lundi 17 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2404166 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 5ème Chambre (JU) |
| Avocat requérant | GIUDICELLI-JAHN |
Vu la procédure suivante :
I. Par une ordonnance n° 2402555 du 28 mars 2024, la première vice-présidente du tribunal administratif de Versailles a transmis au tribunal administratif de Montreuil la requête, enregistrée le 26 mars 2024, présentée par Mme D B
Par cette requête, et un mémoire complémentaire enregistré le 1er juin 2024, Mme B, représentée par Me Giudicelli-Jahn, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 24 mars 2024 par lequel le préfet des Yvelines l'a obligée à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination vers lequel elle pourra être reconduite en cas d'exécution d'office et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de réexaminer sa situation, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement et sous astreinte de 50 euros par jour de retard, et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans l'attente ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros à lui verser en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que l'arrêté attaqué a été pris par une autorité incompétente, méconnait son droit d'être entendue, est insuffisamment motivé, est entaché d'un défaut d'examen approfondi de sa situation, a été pris en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation et des conséquences de cette décision sur sa situation personnelle.
II. Par une ordonnance n° 2402575 du 10 avril 2024, la première vice-présidente du tribunal administratif de Versailles a transmis au tribunal administratif de Montreuil la requête, enregistrée le 26 mars 2024, présentée par M. C A.
Par cette requête, et un mémoire complémentaire enregistré le 1er juin 2024, M. A, représenté par Me Giudicelli-Jahn, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 24 mars 2024 par lequel le préfet des Yvelines l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination vers lequel il pourra être reconduit en cas d'exécution d'office et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de réexaminer sa situation, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement et sous astreinte de 50 euros par jour de retard, et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans l'attente ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros à lui verser en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que l'arrêté attaqué a été pris par une autorité incompétente, méconnait son droit d'être entendu, est insuffisamment motivé, est entaché d'un défaut d'examen approfondi de sa situation, a été pris en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation et des conséquences de cette décision sur sa situation personnelle.
Vu les autres pièces des deux dossiers.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale du 26 janvier 1990 relative aux droits de l'enfant ;
-la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
-le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Baffray, vice-président, dans les fonctions de magistrat désigné chargé du contentieux des mesures d'éloignement.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendu, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Baffray,
- les observations de Me Belaref, substituant Me Giudicelli-Jahn, pour les requérants.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
Sur la jonction :
1. Par deux arrêtés du 24 mars 2024, le préfet des Yvelines oblige M. C A, né le 12 février 1980 à Uvurkhangai, et Mme D B, née le 18 décembre 1974 à Darkhin, de nationalité mongole, à quitter le territoire français sans délai, fixe le pays à destination duquel ils pourront être éloignés d'office et prononce à leur encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans. Par les requêtes susvisées n° 2404166 et 2404894 M. A et Mme B demandent chacun l'annulation de l'arrêté pris à leur encontre. Ces requêtes présentent à juger des questions liées ou identiques et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour qu'il y soit statué par un seul jugement.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Il ressort des certificats et du compte rendu d'examens médicaux versés au dossier, que, comme l'a indiqué Mme B lors de son audition auprès des services de police le 23 mars 2024, la fille des requérants, née en France, âgée de 7 ans et scolarisée depuis trois ans sur le territoire français, est atteinte d'un syndrôme de Dandy-Walter nécessitant un suivi de l'évolution d'un kyste cérébral dans un service de neurochirurgie, en vue d'une éventuelle opération. Dans ces conditions, les requérants sont fondés à soutenir que le préfet, qui n'a pas pris en compte l'état de santé de leur fille mineure, a méconnu l'intérêt supérieur de l'enfant tel que prévu par les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale du 26 janvier 1990 relative aux droits de l'enfant en édictant une obligation de quitter le territoire français à leur encontre. Par suite, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, il y a lieu d'annuler les décisions du 24 mars 2024 portant obligation de quitter le territoire français ainsi que, par voie de conséquence, les décisions qui l'assortissent.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
3. Le présent jugement implique que le préfet de la Seine-Saint-Denis ou tout autre préfet compétent réexamine la situation de Mme B et de M. A dans un délai de quatre mois à compter de la notification du présent jugement et leur délivre, durant ce réexamen, une autorisation provisoire de séjour. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais d'instance :
4. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme au titre des frais exposés par Mme B et M. A.
DÉCIDE :
Article 1er : Les arrêtés du 24 mars 2024 du préfet des Yvelines sont annulés.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis ou à tout autre préfet territorialement compétent de réexaminer la situation de Mme B et de M. A dans un délai de quatre mois à compter de la notification du présent jugement et de leur délivrer, dans l'attente de sa décision et dès notification du présent jugement, une autorisation provisoire de séjour.
Article 3 : Le surplus des conclusions des requêtes de Mme B et de M. A est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme D B, à M. C A et au préfet des Yvelines.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 juin 2024.
Le magistrat désigné,
J.-F. BaffrayLa greffière de l'audience,
D. Coulibaly
La République mande et ordonne au préfet des Yvelines et à tout autre préfet compétent en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision. ; 2404894
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026