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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2405621

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2405621

jeudi 11 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2405621
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantCABINET GOUTAL, ALIBERT & ASSOCIÉS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires complémentaires, enregistrés les 24 avril, 27 et 29 mai 2024, M. A B demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 26 février 2024 par lequel le maire de la commune de Villemomble a délivré à la société civile de construction vente (SCCV) Villemomble un permis de construire portant sur la construction d'un immeuble de 32 logements, 6 unités en co-living, 5 commerces et bureaux sur un terrain sis 37-47 avenue de Rosny situé sur le territoire de la commune ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Villemomble une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- sa requête est recevable ;

-l'arrête attaqué est entaché d'incompétence.

- l'affichage du permis de construire est irrégulier ;

- le projet méconnaît les dispositions de l'article UA.12 du P.L.U relatives au nombre de places de stationnement ;

-il méconnaît les dispositions de l'article UA.6.4 du P.L.U relatives à la largeur de façade ;

-il méconnaît les dispositions de l'article UA.7.1 du P.L.U relatives aux limites séparatives ;

-il méconnaît les dispositions de l'article UA.9 du P.L.U relatives à l'emprise au sol des constructions ;

-il méconnaît les dispositions de l'article UA.12.2.1 du P.L.U relatives au stationnement des deux roues non motorisées ;

Par un mémoire en défense, enregistré le 13 mai 2024, la commune de Villemomble, représentée par Me Peynet, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. B une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que, d'une part, la requête est irrecevable dès lors que la requête n'a pas été notifiée dans les conditions définies à l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme, que M. B ne justifie pas de sa qualité de propriétaire et qu'il n'a pas intérêt à agir et, d'autre part, que les moyens ne sont pas fondés.

Vu :

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours () peuvent, par ordonnance : / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ;/ 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ;() ".

2. Aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation. ". Il appartient à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'une décision relative à l'occupation du sol régie par le code de l'urbanisme, en particulier lorsqu'une fin de non-recevoir tirée du défaut d'intérêt pour agir est soulevée en défense, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état d'éléments suffisamment précis et étayés. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.

3. A l'appui de sa requête, M. B se prévaut de la qualité de conseiller municipal et en sa qualité de voisin du projet, des conséquences de sa réalisation sur le stationnement dans la rue Lafontaine.

4. D'une part, il est constant que le requérant, qui réside au 37 rue René et Pierre Charton, à environ 200 mètres du projet, n'est pas voisin immédiat du projet. D'autre part, il ne ressort pas des pièces du dossier, compte tenu notamment du nombre de places de stationnement prévues sur le terrain d'assiette du projet, que le risque de saturation allégué serait tel qu'il serait de nature à porter atteinte aux conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien de M. B. Enfin au regard des dispositions précitées de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme, la qualité de conseiller municipal dont se prévaut le requérant n'est pas par elle-même de nature à lui conférer un intérêt pour agir.

5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation présentées par M. B sont manifestement irrecevables et doivent pour ce motif être rejetées en application du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Sur les frais de justice :

6. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances particulières de l'espèce, de mettre à la charge de M. B le versement de la somme de 1 500 euros demandée par la commune de Villemomble au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de la commune de Villemonble présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, à la SCCV Villemomble et à la commune de Villemomble.

Fait à Montreuil, le 11 juillet 2024.

Le président de la 2ème chambre,

A. Myara

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

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