lundi 3 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2403379 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 7ème Chambre (J.U) |
| Avocat requérant | DELCHAMBRE MAXENCE |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 11 mars 2024, la magistrate désignée par le président du tribunal administratif de Montpellier a transmis, en application des dispositions de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, la requête de M. D A au tribunal administratif de Montreuil.
Par cette requête enregistrée le 4 mars 2024, M. A, représenté par Me Itsouhou-Mbadinga, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 1er mars 2024 par lequel le préfet de la Charente-Maritime l'a obligé à quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays à destination duquel il était susceptible d'être reconduit et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Charente-Maritime de lui délivrer un titre de séjour mention " vie privée et familiale " ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est entachée d'incompétence ;
- elle est entachée d'une erreur de droit ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
En ce qui concerne la décision portant fixation du pays de renvoi :
- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne la décision portant refus de délai de départ volontaire :
- elle méconnaît l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que son comportement ne constitue pas une menace pour l'ordre public ;
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 4 avril 2024, le préfet de la Charente-Maritime conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable car tardive ;
- les moyens sont infondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020,
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Charret, vice-président, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue aux articles L. 614-1 à L. 614-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 23 mai 2024 :
- le rapport de M. Charret,
- les observations de Me Itsouhou-Mbadinga représentant M. A, absent, qui fait valoir que la requête est recevable, dès lors que la décision attaquée a fait l'objet d'une notification irrégulière ; que le requérant dispose d'attaches sur le territoire français ; et qu'il remplit les conditions de délivrance de plein droit d'un titre de séjour,
- le préfet de la Charente-Maritime n'étant ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant haïtien, demande l'annulation de l'arrêté du 1er mars 2024 par lequel le préfet de la Charente-Maritime l'a obligé à quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans.
Sur la fin de non-recevoir :
2. D'une part, l'article R. 421-5 du code de justice administrative dispose : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ".
3. D'autre part, l'article R. 776-4 du code de justice administrative dispose : " Conformément aux dispositions de l'article L. 614-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le délai de recours contentieux contre les décisions mentionnées à l'article R. 776-1 en cas de placement en rétention administrative ou d'assignation à résidence en application des articles L. 731-1 ou L. 751-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est de quarante-huit heures. Ce délai court à compter de la notification de la décision par voie administrative ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 776-19 du même code : " Si, au moment de la notification d'une décision mentionnée à l'article R. 776-1, l'étranger est retenu par l'autorité administrative, sa requête peut valablement être déposée, dans le délai de recours contentieux, auprès de ladite autorité administrative ".
4. Le préfet de la Charente-Maritime oppose une fin de non-recevoir tirée de la tardiveté de la requête, introduite le 4 mars 2024 à 17h58 contre une décision notifiée le 2 mars 2024 à 7h40. Toutefois, il ressort des termes mêmes de l'arrêté attaqué que celui-ci ne comporte pas, dans la mention des voies de recours, d'indication relative à la possibilité pour l'étranger retenu de déposer sa requête auprès de l'autorité administrative. Dans ces conditions, la notification de l'arrêté du 1er mars 2024 est irrégulière et le délai de recours n'est pas opposable à l'intéressé. Par suite, la fin de non-recevoir doit être écartée.
Sur l'aide juridictionnelle à titre provisoire :
5. Le premier alinéa de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 dispose que " dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente () ". Aux termes de l'article 61 du décret susvisé du 28 décembre 2020 : " L'admission provisoire peut être accordée dans une situation d'urgence (). / L'admission provisoire est accordée par () le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle () sur laquelle il n'a pas encore été statué ".
6. Dans la présente affaire, eu égard à l'urgence, il y a lieu d'admettre M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
7. En premier lieu, par un arrêté du 11 septembre 2023, publié le même jour au recueil des actes administratifs, le préfet de la Charente-Maritime a donné délégation de signature à Mme C B, en sa qualité de sous-préfète, pour signer, dans le cadre des permanences qu'elle assure, les obligations de quitter le territoire français, décisions fixant le pays de destination et décisions portant interdiction de retour sur le territoire français. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué manque en fait et doit être écarté.
8. En deuxième lieu, si le requérant soutient qu'il remplit les conditions de délivrance de plein droit d'un titre de séjour mention " vie privée et familiale ", il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il ait présenté une demande à cette fin. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que le préfet de la Charente-Maritime aurait commis une erreur de droit est inopérant est ne peut être qu'écarté.
9. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
10. M. A soutient être entré en France en 2009, dans le cadre d'une procédure de regroupement familial, afin de rejoindre sa mère qui s'était vu reconnaître le statut de réfugiée. Il soutient également qu'il réside habituellement sur le territoire national depuis son arrivée, avec sa mère et ses cinq frères et sœurs. Toutefois, d'une part, s'il produit des certificats attestant de sa scolarisation au collège en 2013-2014 puis au lycée en 2016-2017, ces seuls éléments ne suffisent pas à établir le caractère habituel de sa présence sur le territoire national, alors qu'il a indiqué aux services de police être retourné dans son pays d'origine durant cette période. D'autre part, M. A, qui se contente de produire une convocation en préfecture en vue d'une demande d'admission exceptionnelle au séjour adressée à Mme E A, ne justifie pas avoir effectué depuis sa majorité de démarches en vue de la régularisation de sa situation administrative et ne fournit aucun élément relatif à une poursuite d'études ou à un emploi, qui serait de nature à établir son insertion dans la société française. Enfin, il ressort des pièces du dossier, notamment de la convocation qui lui a été adressée en vue d'une audience au tribunal correctionnel de La Rochelle le 8 juillet 2024, que le requérant fait l'objet de poursuites pour faits de violences volontaires aggravées sur conjoint et que son comportement constitue, de ce fait, une menace pour l'ordre public. Dans ces conditions, et alors au demeurant qu'il n'est pas dépourvu de tout lien familial dans son pays d'origine, puisque son père y réside, le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'obligation de quitter le territoire français en litige porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Pour les mêmes raisons, le préfet de la Charente-Maritime n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne la décision portant fixation du pays de renvoi :
11. Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales aux termes desquelles : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Pour l'application de ces dispositions, il y a lieu de déterminer si, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, il y a des motifs sérieux et avérés de croire que l'intéressé, s'il est renvoyé dans son pays, y courra un risque réel d'être soumis à un traitement contraire à l'article 3 précité. L'existence d'un tel risque peut découler aussi bien de caractéristiques personnelles de l'intéressé ou d'une situation qui lui est propre, que d'une situation générale de violence aveugle prévalant dans son pays de retour en raison d'un conflit armé interne ou international.
12. Par une décision n°23035187 du 5 décembre 2023, la grande formation de la Cour nationale du droit d'asile a jugé que le conflit armé interne se déroulant en Haïti était à l'origine d'une situation de violence aveugle présentant, à Port-au-Prince et dans les départements de l'Ouest et de l'Artibonite, une intensité exceptionnelle. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que le requérant est né à Port-au-Prince et que son père réside à Léogâne, dans le département de l'Ouest. Dans ces conditions, M. A est fondé à soutenir qu'il existe des motifs sérieux et avérés de croire qu'il serait exposé à un risque réel de subir des traitements contraires à l'article 3 précité en cas de retour dans son pays d'origine. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être accueilli.
En ce qui concerne la décision portant refus de délai de départ volontaire :
13. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; / 2° L'étranger s'est vu refuser la délivrance ou le renouvellement de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour au motif que sa demande était manifestement infondée ou frauduleuse ; / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". L'article L. 612-3 du même code dispose : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / () 2° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français au-delà de la durée de validité de son visa ou, s'il n'est pas soumis à l'obligation du visa, à l'expiration d'un délai de trois mois à compter de son entrée en France, sans avoir sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; / () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité () ".
14. Ainsi qu'il a été dit au point 10, il ressort des pièces du dossier que le comportement de M. A, qui fait l'objet de poursuites pour des faits de violences volontaires aggravées sur conjoint dans le cadre desquelles il est renvoyé devant le tribunal correctionnel, constitue une menace pour l'ordre public. En outre, le requérant, qui déclare être entré en France en 2009, alors qu'il était mineur, n'a pas sollicité de titre de séjour à sa majorité, s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire français et est dépourvu de documents d'identité et de voyage. Le risque de fuite doit ainsi être regardé comme établi. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le préfet de la Charente-Maritime a méconnu l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en refusant de lui accorder un délai de départ volontaire. Par suite, le moyen doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
15. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11 ".
16. Il résulte de ces dispositions le préfet doit prononcer une interdiction de retour sur le territoire français à l'encontre d'un étranger auquel est notifiée une obligation de quitter le territoire français sans délai, à moins que celui-ci ne fasse état de circonstances humanitaires avérées. Seule la durée de cette interdiction de retour doit être appréciée au regard des critères énumérés à l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, à savoir la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, la nature et l'ancienneté de ses liens avec la France, l'existence ou non d'une précédente mesure d'éloignement et, le cas échéant, la menace pour l'ordre public que constitue sa présence sur le territoire. La décision doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Si cette motivation doit attester de la prise en compte par l'autorité compétente, au vu de la situation de l'intéressé, de l'ensemble des critères prévus par la loi, aucune règle n'impose que le principe et la durée de l'interdiction de retour fassent l'objet de motivations distinctes, ni que soit indiquée l'importance accordée à chaque critère.
17. En premier lieu, il ressort des termes mêmes de la décision attaquée que le préfet de la Charente-Maritime a, pour fixer la durée de l'interdiction de retour qu'il a édictée, tenu compte des quatre critères prévus par la loi, à savoir la durée indéterminée de sa présence sur le territoire français, l'absence de liens anciens et établis avec le territoire français hormis la présence de sa mère, la circonstance que son comportement présente une menace pour l'ordre public et de l'absence de mesure antérieure d'éloignement. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision serait insuffisamment motivée et le moyen doit être écarté.
18. En second lieu, M. A s'étant vu refuser un délai de départ volontaire, il appartenait au préfet de la Charente-Maritime de prononcer une interdiction de retour sur le territoire français à son encontre. Si le requérant soutient que des circonstances humanitaires faisaient obstacle au prononcé d'une telle mesure, il n'invoque à l'appui de cette allégation que des considérations tenant à l'ancienneté et à l'importance de ses liens avec la France, qui ne peuvent être prises en compte que pour apprécier la durée de l'interdiction de retour sur le territoire. A ce titre, ainsi qu'il a été dit aux points 10 et 13, le comportement du requérant, qui ne justifie pas de la durée de sa présence sur le territoire français, ni de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, constitue une menace pour l'ordre public. Dans ces conditions, et alors même qu'il n'aurait pas fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement, M. A n'est pas fondé à soutenir que le préfet de la Charente-Maritime a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation ou que celle-ci présenterait un caractère disproportionné au regard de sa situation personnelle en édictant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans. Par suite, le moyen doit être écarté.
19. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 1er mars 2024 qu'en tant qu'il fixe Haïti comme pays de renvoi.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
20. Eu égard au motif d'annulation retenu, l'exécution du présent jugement n'implique pas par elle-même la délivrance d'un titre de séjour. Les conclusions à fin d'injonction doivent par suite être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
21. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante pour l'essentiel dans la présente instance, la somme que demande M. A au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : M. A est admis à l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : L'arrêté du 1er mars 2024 est annulé en tant qu'il fixe Haïti comme pays de renvoi.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. D A et au préfet de la Charente-Maritime.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 juin 2024.
Le magistrat désigné,
J. Charret La greffière,
T. Chonville
La République mande et ordonne au préfet de la Charente-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2403379
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026