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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2406789

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2406789

vendredi 12 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2406789
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation9ème chambre (J.U)
Avocat requérantNGANGA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance n°2405270 du 21 mai 2024, le président du tribunal administratif de Paris a transmis au tribunal administratif de Montreuil le dossier de la requête, enregistrée le 5 mars 2024, présentée par M. B A.

Par cette requête, M. A, représenté par Me Nganga, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 21 février 2024 par lequel le préfet de police de Paris l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que l'arrêté préfectoral contesté est insuffisamment motivé et entaché d'un défaut d'examen de sa situation personnelle.

Par un mémoire en défense, enregistré le 3 juin 2024, le préfet de police de Paris, représenté par Me Tomasi, conclut au rejet de la requête présentée par M. A.

Il fait valoir que les moyens du requérant ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Jimenez, vice-présidente, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en application de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 26 juin 2024 :

- le rapport de Mme Jimenez, magistrate-désignée ;

- les observations de Me Nganga, représentant M. A, présent à l'audience, qui reprend les moyens soulevés dans ses écritures.

Le préfet de police de Paris n'était ni présent, ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, ressortissant marocain né le 10 décembre 1988 à Bouizakarne (Maroc), n'a pas été en mesure, lors d'un contrôle d'identité le 21 février 2024, de présenter des documents justifiant de son entrée régulière sur le territoire français ou l'autorisant à y résider. Ainsi, par un arrêté du 21 février 2024, dont M. A demande l'annulation, le préfet de police de Paris l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné.

2. En premier lieu, l'arrêté attaqué du préfet de police de Paris vise les textes dont il est fait application, et notamment les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que l'article L. 611-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En outre, il indique que M. A est dépourvu de document de voyage, qu'il ne peut justifier de la régularité de son entrée sur le territoire, qu'il n'est pas porté une atteinte disproportionnée au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale et enfin que M. A n'établit pas être exposé à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine. Dès lors, cet arrêté comporte ainsi l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement des décisions attaquées et permet au requérant d'en contester le bien-fondé.

3. En second lieu, il ne ressort ni des termes de l'arrêté attaqué, ni des autres pièces versées au dossier, que le préfet de police de Paris n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation personnelle de M. A, étant précisé que l'autorité préfectorale n'est pas tenue de mentionner l'ensemble des éléments de la situation de l'intéressé mais seulement ceux sur lesquels il a fondé sa décision. Par suite, ce moyen doit être écarté.

4. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête aux fins d'annulation, ainsi que, par voie de conséquence, celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, doivent être écartées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de police de Paris.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juillet 2024.

La magistrate désignée,

J. Jimenez La greffière,

L. Vilmen

La République mande et ordonne au préfet de police de Paris en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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