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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2406183

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2406183

lundi 13 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2406183
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantMAKHLOUF

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 10 mai 2024, M. A... B... et Mme C... B... demandent au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, d’ordonner au préfet de la Seine-Saint-Denis de leur délivrer une attestation de prolongation de leur demande de renouvellement de leur titre de séjour, dans un délai de 48 heures à compter de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.

Ils soutiennent que :
- la condition d’urgence, au sens de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, est remplie dès lors qu’ils sont désormais dépourvus de tout récépissé de demande de renouvellement de leur titre de séjour, alors pourtant qu’ils en ont fait la demande avant l’expiration de leur dernier titre en cours de validité ;

- il est porté une atteinte grave et manifestement illégale à leur liberté d’aller et venir par l’abstention du préfet à leur délivrer une attestation de prolongation de l’instruction de leur demande renouvellement de titre de séjour.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Charret, vice-président, pour statuer sur les demandes en référé.



Considérant ce qui suit :


1. Aux termes de l'article L.521-2 du code de justice administrative : « Saisi d’une demande en ce sens justifiée par l’urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d’une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d’un service public aurait porté, dans l’exercice d’un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ». Aux termes de son article L.522-1 : « Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L.521-1 et L.521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique (...) ». Toutefois, l'article L.522-3 du même code dispose : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L.522-1 ».


2. Le requérant qui saisit le juge des référés sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-2 du code de justice administrative doit justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai de mesures de la nature de celles qui peuvent être ordonnées sur le fondement de cet article, la circonstance qu’une atteinte à une liberté fondamentale serait avérée n’étant pas de nature, par elle-même, à caractériser une situation d’urgence. Celles-ci doivent, en principe, présenter un caractère provisoire, sauf lorsque aucune mesure de cette nature n'est susceptible de sauvegarder l'exercice effectif de la liberté fondamentale à laquelle il est porté atteinte.


3. Il ressort des pièces du dossier que les requérants, pour caractériser l’urgence particulière qui justifierait la mise en œuvre des pouvoirs que tient le juge des référés de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, font valoir que l’instruction de leur demande de titre de séjour risque d’être longue, et porte une atteinte grave et manifestement illégale à leur liberté d’aller et venir. Il ressort des pièces produites par les requérants qu’ils ont chacun été destinataires de confirmation du dépôt de leur demande de renouvellement de leur titre de séjour, à compter du 15 décembre 2023, et qu’ils ont été convoqués en préfecture pour une remise de leur titre de séjour le 26 mars 2024. Dans ces conditions, aucune atteinte grave et manifestement illégale ni aucune urgence particulière au sens des dispositions précitées ne peut être relevée dans le comportement de la préfecture de la Seine-Saint-Denis dans l’instruction des demandes de renouvellement de titre de séjour des requérants.


4. Il suit de là que la requête de M. et Mme B... doit être rejetée, dans toutes ses conclusions, selon la procédure prévue à l’article L. 522-3 du code de justice administrative.





O R D O N N E



Article 1er : La requête de M. et Mme B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. et Mme B....


Fait à Montreuil, le 13 mai 2024.


Le juge des référés,




J. Charret





La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.





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