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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2403394

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2403394

mercredi 27 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2403394
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationPôle Urgences (J.U)
Avocat requérantLE GOFF

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance n° 2401376 du 11 mars 2024, enregistrée le même jour, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Montpellier a transmis au tribunal la requête, enregistrée le 7 mars 2024, présentée par M. B C.

Par cette requête, et un mémoire complémentaire enregistré le 15 mars 2024, M. C, représenté par Me Le Goff, doit être regardé comme demandant au président du tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler les décisions du 6 mars 2024 par lesquelles le préfet des Pyrénées-Orientales l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans ;

3°) d'enjoindre à l'autorité administrative compétente de faire procéder à l'effacement de son signalement dans le système d'information Schengen ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros, à verser à son conseil, en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me le Goff renonce à percevoir la part contributive de l'Etat versée au titre de l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

- en ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

- elle est entachée d'incompétence ;

- elle n'est pas suffisamment motivée et est entachée d'un défaut d'examen sérieux et particulier de sa situation ;

- elle a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration et du principe général du droit de l'Union européenne garantissant le doit d'être entendu ;

- elle est entachée d'erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 621-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que son comportement n'est pas constitutif d'une menace à l'ordre public ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

- en ce qui concerne la décision portant refus de départ volontaire :

- elle est entachée d'incompétence ;

- elle n'est pas suffisamment motivée et est entachée d'un défaut d'examen sérieux et particulier de sa situation ;

- elle est privée de base légale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

- en ce qui concerne la décision d'interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est entachée d'incompétence ;

- elle n'est pas suffisamment motivée et est entachée d'un défaut d'examen sérieux et particulier de sa situation ;

- elle est entachée d'erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

- en ce qui concerne la décision fixant le pays d'éloignement :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est privée de base légale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 17 mars 2024, le préfet des Pyrénées-Orientales conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens invoqués par M. C ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Terme pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Terme,

- les observations de Me le Goff, représentant C, non présent, qui soutient en outre que dès lors que la demande de réadmission versée au dossier par le préfet ne le concerne pas, la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être regardée comme insuffisamment motivée et entachée d'un défaut d'examen.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 6 mars 2024, le préfet des Pyrénées-Orientales a obligé M. C, ressortissant marocain né le 15 août 2001 à Oujda (Maroc), à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement, a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans et a ordonné son placement en rétention administrative pendant une durée de 48 heures. Par une ordonnance du 8 mars 2024, le juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Perpignan a rejeté la demande du préfet de prolongation de cette rétention et a assigné M. C à résidence à Bagnolet. M. C demande l'annulation des décisions du préfet portant obligation de quitter le territoire français, refus de délai de départ volontaire, fixant de pays destination et lui interdisant de revenir sur le territoire français.

Sur les conclusions tendant à l'admission à l'aide juridictionnelle à titre provisoire :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".

3. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application de ces dispositions, l'admission provisoire de M. C au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne le moyen commun :

4. Par un arrêté du 22 février 2024, publié au recueil des actes administratifs du même jour, le préfet des Pyrénées-Orientales a donné délégation à la signataire de l'arrêté attaqué pour signer les décisions contestées. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit donc être écarté.

En ce qui concerne les moyens dirigés contre la décision portant obligation de quitter le territoire français :

5. La décision comporte l'énoncé des circonstances de droit et de fait qui en constituent le fondement. Elle est, par suite, suffisamment motivée.

6. Il ne ressort ni des mentions de la décision attaquée ni des autres pièces du dossier que le préfet n'aurait pas procédé à un examen particulier des circonstances de l'espèce préalablement à l'édiction de sa décision. A cet égard, la circonstance que le formulaire de demande de réadmission versé au dossier comporte un nom différent de celui du requérant n'est de nature ni à faire regarder les mentions de l'arrêté comme inexactes sur ce point, dès lors que ce dernier se borne à indiquer que le requérant a été remis au service de la police aux frontière par les autorités espagnoles en application des accords binationaux franco-espagnols de réadmission immédiate signés à Malaga, ni à caractériser un tel défaut d'examen. Le moyen doit, par suite, être écarté.

7. Il résulte des dispositions du livre VI du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le législateur a entendu déterminer l'ensemble des règles de procédure administrative et contentieuse auxquelles sont soumises l'intervention et l'exécution de la décision par laquelle l'autorité administrative signifie à un étranger l'obligation dans laquelle il se trouve de quitter le territoire français. Ainsi, les articles L. 121-1 et suivants du code des relations entre le public et l'administration ne peuvent être utilement invoqués à l'encontre d'une décision portant obligation de quitter le territoire français et le moyen tiré du non-respect du principe du contradictoire posé par l'article L. 121-1 de ce code ne peut qu'être écarté comme inopérant.

8. Il ressort des pièces du dossier que M. C a été entendu sur sa situation personnelle lors de son audition par les services de police le 5 mars 2024, et a été informé à cette occasion qu'il était susceptible de faire l'objet d'une mesure d'éloignement. M. C ne soutient pas qu'il aurait été empêché de faire valoir à cette occasion aucun élément susceptible d'influer sur le sens de la décision, et n'en invoque d'ailleurs aucun dans le cadre de l'instance. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du droit d'être entendu garanti par les principes généraux du droit de l'Union européenne doit être écarté.

9. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; / () 5° Le comportement de l'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois constitue une menace pour l'ordre public () ".

10. Il ressort des mentions mêmes de l'arrêté attaqué que l'obligation de quitter le territoire français faite à M. C a été prise sur le fondement des dispositions du 1° de l'article L. 611-1 précité. Par suite, le moyen tiré de ce que le préfet aurait entaché sa décision d'erreur d'appréciation au regard des dispositions du 5° de cet article doit être écarté comme inopérant.

11. Les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de ce que la décision serait entachée d'erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ne sont pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé, et ne peuvent, par suite qu'être écartés.

En ce qui concerne les moyens dirigés contre la décision portant refus de délai de départ volontaire :

12. Il résulte de ce qui a été dit précédemment concernant la décision portant obligation de quitter le territoire français que le moyen tiré de ce que la décision refusant à M. C un délai de départ volontaire serait privée de base légale en raison de l'illégalité de celle-ci doit être écarté.

13. La décision comporte l'énoncé des circonstances de droit et de fait qui en constituent le fondement, et est, par suite, suffisamment motivée.

14. Il ne ressort ni des mentions de la décision attaquée ni des autres pièces du dossier que le préfet n'aurait pas procédé à un examen particulier des circonstances de l'espèce préalablement à l'édiction de sa décision portant refus de délai de départ volontaire.

15. Aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. ". L'article L. 612-2 du même code dispose que : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; / 2° L'étranger s'est vu refuser la délivrance ou le renouvellement de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour au motif que sa demande était manifestement infondée ou frauduleuse ; / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Enfin, l'article L. 612-3 du même code prévoit que : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; / () 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; / () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5 ".

16. Si M. C, soutient que les faits de vol aggravé par deux circonstances sans violence mentionnés dans le fichier automatisé de traitement des antécédents judiciaires n'ont donné lieu ni à poursuites ni à condamnation, il ne conteste pas leur matérialité, et le préfet pouvait légalement se fonder sur ces seules mentions pour caractériser un comportement constitutif d'une menace à l'ordre public.

17. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que M. C est entré irrégulièrement en France. Il a explicitement déclaré lors de son audition le 5 mars 2024 qu'il souhaitait rester en France en dépit d'une éventuelle mesure d'éloignement. Enfin, il n'a pas justifié d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale. A cet égard, si M. C soutient qu'il est hébergé chez son oncle et produit une attestation d'hébergement émanant de ce dernier, il n'a cependant contesté, ni dans ses écritures ni lors de l'audience, qu'il n'a pas respecté l'assignation à résidence prononcée par le juge des libertés et de la détention qui lui imposait précisément de résider chez cet oncle.

18. M. C entrait donc dans les prévisions du 1° de l'article L. 612-2 et des 1°, 4° et 8° de l'article L. 612-3 précités. Par suite, le moyen tiré de ce que le préfet aurait entaché sa décision d'erreur d'appréciation au regard de ces dispositions doit être écarté.

En ce qui concerne les moyens dirigés contre la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

19. L'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour () ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français () ".

20. L'autorité compétente qui prend une décision d'interdiction de retour doit indiquer dans quel cas susceptible de justifier une telle mesure se trouve l'étranger. Elle doit par ailleurs faire état des éléments de la situation de l'intéressé au vu desquels elle a arrêté, dans son principe et dans sa durée, sa décision, eu égard notamment à la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, à la nature et à l'ancienneté de ses liens avec la France et, le cas échéant, aux précédentes mesures d'éloignement dont il a fait l'objet. Elle doit aussi, si elle estime que figure au nombre des motifs qui justifie sa décision une menace pour l'ordre public, indiquer les raisons pour lesquelles la présence de l'intéressé sur le territoire français doit, selon elle, être regardée comme une telle menace. En revanche, si, après prise en compte de ce critère, elle ne retient pas cette circonstance au nombre des motifs de sa décision, elle n'est pas tenue, à peine d'irrégularité, de le préciser expressément.

21. La décision attaquée fait référence aux dispositions de l'article L. 612-6 précitées, et mentionne notamment que M. C a été interpellé par les services de la police aux frontières lors d'un trajet entre Paris et Barcelone, qu'il a déclaré à cette occasion résider en France depuis 2023 où il vivrait chez son oncle, dont il ne connaissait cependant pas l'adresse, qu'il est célibataire et sans charge de famille, et enfin que son comportement constitue une menace pour l'ordre public dès lors qu'il est connu au fichier automatisé de traitement des empreintes digitales pour des faits de vol aggravé par deux circonstances sans violence. Elle est, par suite, suffisamment motivée.

22. Il ne ressort ni des mentions de la décision attaquée ni des autres pièces du dossier que le préfet n'aurait pas procédé à un examen particulier des circonstances de l'espèce préalablement à l'édiction de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français.

23. Même à supposer exactes les déclarations de M. C, qui ne sont pas étayées, ce dernier résidait en France depuis une très brève durée à la date de la décision attaquée. En outre, M. C ne verse au dossier aucun élément probant, compte tenu de ce qui a été dit au point 17, quant aux liens qu'il entretiendrait avec son oncle, ou plus généralement avec tout autre membre de sa famille en France. M. C ne soutient pas être dépourvu d'attaches familiales au Maroc. Enfin, ainsi qu'il a été dit, M. C ne conteste pas les faits mentionnés au fichier automatisé de traitement des empreintes digitales. Au regard de l'ensemble de ces éléments, le préfet n'a pas entaché sa décision d'erreur d'appréciation en fixant à deux ans la durée d'interdiction de retour sur le territoire français faite à M. C.

En ce qui concerne les moyens dirigés contre la décision fixant le pays de renvoi :

24. La décision comporte l'énoncé des circonstances de droit et de fait qui en constituent le fondement et est, par suite, suffisamment motivée.

25. Il résulte de ce qui a été dit précédemment concernant la décision portant obligation de quitter le territoire français que le moyen tiré de ce que la décision fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement serait privée de base légale en raison de l'illégalité de celle-ci doit être écarté.

26. Le moyen tiré de ce que la décision serait entachée d'erreur manifeste d'appréciation n'est pas assorti des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé et ne peut, dès lors, qu'être écarté.

27. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à soutenir que les décisions du 6 mars 2024 par lesquelles le préfet des Pyrénées-Orientales l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans sont entachées d'illégalité. Ses conclusions à fin d'annulation doivent, par suite, être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : M. C est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : La présente décision sera notifiée à M. B C, à Me Le Goff et au préfet des Pyrénées-Orientales.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 mars 2024.

Le magistrat désigné,

D. Terme Le greffier,

M. A

La République mande et ordonne au le Préfet des Pyrénées-Orientales en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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