lundi 24 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2403382 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 8ème chambre (J.U) |
| Avocat requérant | TOMASI |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 5 mars 2024, le président du tribunal administratif de Paris a transmis, en application des dispositions de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, au tribunal administratif de Montreuil le dossier de la requête de Mme F A.
Par cette requête et un mémoire, enregistrés le 20 décembre 2023 et le 5 juin 2024, Mme A, représentée par Me Larbi, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 28 novembre 2023 par lequel le préfet de police l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours, a fixé le pays à destination duquel elle serait éloignée et lui a fait interdiction de retourner sur le territoire français pendant 12 mois ;
3°) d'enjoindre au préfet de réexaminer sa situation dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de lui délivrer, durant ce réexamen, une autorisation provisoire de séjour ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la compétence du signataire de l'arrêté n'est pas établie ;
- cet arrêté n'est pas motivé ;
- le principe général du droit d'être entendu a été méconnu ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- il méconnaît les dispositions de l'article L. 542-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 25 mars 2024, le préfet de police, représenté par Me Tomasi, conclut au rejet de la requête au motif que les moyens ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. C comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers et des décisions relatives à la rétention des étrangers visées aux chapitres VI, VII, VII bis, VII ter, VII quater du titre VII du livre VII de la partie réglementaire du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 10 juin 2024, après avoir présenté son rapport et informé, en application de l'article L. 611-7 du code de justice administrative, les parties que le tribunal était susceptible de relever d'office le moyen d'ordre public tiré de l'irrecevabilité des conclusions tendant à l'annulation de l'interdiction de retour sur le territoire français qui sont dirigées contre une décision inexistante, le magistrat a entendu :
- les observations de Me Larbi, représentant Mme A, qui conclut aux mêmes fins que la requête et le mémoire, par les mêmes moyens, et qui ajoute renoncer aux conclusions à fin d'annulation de l'interdiction de retour sur le territoire français,
- et les observations de Mme A assistée de Mme E, interprète en bengali, qui indique qu'elle est mariée depuis 11 ans avec un compatriote, que son mari est entré en France en 2013 et qu'elle l'a rejoint en 2022, accompagnée de son fils mineur.
Le préfet de police n'était ni présent ni représenté.
En application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative, la clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Connaissance prise de la note en délibéré présentée pour Mme A et enregistrée le 10 juin 2024.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante bangladaise née le 31 décembre 1989, demande l'annulation de l'arrêté du 28 novembre 2023 par lequel le préfet de police l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a fixé son pays de destination.
Sur l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête, il y a lieu d'admettre, à titre provisoire, Mme A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur le surplus :
3. L'arrêté attaqué a été signé par M. D B, chef du bureau de l'accueil de la demande d'asile au sein de la préfecture de police, qui disposait, en vertu de l'arrêté du 23 janvier 2023 du préfet de police publié le même jour au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture, d'une délégation à l'effet de signer les décisions litigieuses. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué manque en fait.
4. L'arrêté attaqué énonce, pour chacune des décisions contestées, les considérations de fait et de droit sur lesquelles il se fonde. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de l'obligation de quitter sans délai le territoire français, de la décision fixant le pays de renvoi et de l'interdiction de retour sur le territoire français doit être écarté.
5. Mme A a présenté une demande d'asile en France. Elle ne pouvait dès lors ignorer qu'en cas de rejet de sa demande, elle était susceptible de faire l'objet, ainsi que le rappelle l'article L. 542-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, d'une mesure d'éloignement à destination de son pays d'origine. Il ne ressort pas des pièces du dossier que la requérante n'aurait pas été mise en mesure de présenter à l'administration avant le 28 novembre 2023, date de l'arrêté contesté, les éléments pertinents de nature à exercer une incidence sur le sens de l'arrêté litigieux. En tout état de cause, Mme A ne se prévaut pas dans la présente instance d'informations pertinentes qu'elle aurait été empêchée de porter à la connaissance de l'administration avant que ne soit pris ledit arrêté et qui, si elles avaient pu être communiquées à temps, auraient été de nature à faire obstacle à son édiction. Le moyen tiré de la violation du droit d'être entendu doit dès lors être écarté.
6. Mme A déclare être entrée en France en 2022 avec son fils mineur né le 9 septembre 2012, pour y rejoindre son époux qui y vit depuis 2013. Il ne ressort pas des pièces du dossier que le mari de la requérante, dont le titre de séjour expirait le 9 novembre 2020, résiderait de manière régulière sur le territoire français. Mme A ne justifie enfin d'aucune insertion socioprofessionnelle. Dans ces conditions, compte tenu notamment de la brièveté du séjour de l'intéressée en France, le préfet de police n'a pas méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en l'obligeant à quitter le territoire français. Il n'a pas davantage commis d'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences qu'emporte cette mesure sur la situation personnelle de la requérante.
7. Il ressort des pièces du dossier, notamment du relevé des informations de la base de données TelemOfpra qui, conformément aux dispositions de l'article R. 532-57 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, fait foi jusqu'à ce que la preuve contraire en soit rapportée, que l'ordonnance du 16 août 2023 de la Cour nationale du droit d'asile rejetant la demande d'asile de Mme A a été notifiée le 29 août 2023 à l'intéressée. Dès lors, à la date d'édiction de l'arrêté litigieux, soit le 28 novembre 2023, le droit au maintien de la requérante sur le territoire avait pris fin conformément à l'article L. 542-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de la violation de l'article L. 542-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
8. Mme A soutient qu'elle est accusée dans une affaire de meurtre commis le 27 juin 2022, qu'un mandat d'arrêt a été décerné à son encontre par les autorités judiciaires bangladaises, qu'elle est actuellement recherchée par la police et que sa maison familiale a été attaqué par des malfaiteurs de la Ligue Awami. Elle produit, à l'appui de ses allégations peu précises et peu circonstanciées, un acte de non conciliation établi le 13 février 2024 par un avocat bangladais qui, s'il fait effectivement mention d'un mandat d'arrêt émis à son encontre à la suite du décès d'une personne dénommée " Abdult Bachit ", conseille à l'intéressée de " rester en France, pays offrant l'asile pour les droits de l'homme ". Toutefois, ce seul document, dont la provenance n'est pas établie, ne peut suffire à tenir pour avérés les risques de persécution, notamment de la part des membres de la Ligue Awami, auxquels la requérante prétend être personnellement exposée en cas de retour dans son pays d'origine, alors au demeurant que sa demande d'asile a été définitivement rejetée par la Cour nationale du droit d'asile. Dès lors, en l'absence d'éléments probants de nature à établir que la requérante serait susceptible d'être exposée au Bangladesh à des risques personnels de traitements inhumains ou dégradants, le préfet de police n'a pas, en fixant le pays de renvoi, méconnu l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
9. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de Mme A tendant à l'annulation de l'arrêté du 28 novembre 2023 du préfet de police doivent être rejetées, de même que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte et celles relatives aux frais d'instance.
D E C I D E :
Article 1er : Mme A est admise, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme F A, à Me Larbi et au préfet de police.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 juin 2024.
Le magistrat désigné,
S. C
La greffière,
S. Jarrin
La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026