M. A.

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

S'agissant du moyen tiré de l'illégalité de la décision du 28 décembre 2023 portant refus de séjour :

2. Pour contester la décision portant obligation de quitter le territoire français, M. A entend exciper de l'illégalité de la décision du 28 décembre 2023 portant refus de titre de séjour.

3. En premier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier ni des termes mêmes de l'arrêté attaqué, qui font état d'éléments de fait propres à la situation de l'intéressé, que le préfet n'aurait pas procédé, ainsi qu'il y était tenu, à l'examen particulier de sa situation. Le requérant n'est donc pas fondé à soutenir que l'arrêté en litige serait entaché d'illégalité, faute d'avoir été précédé d'un examen particulier de l'affaire.

4. En deuxième lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La délivrance d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle ou d'une carte de résident peut, par une décision motivée, être refusée à tout étranger dont la présence en France constitue une menace pour l'ordre public ".

5. D'autre part, aux termes de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France et qui établit contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil, depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. ". Aux termes de l'article L. 423-8 du même code : " Pour la délivrance de la carte de séjour prévue à l'article L. 423-7, lorsque la filiation est établie à l'égard d'un parent en application de l'article 316 du code civil, le demandeur, s'il n'est pas l'auteur de la reconnaissance de paternité ou de maternité, doit justifier que celui-ci contribue effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant, dans les conditions prévues à l'article 371-2 du code civil, ou produire une décision de justice relative à la contribution à l'éducation et à l'entretien de l'enfant. Lorsque le lien de filiation est établi mais que la preuve de la contribution n'est pas rapportée ou qu'aucune décision de justice n'est intervenue, le droit au séjour du demandeur s'apprécie au regard du respect de sa vie privée et familiale et au regard de l'intérêt supérieur de l'enfant ".

6. Il ressort des pièces du dossier, en particulier du fichier du traitement d'antécédents judiciaires et du bulletin n° 2 du casier judiciaire de M. A, que ce dernier est défavorablement connu des services de police, pour des faits, dont il ne conteste pas la matérialité, de menace de mort réitérée et violence sur une personne vulnérable suivie d'incapacité n'excédant pas huit jours en 2015 et de détention non autorisée de stupéfiants en 2018, et qu'il a été condamné, le 19 septembre 2018 par la chambre des appels correctionnels de Paris, à une peine d'emprisonnement d'un an avec sursis pour des faits de violence sans incapacité par une personne étant ou ayant été conjoint, concubin ou partenaire lié à la victime par un pacte civil de solidarité. Eu égard à la gravité de ces faits, le comportement de M. A doit être regardé comme représentant une menace à l'ordre public. Ce motif permettant, à lui seul, de justifier le rejet de la demande de M. A tendant à la délivrance de son titre de séjour, en application des dispositions précitées de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'intéressé ne peut se prévaloir d'une méconnaissance des articles L. 423-7 et L. 423-8 du même code. Pour les mêmes motifs, M. A n'est pas fondé à soutenir que le préfet aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en regardant sa présence en France comme constitutive d'une menace à l'ordre public.

7. En troisième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " 1. Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale () ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.

8. M. A soutient qu'il contribue à l'entretien et à l'éducation de ses enfants. Toutefois, le requérant ne démontre pas, par les pièces qu'il produit, une implication suffisante pour démontrer que la décision par laquelle le préfet a refusé de lui délivrer un titre de séjour porterait une atteinte à l'intérêt supérieur de ses enfants, lesquels résident actuellement chez leur mère. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées doit être écarté.

9. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'exception d'illégalité doit être écarté.

S'agissant des autres moyens :

10. Aux termes de l'article L. 611-3 code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () / 5° L'étranger ne vivant pas en état de polygamie qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France, à condition qu'il établisse contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans () ".

11. Le requérant soutient qu'il est particulièrement présent dans la vie quotidienne de ses enfants et qu'il contribue, à hauteur de ses capacités financières, à leur entretien. Toutefois, il ne ressort pas des éléments versés au dossier que M. A contribuerait, depuis deux ans à la date de la décision attaquée, soit depuis le 28 décembre 2021, à l'entretien de ses enfants. En outre, pour attester qu'il contribue à leur éducation, le requérant produit des attestations de médecins particulièrement peu circonstanciées et, selon lesquelles l'intéressé accompagne régulièrement ses enfants lors de consultations médicales, ainsi que des éléments attestant de sa participation à la vie scolaire de ses enfants au cours de la seule année civile 2023. Ces éléments ne suffisent pas davantage, à eux seuls, à établir que M. A contribuerait effectivement à l'éducation de ses enfants, au sens de l'article 371-1 du code civil, depuis au moins deux années. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du 5° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

12. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'obligation de quitter le territoire français.

Sur la décision supprimant le délai de départ volontaire :

13. Aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; / 2° L'étranger s'est vu refuser la délivrance ou le renouvellement de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour au motif que sa demande était manifestement infondée ou frauduleuse ; / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ".

14. Il résulte de ce qui a été dit au point 6 du présent jugement que le comportement de M. A constitue une menace à l'ordre public. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précités doit être écarté.

15. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire.

Sur l'interdiction de retour sur le territoire français :

16. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-10 de ce code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 (), l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français ".

17. En premier lieu, la décision attaquée mentionne la durée de présence en France de M. A, la nature et l'intensité de ses attaches personnelles, qu'il a fait l'objet d'une précédente obligation de quitter le territoire français à laquelle il n'a pas déférée et que sa présence représente une menace à l'ordre public. Cette décision satisfait donc à l'exigence de motivation de l'article L. 613-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

18. En deuxième lieu, d'une part, le préfet a refusé d'octroyer à M. A un délai de départ volontaire et il se trouve donc dans le cas où, en application de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il fait l'objet d'une interdiction de retour sur le territoire français. A cet égard, le requérant ne justifie d'aucune circonstance humanitaire faisant obstacle au prononcé d'une telle interdiction. Ainsi, M. A n'est pas fondé à soutenir qu'il ne pouvait pas, eu égard aux motifs d'annulation de la précédente interdiction de retour sur le territoire français prononcée à son encontre par le préfet de la Seine-Saint-Denis le 12 novembre 2020 retenus par le tribunal administratif de Montreuil dans son jugement du 31 mai 2021, faire l'objet d'une interdiction de retour sur le territoire français. D'autre part, compte tenu de la menace à l'ordre public que représente la présence de M. A et de sa soustraction à une précédente obligation de quitter le territoire français, en fixant à un an l'interdiction de retour sur le territoire français, le préfet n'a pas fait une inexacte application des dispositions précitées, ni entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.

19. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision de l'interdiction de retour sur le territoire français.

Sur la décision portant assignation à résidence :

20. Aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins d'un an auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; 2° L'étranger doit être éloigné en exécution d'une interdiction de retour sur le territoire français prise en application des articles L. 612-6, L. 612-7 et L. 612-8 ; 3° L'étranger doit être éloigné pour la mise en œuvre d'une décision prise par un autre État, en application de l'article L. 615-1 ; 4° L'étranger doit être remis aux autorités d'un autre Etat en application de l'article L. 621-1 ; 5° L'étranger doit être éloigné en exécution d'une interdiction de circulation sur le territoire français prise en application de l'article L. 622-1 ; 6° L'étranger fait l'objet d'une décision d'expulsion ; 7° L'étranger doit être éloigné en exécution d'une peine d'interdiction judiciaire du territoire prononcée en application du deuxième alinéa de l'article 131-30 du code pénal ; 8° L'étranger doit être éloigné en exécution d'une interdiction administrative du territoire français."

21. En premier lieu, l'arrêté qui vise les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile applicable et précise notamment que M. A a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français sans délai, le 29 décembre 2023, comporte l'exposé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Il est, par suite, suffisamment motivé.

22. En deuxième lieu, afin d'assurer le respect par M. A de ses obligations, le préfet de la Seine-Saint-Denis lui a fait obligation de se présenter tous les jours, dans les locaux du commissariat du territoire de la commune d'Aubervilliers et lui a interdit de se déplacer en dehors du département sans son autorisation écrite. M. A ne saurait utilement soutenir que ces obligations compromettent son activité professionnelle, qu'il exerce en dehors de tout cadre légal et alors qu'il est tenu de quitter le territoire français. En outre, si M. A allègue qu'il ne peut rendre visite à ses enfants qui réside dans le département du Val-d'Oise, il ne justifie pas leur rendre visite régulièrement, ni avoir entrepris des démarches particulières auprès du préfet de la Seine-Saint-Denis afin d'être autorisé à se déplacer en dehors du périmètre de son assignation pour rendre visite à ses proches. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.

23. En troisième lieu, l'autorité préfectorale fonde sa décision portant assignation à résidence au regard des circonstances que son éloignement demeurait une perspective raisonnable à la date de son adoption, ce que le requérant ne conteste par ailleurs pas, et qu'il faisait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français prise moins d'un an auparavant pour l'exécution de laquelle aucun délai de départ volontaire n'avait été accordé. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

24. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions du 28 décembre 2023 portant obligation de quitter le territoire français, refus d'octroi d'un délai de départ volontaire et interdiction de retour sur le territoire français, ni la décision portant assignation à résidence prononcée par arrêté du 29 décembre 2023. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter ses conclusions aux fins d'injonction.

D E C I D E:

Article 1er : Les conclusions de la requête de M. A aux fins d'annulation de l'arrêté du 28 décembre 2023 portant refus de séjour sont renvoyées à une formation collégiale du tribunal, de même que ses conclusions aux fins qu'il soit enjoint au préfet de délivrer un titre de séjour à M. A et les conclusions aux fins qu'une somme soit mise à la charge de l'Etat sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 2 : Le surplus des conclusions la requête de M. A est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de la Seine-Saint-Denis.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 janvier 2024.

La magistrate désignée,

H. BOUCETTA

La greffière,

C. GOOSSENSLa République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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