mercredi 24 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2404109 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | PIEROT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 27 mars 2024, M. B A, représenté par
Me Pierot, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de la décision implicite par laquelle le préfet de la
Seine-Saint-Denis a rejeté sa demande de titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de huit jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient :
Sur l'urgence, que cette condition est remplie dès lors que l'absence de titre de séjour l'expose au risque d'un placement en rétention et l'empêche de travailler ; qu'il justifie d'une offre d'emploi formalisée le 25 mars 2024 pour un poste d'équipier dans le cadre des jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024 conditionné par la délivrance d'un titre de séjour l'autorisant à travailler et que l'absence de régularisation de son séjour fait obstacle à une demande de logement correspondant aux besoins de la famille ainsi qu'à la demande de naturalisation de sa compagne avec laquelle il vit depuis 2013 et a trois enfants en bas âge ;
Sur le doute sérieux, que la décision attaquée est entachée :
- d'un défaut de motivation ;
- d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;
- de la méconnaissance de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 avril 2024, le Préfet de la Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie dès lors que le requérant a attendu un an entre l'expiration de son récépissé de demande de titre de séjour et l'introduction de sa requête sans justifier de plus d'une relance par mail auprès de la préfecture ;
- aucun moyen sérieux n'est propre à créer un doute quant à la légalité de la décision contestée.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 26 mars 2024 sous le numéro 2404075 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Montreuil a désigné Mme Cayla, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique du 17 avril 2024, tenue en présence de Mme Grandclerc, greffière d'audience :
- le rapport de Mme Cayla, juge des référés ;
- les observations de Me Pierot, représentant M. A, qui reprend ses conclusions et ses moyens, et fait en outre valoir sur la condition d'urgence, qu'il a dû saisir le juge des référés pour obtenir par une ordonnance du 30 décembre 2021 un rendez-vous en préfecture afin de déposer sa demande d'admission exceptionnelle au séjour, que sa demande n'a pu être déposée qu'en septembre 2022 avec obtention d'un récépissé ; que contrairement à ce que soutient la préfecture, l'urgence est justifiée notamment par l'ancienneté de sa demande depuis 2021 et la seule réponse obtenue de la préfecture en mai 2023 malgré plusieurs relances le 30 novembre 2023 faisant état de l'expiration du récépissé, puis en février 2024 et mars 2024 ; qu'il justifie d'une perspective sérieuse d'embauche alors que sa situation financière est insuffisante.
La clôture de l'instruction a été différée à l'audience au 18 avril 2024 à 17 heures, puis par une ordonnance du 20 avril 2024 au 22 avril 2024 à 17 heures.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant comorien, né le 17 novembre 1978, a demandé la délivrance d'un premier titre de séjour mention " vie privée et familiale " et s'est vu remettre un récépissé valable du 15 septembre 2022 au 14 mars 2023. En l'absence de réponse de l'administration sur sa demande de titre de séjour, une décision implicite de rejet de sa demande de titre de séjour est née à l'issue d'un délai de quatre mois à compter du 15 septembre 2022.
Il demande, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de cette décision.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ";
En ce qui concerne la condition de l'urgence :
3. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour, comme d'ailleurs d'un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.
4. Pour justifier de la condition d'urgence, M. A soutient qu'il réside en France depuis douze ans, que sa candidature sur un poste d'équipier dans le cadre des jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024 auprès d'une société partenaire officielle de l'événement a été validée sous réserve de la régularité de son séjour, qu'il vit en concubinage depuis 2013 avec une compatriote en situation régulière avec laquelle il a trois enfants en bas âge, que sa situation irrégulière fait obstacle à la demande de logement social pour sa famille et à la demande de naturalisation de sa compagne. Contrairement à ce que fait valoir en défense la préfecture de la Seine-Saint-Denis, M. A justifie de plusieurs relances auprès des services de la préfecture par courriels depuis l'expiration de son récépissé de demande de titre de séjour le 14 mars 2023 et notamment le 15 avril 2023, le 30 novembre 2023, les 15 février 2024 et 14 mars 2024. Par ailleurs, si le préfet de la Seine-Saint-Denis fait en outre valoir qu'il s'est écoulé un an entre l'expiration de son récépissé et l'introduction de la requête en référé, il résulte de l'instruction que bien que les services préfectoraux aient indiqué à M. A le 10 mai 2023 qu'aucune décision concernant sa demande n'avait encore été prise et qu'il serait informé par courrier ou sms des suites données, celui-ci n'a reçu aucune information en réponse à ses relances ultérieures successives. Dans ces conditions, compte tenu de l'ancienneté de sa demande de titre de séjour présentée lors d'un rendez-vous le 15 septembre 2022 obtenu sur injonction prononcée par ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Montreuil du 30 décembre 2021, de la situation familiale de M. A, de l'ancienneté de son séjour en France et de l'offre définitive d'emploi dont il justifie formalisée par un courriel le 25 mars 2024 conditionnée par la production d'une carte de séjour avec autorisation de travail, M. A doit être regardé, dans les circonstances particulières de l'espèce, comme justifiant de la condition d'urgence à suspendre l'exécution de la décision contestée.
En ce qui concerne la condition du moyen propre à créer un doute sérieux :
5. En l'état de l'instruction, les moyens tirés d'un défaut de motivation, d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle, de la méconnaissance de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et d'une erreur manifeste d'appréciation sont propres à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée. Par suite, il y a lieu d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision implicite du préfet de la Seine-Saint-Denis rejetant sa demande d'admission exceptionnelle au séjour, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. La présente décision implique nécessairement que le préfet de la Seine-Saint-Denis réexamine la demande de titre de séjour de M. A dans un délai de deux mois, et lui délivre une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de deux semaines et durant l'examen de sa demande ou jusqu'à ce qu'il soit statué au fond. En revanche, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les conclusions relatives aux frais d'instance :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : L'exécution de la décision implicite de rejet par le préfet de la Seine-Saint-Denis de la demande de titre de séjour de M. A est suspendue.
Article 2 : Le préfet de la Seine-Saint-Denis réexaminera la demande de M. A et le munira d'une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans les conditions mentionnées au point 6.
Article 3 : L'Etat versera à M. A, la somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Copie en sera adressée au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Fait à Montreuil, le 23 avril 2024.
La juge des référés,
F. Cayla
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026