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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2404228

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2404228

vendredi 13 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2404228
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation6ème Chambre (J.U)
Avocat requérantNAMIGOHAR

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire ampliatif enregistrés les 28 mars et 29 août 2024, M. A B, représenté par Me Adrien Namigohar, avocat, demande au tribunal administratif :

1°) d'annuler un arrêté du préfet de la Seine-Saint-Denis en date du 28 mars 2024 l'obligeant à quitter sans délai le territoire français, fixant le pays de renvoi et prononçant une interdiction de retour sur le territoire français ;

2°) d'enjoindre au préfet de réexaminer sa situation administrative dans un délai de 15 jours et lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3) d'enjoindre au préfet de mettre fin à son signalement dans le système d'information Schengen, dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement ;

4°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire et mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil, Me Namigohar, d'une somme de 1 500 euros en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Par un mémoire en défense enregistré le 29 août 2024, le préfet de la Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête de M. B.

Il fait valoir que l'arrêté pris le 28 mars 2024 concernant l'intéressé a pour objet son placement dans des locaux ne relevant pas de l'administration pénitentiaire pour une durée de 48 h.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif a désigné M. Romnicianu, vice-président, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue aux articles L. 614-1 à L. 614-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Le rapport de M. Romnicianu, vice-président, a été entendu au cours de l'audience publique du 30 août 2024 à 09h30 en présence de M. El Mamouni, greffier d'audience.

Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.

La clôture de l'instruction a été prononcée après appel de l'affaire, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 776-18 du code de justice administrative, applicable en vertu des dispositions de l'article R. 776-13-2 de ce même code aux recours formés contre les obligations de quitter le territoire français décidées sur le fondement des 1°, 2° ou 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () Les décisions attaquées sont produites par l'administration ".

2. Si M. B soutient que, par un arrêté du 28 mars 2024, le préfet de la Seine-Saint-Denis l'a obligé à quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays à destination duquel il était susceptible d'être reconduit et l'a interdit de retour sur le territoire français, il n'apporte aucun commencement de preuve de nature à établir qu'une telle mesure aurait été prise à son encontre. Par la production d'un arrêté de placement en rétention administrative daté du 28 mars 2024, qui fait référence à une décision portant obligation de quitter le territoire français datée du 05 décembre 2022, le préfet de la Seine-Saint-Denis doit être regardé comme produisant la seule décision édictée le 28 mars 2024 à l'encontre de l'intéressé. Par suite, le recours de M. B dirigé contre un prétendu arrêté du 28 mars 2024 portant obligation de quitter le territoire français et interdiction de retour sur le territoire français est dépourvu d'objet et donc irrecevable, étant dirigé contre une décision dont l'existence matérielle n'est pas démontrée.

3. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'ordonner au préfet la communication des pièces du dossier de M. B, que le recours de M. B doit être rejeté, en toutes ses conclusions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de la Seine-Saint-Denis.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 septembre 2024.

Le magistrat désigné,

M. Romnicianu Le greffier,

Y. El Mamouni

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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