mardi 17 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2400962 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | MESUREUR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires complémentaires, enregistrés les 22 janvier, 11 avril et 1er juillet 2024, M. B A C, représenté par Me Mesureur, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions du 22 décembre 2023, par lesquelles le préfet de la Seine-Saint-Denis lui a refusé le renouvellement de son titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il sera éloigné ;
2°) d'enjoindre à cette même autorité ou à tout préfet territorialement compétent, à titre principal, de lui délivrer une carte de séjour temporaire dans un délai de quinze jours suivant la notification du jugement à intervenir, ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa demande et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail, et ce, dans le même délai ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 2 000 euros sur le fondement des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne les moyens communs à l'ensemble des décisions :
- elles ont été prises par une autorité incompétente ;
- elles sont entachées d'un vice de procédure ;
- elles sont entachées d'erreur de fait et d'erreur de droit ;
- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences sur sa situation personnelle ;
En ce qui concerne le refus de séjour :
- il est insuffisamment motivé et est entaché d'un défaut d'examen approfondi de sa situation ;
- il méconnaît l'article L. 421-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que son entreprise est économiquement viable ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 435-1 code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen approfondi de sa situation individuelle ;
- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 avril 2024, le préfet de la Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 2 juillet 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 18 juillet 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Therby-Vale, rapporteure ;
- et les observations de Me Carolin pour M. A C.
Le préfet de la Seine-Saint-Denis n'était ni présent ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A C, ressortissant tunisien né le 17 juin 2001, s'est vu délivré un titre de séjour mention " étudiant " valable du 8 décembre 2021 au 7 décembre 2022. Il en a sollicité le renouvellement puis a demandé un changement de statut, d'abord en qualité de salarié, ensuite en qualité d'entrepreneur. Par des décisions du 22 décembre 2023 dont le requérant demande l'annulation, le préfet de la Seine-Saint-Denis lui a refusé le renouvellement de ce titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Il ressort des pièces du dossier que M. B A C est entré sur le territoire français sous couvert d'un visa court séjour le 7 janvier 2017 alors qu'il était âgé de quinze ans, qu'il réside depuis chez ses grands-parents, de nationalité française et que son grand-père a été son tuteur légal. L'intéressé a été scolarisé dès son entrée en France en 2017 jusqu'en septembre 2022. Il a d'abord été inscrit en 2017/2018 au lycée dans une classe UP2A, dont le public est allophone, puis en lycée professionnel, jusqu'en septembre 2021, tout en suivant un enseignement en BEP " maintenance des systèmes énergétiques et climatiques " au cours de l'année 2019/2020, et qu'enfin il a entrepris des études en CAP " monteur des installations thermiques " au titre de l'année 2021/2022. S'il ressort des pièces que l'intéressé n'a pas obtenu son diplôme de CAP, pour lequel il avait obtenu un titre de séjour en qualité d'étudiant, il a obtenu un BEP en juin 2020. Dès juillet 2021, M. A C a conclu un contrat de travail à durée déterminée à temps plein en qualité d'aide plombier avec l'entreprise SCP Ile de France. Après la liquidation de cette entreprise par le tribunal de commerce de Créteil en juillet 2023, il ressort des pièces du dossier que l'intéressé a créé son entreprise de travaux d'installation d'eau et de gaz et justifie d'un chiffre d'affaires de 7 144 euros au troisième trimestre 2023 et 5 812 euros au quatrième trimestre 2023. Dans ces conditions, eu égard à l'intégration professionnelle et l'insertion sociale de M. A C sur le territoire, et alors même que résident encore dans son pays d'origine ses frères et ses parents, en refusant de lui délivrer un titre de séjour, le requérant est fondé à soutenir que le préfet a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
3. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, que M. A C est fondé à demander l'annulation de la décision du 22 décembre 2023, par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis lui a refusé le renouvellement de son titre de séjour ainsi que, par voie de conséquence, l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de destination.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
4. Eu égard au motif du présent jugement, il y a lieu d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis ou à tout préfet territorialement compétent, de délivrer à M. A C un titre de séjour " vie privée et familiale " dans un délai de quatre mois à compter de la notification du présent jugement et de le munir, dans cette attente, d'une autorisation provisoire de séjour.
Sur les frais liés au litige :
5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 100 euros à verser à M. A C au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DECIDE :
Article 1er : Les décisions du 22 décembre 2023, par lesquelles le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé le renouvellement du titre de séjour de M. A C, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il sera éloigné sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis, ou au préfet devenu territorialement compétent, de délivrer à M. A C un titre de séjour " vie privée et familiale " dans un délai de quatre mois à compter de la notification du présent jugement et de le munir, dans l'attente de la délivrance de ce titre, d'une autorisation provisoire de séjour.
Article 3 : L'Etat versera à M. A C une somme de 1 100 euros au titre de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A C et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Délibéré après l'audience du 3 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
- Mme Deniel, présidente,
- Mme Therby-vale première conseillère,
- Mme Bazin conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 septembre 2024.
La rapporteure,La présidente,E. Therby-ValeC. DenielLa greffière,A. Capelle
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis, ou au préfet territorialement compétent, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026