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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2406585

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2406585

mercredi 18 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2406585
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantCABINET CENTAURE AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Montreuil a rejeté comme manifestement irrecevable la requête de M. C, qui demandait l'annulation d'une obligation de quitter le territoire français (OQTF) datée du 18 mai 2024. Le juge a constaté que les pièces du dossier ne démontraient pas l'existence d'une telle décision prise à cette date, les seules mesures d'éloignement antérieures étant non datées du 18 mai. En conséquence, les conclusions dirigées contre des décisions inexistantes ont été rejetées sur le fondement de l'article R. 222-1, 4° du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 19 mai 2024, M. B C, représenté par Me Namigohar, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire en application de l'article 20 de la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

2°) d'annuler les décisions du 18 mai 2024 par lesquelles le préfet de la Seine-Saint-Denis l'a obligé à quitter le territoire français sans lui accorder de délai de départ volontaire, a fixé son pays de renvoi, et lui a fait interdiction de retourner sur le territoire français ;

3°) de condamner l'Etat à verser à son conseil la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

La requête a été communiquée au préfet de la Seine-Saint-Denis, qui a produit des pièces mais n'a pas produit de mémoire en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; ".

2. Il ressort des pièces du dossier que M. C a été auditionné par un agent de police judiciaire de la Compagnie républicaine de sécurité autoroutière Nord Ile-de-France de Deuil-la-Barre (95) le 29 mars 2024, à la suite de son interpellation pour " conduite sans permis en ayant fait usage d'un faux et autres ", sous l'identité de M. A se disant C Walid. Selon les indications portées sur le procès-verbal d'audition de l'intéressé, le 29 mars 2024 à 10h10, ce dernier fait l'objet d'un signalement au système d'information Schengen pour éloignement ou non admission ainsi que d'une fiche de recherche concernant une interdiction de retour sur le territoire français. Ces indications sont corroborées par la fiche de renseignement pour étranger en situation irrégulière le concernant, établie le même jour, qui mentionne notamment que l'intéressé a fait l'objet, antérieurement à cette date, d'une obligation de quitter le territoire français assortie d'une interdiction de retour sur le territoire français. Dans ces conditions, s'il ressort des pièces du dossier que le requérant a fait l'objet, antérieurement au 29 mars 2024, d'une obligation de quitter le territoire français, en revanche il ne ressort pas des pièces du dossier que M. C aurait fait l'objet d'une telle mesure le 18 mai 2024. Dans ces conditions, les conclusions de M. C à fin d'annulation d'une telle décision en date du 18 mai 2024 ainsi que de décisions subséquentes refusant de lui accorder un délai de départ volontaire, fixant son pays de renvoi et prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français, dirigées contre des décisions inexistantes, sont manifestement irrecevables.

3. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. C peut être rejetée par voie d'ordonnance, dans toutes ses conclusions, selon la procédure prévue au 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C et au préfet de la Seine-Saint-Denis.

Fait à Montreuil, le 18 septembre 2024.

Le président de la 8ème chambre,

L. Gauchard

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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