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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2403331

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2403331

vendredi 13 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2403331
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation6ème Chambre (J.U)
Avocat requérantNAMIGOHAR

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 9 mars et 29 août 2024, M. A, représenté par Me Adrien Namigohar, avocat, demande au tribunal administratif :

1°) d'annuler un arrêté du préfet de la Seine-Saint-Denis en date du 8 mars 2024 l'obligeant à quitter sans délai le territoire français, fixant le pays de renvoi et prononçant une interdiction de retour sur le territoire français ;

2°) d'enjoindre au préfet de réexaminer sa situation administrative dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement et lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour, sous une astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) d'enjoindre au préfet de mettre fin à son signalement dans le système d'information Schengen, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement ;

4°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire et mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil, Me Namigohar, d'une somme de 1 500 euros en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

La requête a régulièrement été communiquée à la préfecture de la Seine-Saint-Denis, laquelle n'a pas produit d'observation en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif a désigné M. Romnicianu, vice-président, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue aux articles L. 614-1 à L. 614-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Romnicianu a été entendu au cours de l'audience publique du 30 août 2024 à 09h30 en présence de M. El Mamouni, greffier d'audience.

Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, se disant de nationalité algérienne et dont la date de naissance est inconnue, demande l'annulation d'un prétendu arrêté du préfet de la Seine-Saint-Denis en date du 8 mars 2024 l'obligeant à quitter sans délai le territoire français, fixant le pays de renvoi et prononçant une interdiction de retour sur le territoire français.

2. Aux termes de l'article R. 776-18 du code de justice administrative, applicable en vertu des dispositions de l'article R. 776-13-2 de ce même code aux recours formés contre les obligations de quitter le territoire français décidées sur le fondement des 1°, 2° ou 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () Les décisions attaquées sont produites par l'administration ".

3. Si M. A soutient que, par un arrêté du 8 mars 2024, le préfet de la Seine-Saint-Denis l'a obligé à quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays à destination duquel il était susceptible d'être reconduit et l'a interdit de retour sur le territoire français, il s'abstient de produire l'arrêté qu'il conteste et n'apporte aucun commencement de preuve de nature à établir qu'une telle mesure aurait été prise à son encontre. Par ailleurs, si les dispositions combinées des articles R. 776-13-2 et R. 776-18 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur faisaient obligation à l'administration de produire les décisions attaquées, c'est à la condition qu'elles existent. Or, la préfecture de la Seine-Saint-Denis, dûment sollicitée par le greffe du tribunal, n'a pas produit l'arrêté dont M. A allègue l'existence. Par suite, la requête de M. A, dirigée contre un acte administratif matériellement inexistant, ne peut qu'être rejetée comme irrecevable pour ce motif, en toutes ses conclusions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A, à Me Namigohar et au préfet de la Seine-Saint-Denis.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 septembre 2024.

Le magistrat désigné,

M. Romnicianu

Le greffier,

Y. El Mamouni

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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