vendredi 19 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2403858 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | ARROM |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 mars 2024, Mme D B, représentée par Me Arrom, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) de suspendre l'exécution de la décision du 29 février 2024 par laquelle l'Office français de l'immigration (OFII) et de l'intégration a refusé de rétablir le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;
3°) d'enjoindre au l'Office français de l'immigration et de l'intégration de réexaminer sa situation et celle de ses enfants dans un délai de trois jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) en cas d'admission définitive à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'État une somme de 1 200 euros à verser à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ; en cas de refus de l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'État une somme de 1 200 euros à verser à son profit en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient :
Sur l'urgence, que cette condition est remplie dès lors qu'elle est dans une situation précaire, sa famille étant extrêmement vulnérable et ne bénéficiant d'aucune ressource alors qu'elle a trois enfants mineurs à sa charge et est enceinte.
Sur le doute sérieux, que la décision attaquée est entachée :
- d'un défaut de motivation ;
-
- d'un défaut d'examen de sa situation dès lors que la décision ne permet pas de s'assurer qu'un nouvel examen de vulnérabilité a été fait et ne mentionne pas sa situation d'extrême vulnérabilité et celle de ses enfants, alors que de nouveaux critères de vulnérabilité sont apparus postérieurement au premier entretien ;
- de la méconnaissance de l'article L. 552-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en raison de l'apparition des deux nouveaux critères de vulnérabilité suite au diagnostic d'un état de stress post traumatique sévère chez l'enfant A E et chez la requérante, l'état de grossesse de la requérante et la matérialité des violences sexuelles, psychologiques et physiques subies par la requérant et son fils E A devant la Cour nationale du droit d'asile ;
- d'une erreur de fait et d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'elle a quitté le centre d'hébergement après la notification de l'arrêté de transfert vers l'Espagne car elle était enceinte, son médecin lui avait indiqué que sa grossesse était à risque et qu'elle nécessitait du repos d'une part, et d'autre part qu'elle s'est présentée aux autorités le 22 mars 2023, et tout au long de la procédure de demande d'asile présentée au nom de son fils ; enfin la décision ne mentionne pas la situation d'extrême vulnérabilité de la requérante et de ses enfants.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 avril 2024, l'Office français de l'immigration et de de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie dès lors que la requérante s'est placée elle-même dans la situation d'urgence qu'elle invoque en ne se présentant pas à la convocation du 23 octobre 2022 dans le cadre de la procédure Dublin, et qu'elle est restée dans une situation irrégulière jusqu'à la requalification de sa demande d'asile en procédure normale le 25 janvier 2024, sans demander le renouvellement de son attestation de demande d'asile expirée depuis le 11 novembre 2022 ; que la requérante n'établit pas la situation d'extrême précarité qu'elle invoque en ne justifiant pas de l'aggravation de ses conditions de vie depuis la notification de la décision attaquée, alors qu'elle ne perçoit plus l'allocation pour demandeur d'asile depuis le mois d'octobre 2022, qu'elle a donné naissance à son troisième enfant en décembre 2022 et n'a sollicité le rétablissement des conditions d'accueil que depuis le 25 janvier 2024 ; qu'elle est actuellement hébergée par un hôtel social depuis le 17 novembre 2022, bénéficie de l'accompagnement du 115, de la SPADA et qu'elle peut solliciter des structures locales le cas échéant, que la demande d'asile du père de ses enfants a été rejetée pour " absence de craintes " par décision de l'OFPRA du 13 avril 2023 ; qu'enfin, si Mme B déclare être enceinte, elle ne justifie pas d'un besoin particulier d'adaptation, n'a pas justifié des conditions de vie de la famille et n'a fait état d'aucune vulnérabilité particulière lors de l'entretien du 25 janvier 2024, elle pourra accéder aux soins grâce au dispositif PASS.
-aucun des moyens invoqués n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée ; la décision est suffisamment motivée, elle n'est pas entachée d'un vice de procédure dès lors que la situation de la requérante a fait l'objet d'une évaluation lors d'un entretien le 14 juin 2022, puis le 25 janvier 2024 et qu'il n'est pas établi que des éléments aient été transmis à l'OFII faisant apparaitre la nécessité d'une prise en charge particulière à la date de la décision attaquée ; l'erreur de fait invoquée manque en fait dès lors que Mme B n'a pas respecté ses obligations en s'étant soustraite volontairement à l'administration lors de la mise en œuvre de la procédure de transfert et les moyens tirés d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 21 mars 2024 sous le numéro 2403823 par laquelle Mme B demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Montreuil a désigné Mme Cayla, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique du 3 avril 2024, tenue en présence de Mme Amzal, greffière d'audience :
- le rapport de Mme Cayla, juge des référés ;
- les observations de Me Arrom, représentant Mme B, qui reprend ses conclusions et ses moyens et fait en outre valoir qu'elle est dans une extrême précarité, de disposant d'aucune ressource avec trois enfants à charge et étant enceinte, qu'elle présente ainsi que son fils E une vulnérabilité psychologique, que son fils a subi des sévices reconnus par les autorités en charge de l'asile. Elle a dû quitter son hébergement enceinte alors que le père de ses enfants présent sur le territoire était sur le point d'être placé en rétention, qu'il ressort de la fiche de vulnérabilité du 25 janvier 2024, un examen de vulnérabilité insuffisant sur la forme et sur le fond. Elle s'est présentée aux autorités pour effectuer une demande d'asile en mars 2023 pour son fils C. Aucune prise en charge psychologique n'a été proposée lorsqu'elle a quitté le centre d'hébergement. L'obligation de quitter le territoire prise à l'encontre du père des enfants a été annulée. Le défaut de ressources est établi par l'avis d'imposition. L'hébergement par le 115 et leur accompagnement par des associations, ne justifient pas de ne pas rétablir les conditions matérielles. Le père des enfants n'a pas d'autorisation de travail et elle ne peut pas travailler, ne disposant que d'une attestation, de dépôt de titre de séjour. Les enfants sont très vulnérables et dans le besoin, l'ainé est harcelé à l'école.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Une note en délibéré, présentée par l'OFII, a été enregistrée le 9 avril 2024 qui n'a pas été communiquée.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante ivoirienne, née le 1er janvier 1993, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision du 29 février 2024 par laquelle le directeur général de l'OFII a refusé de rétablir le bénéfice des conditions matérielles d'accueil.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Le premier alinéa de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 dispose que " dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente () ". Il y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de prononcer l'admission provisoire de Mme B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".
En ce qui concerne la condition d'urgence :
4. La condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision administrative contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou, le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
5. Il résulte de l'instruction que Mme B a présenté une demande d'asile le 14 juin 2022 enregistrée en procédure " Dublin " et a accepté le même jour les conditions matérielles d'accueil proposées par l'OFII ainsi que son orientation vers une structure d'hébergement en région avec ses deux enfants nés en 2015 et 2018. Elle a été déclarée en fuite le 24 octobre 2022 au motif qu'elle ne s'est pas présentée à la convocation du 23 octobre 2022 et qu'elle a quitté le centre d'hébergement avec ses enfants. Après lui avoir notifié le 25 octobre 2022, l'intention de mettre fin aux conditions matérielles d'accueil, l'OFII a suspendu le bénéfice des conditions matérielles d'accueil par une décision du 16 novembre 2022 au motif qu'elle n'avait pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile auxquelles elle ne s'est pas présentée. La demande d'asile de Mme B ayant été requalifiée en procédure normale le 25 janvier 2024, elle a sollicité le rétablissement des conditions matérielles d'accueil qui lui a été refusé aux motifs qu'elle s'était abstenue de se présenter aux autorités et avait abandonné son lieu d'hébergement depuis le 24 octobre 2022.
6. Pour justifier de la condition d'urgence à suspendre l'exécution de cette dernière décision, Mme B soutient qu'elle est dans une situation précaire, sa famille étant extrêmement vulnérable et ne bénéficiant d'aucune ressource alors qu'elle a trois enfants mineurs à sa charge et est enceinte. Il résulte de l'instruction que Mme B est hébergée dans un hôtel social dans l'Essonne depuis le mois de novembre 2022 avec son concubin, en situation irrégulière, et leurs trois enfants, qu'elle est enceinte d'un quatrième enfant, et demeure avec sa famille dans une situation de grande précarité n'étant, ainsi que son concubin autorisé provisoirement à séjourner
en France, pas autorisée à travailler et par suite dépourvue de toutes ressources, avec trois jeunes enfants à charge. Il résulte également de l'instruction, qu'elle a en outre, comme l'un de ses enfants, fait l'objet d'un diagnostic de symptômes compatibles avec un état de stress post traumatique sévère consécutif à des traumatismes graves précédant leur entrée en France nécessitant pour l'enfant un suivi psychologique en mars 2023 et que son troisième enfant a été admis au bénéfice de la protection subsidiaire en raison des craintes auxquelles il est exposé en cas de retour dans son pays d'origine, compte tenu des mauvais traitements subis par son frère avant qu'il ne quitte la Côte d'Ivoire avec sa mère. Enfin, la demande d'asile de Mme B a été requalifiée en procédure normale le 25 janvier 2024. Dans ces conditions, alors même d'une part, que la famille bénéficierait de l'accompagnement du 115 et de la SPADA et pourrait solliciter l'aide de structures locales et que Mme B peut accéder à des soins médicaux grâce au dispositif PASS, et d'autre part, que les conditions matérielles d'accueil lui ont été supprimées au motif qu'elle ne s'était pas présentée à la convocation du 23 octobre 2022 dans le cadre de la procédure Dublin, et qu'elle est restée dans une situation irrégulière jusqu'à la requalification de sa demande d'asile en procédure normale le 25 janvier 2024 sans demander le renouvellement de son attestation de demande d'asile expirée depuis le 11 novembre 2022, Mme B doit être regardée comme justifiant de la condition d'urgence à suspendre l'exécution de la décision contestée lui refusant le rétablissement des conditions d'accueil, suite à la requalification de sa demande d'asile en procédure normale le 24 janvier 2024 compte tenu de sa situation personnelle et familiale actuelle d'une grande précarité.
En ce qui concerne les moyens de nature à créer un doute sérieux :
7. Aux termes de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " Lorsque la décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil a été prise en application des 1°, 2° ou 3° du présent article et que les raisons ayant conduit à cette décision ont cessé, le demandeur peut solliciter de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le rétablissement des conditions matérielles d'accueil. L'office statue sur la demande en prenant notamment en compte la vulnérabilité du demandeur ainsi que, le cas échéant, les raisons pour lesquelles il n'a pas respecté les obligations auxquelles il avait consenti au moment de l'acception initiale des conditions matérielles d'accueil. ".
8. En l'état de l'instruction, compte tenu d'une part de la situation personnelle et familiale de Mme B à la date de la décision contestée, et notamment de son état de santé y compris psychologique et de celui de son enfant né en 2018, de la requalification de sa demande d'asile en procédure normale le 24 janvier 2024 et de l'admission au bénéfice de la protection subsidiaire de son fils né en 2022 par une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 29 septembre 2023, et d'autre part, des raisons pour lesquelles elle ne s'est pas présentée à la convocation notifiée dans le cadre de la procédure Dublin et a quitté l'hébergement en région dans lequel elle avait été orientée avec ses deux enfants alors qu'elle était enceinte en octobre 2022 dont le terme était prévu au 22 décembre 2022 pour rejoindre le père de ses enfants en situation irrégulière région parisienne, les moyens tirés d'un vice de procédure en raison d'un défaut d'examen de son état de vulnérabilité au cours de l'instruction de sa demande de rétablissement des conditions matérielles d'accueil et d'une inexacte appréciation de sa situation dans l'application de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, sont propres, dans les circonstances particulières de l'espèce, à faire naître un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
9. Les deux conditions auxquelles l'article L. 521-1 du code de justice administrative subordonne la suspension de l'exécution d'une décision administrative étant satisfaites, il y a lieu de suspendre l'exécution de la décision contestée prise le 29 février 2024 par le directeur de l'unité territoriale de l'OFII.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
10.La présente ordonnance implique d'enjoindre au directeur général de l'OFII de réexaminer la demande de rétablissement des conditions matérielles d'accueil au bénéfice de Mme B dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance. Il n'y a pas lieu, à ce stade, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais d'instance :
11.Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire. Par suite, son avocat, Me Arrom, peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le versement à Me Arrom de la somme de 1 000 euros en application de ces dispositions, sous réserve que le bureau d'aide juridictionnelle attribue effectivement l'aide juridictionnelle à Mme B et que Me Arrom renonce à percevoir la part contributive de l'Etat. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à Mme B par le bureau d'aide juridictionnelle, l'Office français de l'immigration et de l'intégration versera directement à Mme B cette somme de 1 000 euros.
O R D O N N E :
Article 1er : Mme B est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : L'exécution de la décision du 29 février 2024 par laquelle le directeur de l'unité territoriale de l'OFII a refusé de rétablir les conditions matérielles d'accueil au profit de Mme B est suspendue jusqu'à ce qu'il ait été statué sur la requête au fond.
Article 3 : Il est enjoint au directeur général de l'OFII de réexaminer la demande de rétablissement des conditions matérielles d'accueil de Mme B dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 4 : L'Office français de l'immigration et de l'intégration versera une somme de 1 000 euros à Me Arrom en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve de l'admission définitive de Mme B au bénéfice de l'aide juridictionnelle et de la renonciation de Me Arrom à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle. Dans le cas où cette dernière ne serait pas accordée à Mme B par le bureau d'aide juridictionnelle, cette somme de 1 000 euros sera versée par l'Office français de l'immigration et de l'intégration directement à Mme B.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 6 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme D B et à l'Office français de l'immigration et de de l'intégration.
Fait à Montreuil, le 18 avril 2024.
La juge des référés,
F. Cayla
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
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01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
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01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
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01/06/2026