lundi 15 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2405439 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème Chambre (J.U) |
| Avocat requérant | TOMASI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 21 avril 2024, le 21 juin 2024 et le 23 juin 2024, M. A C, représenté par Me Fournier, demande au tribunal :
1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler l'arrêté du 20 avril 2024 par lequel le préfet de police l'a obligé à quitter sans délai le territoire français et a fixé le pays de destination ;
3°) d'annuler l'arrêté du 20 avril 2024 par lequel le préfet de police lui a fait interdiction de retourner sur le territoire français pour une durée de deux ans ;
4°) d'enjoindre au préfet de police ou à tout préfet territorialement compétent de réexaminer sa situation et de lui délivrer, durant cet examen, une autorisation provisoire de séjour, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et de mettre fin à son inscription aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 800 euros, à verser à son conseil, au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ou, au cas où il ne serait pas admis, à titre provisoire, à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'État le versement, à lui-même, de la même somme, au titre du seul article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- l'auteur de cette décision n'a pas justifié de sa compétence ;
- cette décision est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;
- il n'a pas été mis à même de présenter des observations préalablement à l'édiction de cette décision ;
- cette décision méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
S'agissant de la décision portant refus d'accorder un délai de départ volontaire :
- l'auteur de cette décision n'a pas justifié de sa compétence ;
- cette décision est illégale par voie d'exception, en tant qu'elle se fonde sur une décision portant obligation de quitter le territoire français elle-même illégale ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
S'agissant de la décision fixant le pays de destination :
- l'auteur de cette décision n'a pas justifié de sa compétence ;
- cette décision est insuffisamment motivée ;
- elle est illégale par voie d'exception, en tant qu'elle se fonde sur une décision portant obligation de quitter le territoire français elle-même illégale ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
S'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- l'auteur de cette décision n'a pas justifié de sa compétence ;
- cette décision est illégale par voie d'exception, en tant qu'elle se fonde sur une décision portant obligation de quitter le territoire français elle-même illégale ;
- elle méconnaît les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 mai 2024, le préfet de police conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant,
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code des relations entre le public et l'administration,
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020,
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Löns, premier conseiller, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue aux articles L. 614-1 à L. 614-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 24 juin 2024 :
- le rapport de M. Löns ;
- et les observations de Me Fournier, représentant M. C, absent, l'avocate reprenant les conclusions et moyens de ses écritures, en faisant notamment valoir que le requérant réside en France depuis six ans, que sa compagne a demandé une admission exceptionnelle au séjour en avril 2024, que leur fille aînée avait deux ans lors de son arrivée en France et que leur fille cadette est née en France.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant géorgien né le 8 juillet 1981, demande l'annulation de l'arrêté du 20 avril 2024 par lequel le préfet de police l'a obligé à quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire et a fixé le pays de destination, ainsi que de l'arrêté du même jour par lequel la même autorité lui a interdit de retourner sur le territoire français pendant une durée de deux ans.
Sur l'aide juridictionnelle à titre provisoire :
2. Le premier alinéa de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 dispose que : " dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente () ". Aux termes de l'article 61 du décret susvisé du 28 décembre 2020 : " L'admission provisoire peut être accordée dans une situation d'urgence (). / L'admission provisoire est accordée par () le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle () sur laquelle il n'a pas encore été statué ".
3. Au cas particulier, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur sa requête, il y a lieu d'admettre, à titre provisoire, M. C au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
4. En premier lieu, par un arrêté n° 2024-00198 du 16 février 2024, régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs spécial n° 75-2024-101, le préfet de police a donné délégation de signature à M. B, attaché principal d'administration de l'État, pour signer tous actes, arrêtés et décisions relevant du bureau de la lutte contre l'immigration irrégulière. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.
5. En deuxième lieu, l'arrêté contesté vise notamment le 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et indique les étapes de l'examen de la demande de protection internationale formée par M. C, jusqu'à son rejet définitif. L'arrêté comporte ainsi l'énoncé des considérations de droit et de fait qui fondent l'obligation de quitter le territoire français. Dès lors, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation manque en fait et doit, par suite, être écarté.
6. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier ni des termes mêmes de l'arrêté attaqué, qui font état d'éléments de fait propres à la situation de l'intéressé, que le préfet n'aurait pas procédé, ainsi qu'il y était tenu, à l'examen particulier de la situation de l'intéressé. Le requérant n'est donc pas fondé à soutenir que l'arrêté en litige serait entaché d'illégalité, faute d'avoir été précédé d'un examen particulier de l'affaire.
7. En quatrième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. C a été entendu préalablement à l'édiction de l'arrêté contesté, le 20 avril 2024 à 10 h 45. Si l'éventualité d'une décision d'éloignement n'a pas été abordée lors de cette audition, il a mentionné la durée de sa présence en France, l'identité de son épouse, l'âge de leurs deux filles, son activité professionnelle en qualité d'informaticien depuis septembre 2023, son lieu de résidence et sa rémunération mensuelle. Il a également eu l'occasion de s'exprimer sur ses craintes en cas de retour en Géorgie. Le requérant n'apporte, dans la présente instance, aucun élément dont il n'a pas fait état lors de cette audition et qui aurait pu faire aboutir la procédure administrative à un résultat différent. Son droit d'être entendu n'a donc pas été méconnu.
8. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. " La Cour européenne des droits de l'homme a jugé dans son arrêt de Grande chambre du 3 octobre 2014, Jeunesse c. Pays-Bas (n° 12738/10), que si la vie familiale a débuté à un moment où les individus concernés savaient que la situation de l'un d'entre eux au regard du droit du séjour était telle que cela conférait d'emblée un caractère précaire à la poursuite de cette vie familiale dans l'État d'accueil, ce n'est en principe que dans des circonstances exceptionnelles que l'éloignement du membre de la famille ressortissant d'un pays tiers emporte violation de l'article 8.
9. M. C soutient qu'il est entré sur le territoire français en 2018 et y réside avec son épouse et leurs deux filles, dont la première est née en 2016 en Géorgie et la seconde en 2019 en France. Toutefois, l'épouse de M. C, elle-même de nationalité géorgienne et dépourvue de titre de séjour, ne pouvait ignorer que son mari ne disposait pas du droit de s'installer durablement en France. Un tel droit ne découle pas davantage du fait que la fille aînée du couple soit scolarisée en France et que leur fille cadette soit née sur le territoire français. Le requérant ne justifie d'aucune circonstance exceptionnelle qui rendrait la mesure d'éloignement disproportionnée au regard des buts en vue desquels elle a été prise. Par suite, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas méconnu les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
10. En sixième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " 1. Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes 1égislatifs, 1'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. " En se bornant à faire référence à la situation en Ukraine et en Ossétie du Sud, le requérant ne démontre pas que la cellule familiale ne pourrait pas se reconstituer en Géorgie. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir que la décision portant obligation de quitter le territoire français ait méconnu les stipulations précitées de la convention internationale relative aux droits de l'enfant. Il ne ressort pas davantage des pièces du dossier que le préfet aurait entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne le refus d'accorder un délai de départ volontaire :
11. En premier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 4, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte doit être écarté.
12. En deuxième lieu, l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français n'étant pas établie par M. C, le moyen tiré de l'illégalité de cette décision, soulevé à l'appui des conclusions dirigées contre la décision refusant un délai de départ volontaire, ne peut qu'être écarté.
13. En troisième lieu, si le requérant allègue qu'il dispose de garanties de représentation dès lors qu'il dispose d'une adresse stable, il ressort des pièces du dossier qu'il s'agit d'une domiciliation, et qu'il ne réside donc pas à l'adresse indiquée. Il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet aurait commis une erreur manifeste d'appréciation de la situation du requérant en ne lui accordant pas de délai de départ volontaire.
En ce qui concerne le pays de renvoi :
14. En premier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 4, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte doit être écarté.
15. En deuxième lieu, l'arrêté contesté vise notamment les articles L. 721-3 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et relève que M. C est de nationalité géorgienne. Au surplus, et alors même qu'une autorité administrative n'est pas tenue de motiver son abstention de prendre une décision dans un sens contraire à celui qu'elle a retenu, le préfet indique que M. C n'établit pas être exposé à des peines ou traitements contraires à la convention européenne des droits de l'homme en cas de retour dans son pays d'origine. L'arrêté comporte ainsi l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision fixant le pays de renvoi. Dès lors, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation manque en fait et doit, par suite, être écarté.
16. En troisième lieu, l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français n'étant pas établie par M. C, le moyen tiré de l'illégalité de cette décision, soulevé à l'appui des conclusions dirigées contre la décision fixant le pays de renvoi, ne peut qu'être écarté.
17. En quatrième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que des membres de la famille de M. C ne seraient pas en mesure de le suivre en Géorgie. Il s'ensuit que la décision fixant le pays de renvoi n'a porté aucune atteinte au droit de M. C au respect de sa vie privée et familiale. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut qu'être écarté.
18. En cinquième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ". En se bornant à faire état de la situation en Ukraine et en Ossétie du Sud, M. C ne démontre pas qu'il serait personnellement et actuellement exposé à des risques réels et sérieux pour sa liberté ou son intégrité physique dans le cas d'un retour dans son pays d'origine, alors au demeurant que sa demande d'asile a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 12 mars 2019 puis par la Cour nationale du droit d'asile le 4 juillet 2019 et que sa demande de réexamen a été rejetée par décision du directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 30 septembre 2019 puis par ordonnance de la Cour nationale du droit d'asile du 3 février 2020. Par suite, les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales n'ont pas été méconnues. Il ne ressort pas davantage des pièces du dossier qu'en fixant le pays de renvoi, le préfet ait commis une erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne l'arrêté prononçant une interdiction de retour sur le territoire français :
19. En premier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 4, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte doit être écarté.
20. En deuxième lieu, l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français n'étant pas établie par M. C, le moyen tiré de l'illégalité de cette décision, soulevé à l'appui des conclusions dirigées contre la décision portant interdiction de retour sur le territoire français, ne peut qu'être écarté.
21. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-10 de ce code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 (), l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français ".
22. Lorsque le préfet prend, à l'encontre d'un étranger, une décision portant obligation de quitter le territoire français ne comportant aucun délai de départ, il lui appartient d'assortir sa décision d'une interdiction de retour sur le territoire français, sauf dans le cas où l'étranger fait état de circonstances humanitaires qui y feraient obstacle. Seule la durée de cette interdiction de retour doit être appréciée au regard des quatre critères énumérés à l'article L. 612-10 du code précité, à savoir la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, la nature et l'ancienneté de ses liens avec la France, l'existence ou non d'une précédente mesure d'éloignement et, le cas échéant, la menace pour l'ordre public que constitue sa présence sur le territoire.
23. D'une part, le préfet a refusé d'octroyer à M. C un délai de départ volontaire et il se trouve donc dans le cas où, en application de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il fait l'objet d'une interdiction de retour sur le territoire français. Contrairement à ce que soutient le requérant, la présence en France de son épouse, en situation irrégulière, et de leurs deux filles ne constitue nullement une circonstance humanitaire de nature à faire obstacle à cette conséquence de droit. Il en va de même de la durée de présence en France de l'intéressé. D'autre part, la durée de l'interdiction de retour ne fait pas obstacle à ce que la cellule familiale ne se reforme sans délai en Géorgie. Dans ces conditions, en fixant à deux ans la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français, le préfet n'a pas fait une inexacte application de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il ne ressort pas davantage des pièces du dossier que l'arrêté du 20 avril 2024 portant interdiction de retour sur le territoire français serait entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
24. Le présent jugement, lequel rejette les conclusions à fin d'annulation, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction, sous astreinte, présentées par M. C doivent être rejetées.
Sur les frais de l'instance :
25. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Dès lors, les conclusions présentées à ce titre par M. C doivent être rejetées.
D E C I D E
Article 1er : M. C est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La requête de M. C est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, à Me Fournier et au préfet de police.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 juillet 2024.
Le magistrat désigné,
A. Löns Le greffier,
L. Dionisi
La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026