LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2407364

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2407364

vendredi 13 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2407364
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation6ème Chambre (J.U)
Avocat requérantCABINET CENTAURE AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Montreuil a rejeté la requête de M. A, ressortissant algérien, qui contestait l'arrêté du préfet de police de Paris du 19 mai 2024 l'obligeant à quitter le territoire français. Le tribunal a écarté l'ensemble des moyens soulevés, notamment l'incompétence du signataire, le défaut de motivation, et la méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme. La décision s'appuie sur le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) et l'accord franco-algérien de 1968.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 31 mai 2024, M. D A, représenté par Me Nunes, demande au tribunal :

1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler l'arrêté du 19 mai 2024 par lequel le préfet de police de Paris l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours en fixant son pays de destination ;

3°) d'enjoindre au préfet de police de Paris de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou, subsidiairement, à lui verser directement en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté est entaché d'un défaut de motivation ;

- il est signé par une autorité incompétente, car ne disposant pas d'une délégation de signature régulière du préfet ;

- il est entaché d'une erreur de droit, le préfet n'ayant pas fait usage de son pouvoir discrétionnaire de régularisation ;

- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- il est entaché d'erreurs de fait ;

- il méconnaît l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- il méconnaît les articles 3, 9 et 16 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- il méconnaît l'article 24 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- il méconnaît la directive 2008/115/CE du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2008.

Par un mémoire en défense, enregistré le 11 juin 2024, le préfet de police de Paris, représenté par la SELARL Centaure Avocats, conclut au rejet de la requête au motif que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la directive 2008/115/CE du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2008 ;

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié, relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Boucetta, première conseillère, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue aux articles L. 614-1 à L. 614-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Boucetta.

Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant algérien, né le 15 mai 1989 à Souk-el-Tenine (Algérie), déclare être entré en France le 6 août 2023, après avoir transité par l'Espagne, sous couvert d'un visa Schengen délivré par les autorités espagnoles. Par l'arrêté attaqué du 19 mai 2024, le préfet de police de Paris a obligé le requérant à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être renvoyé à l'expiration de ce délai.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président / () ". En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre, à titre provisoire, M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

3. En premier lieu, par un arrêté n° 2024-00349 du 18 mars 2024 régulièrement publié au recueil des actes administratifs, le préfet de police a donné délégation à M. B C, adjoint au chef de la division des examens administratifs et des expulsions, à l'effet de signer les décisions dans la limite de ses attributions, dont relève la police des étrangers. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.

4. En deuxième lieu, s'agissant de l'obligation de quitter le territoire français, le préfet fait référence à l'article L. 611-1-1° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et indique que M. A ne justifie pas être entré régulièrement en France et n'a jamais sollicité de titre de séjour. S'agissant de la décision fixant le pays de renvoi, l'arrêté précise également, au visa de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, que le requérant n'établit pas être exposé à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de l'ensemble des décisions contenues dans l'arrêté doit être écarté.

5. En troisième lieu, M. A ne peut utilement se prévaloir d'une erreur de droit au motif que le préfet n'aurait pas usé de son pouvoir discrétionnaire de régularisation, alors qu'il n'établit, ni même n'allègue avoir formulé une demande de titre de séjour.

6. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Il appartient à l'autorité administrative qui envisage de procéder à l'éloignement d'un ressortissant étranger en situation irrégulière d'apprécier si, eu égard notamment à la durée et aux conditions de son séjour en France, ainsi qu'à la nature et à l'ancienneté de ses liens familiaux sur le territoire français, l'atteinte que cette mesure porterait à sa vie familiale serait disproportionnée au regard des buts en vue desquels cette décision serait prise.

7. Il ressort des pièces du dossier que M. A est père de deux enfants résidant en France, nés en 2021 et en 2023, et que son fils ainé est actuellement scolarisé. Toutefois, le préfet soutient, sans être contredit, que la mère de ses enfants ne dispose pas de titre de séjour et que la cellule familiale qu'il constitue avec cette dernière et leur deux enfants pourrait se reconstituer à l'extérieur du territoire national. M. A, dont la présence en France est particulièrement récente, celui-ci étant arrivé en 2023, ne démontre pas davantage une particulière insertion sociale ou professionnelle. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'obligation de quitter le territoire français en litige porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. Il s'ensuit que le préfet n'a pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.

8. En cinquième lieu, si le requérant soutient que la décision méconnaît l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ce moyen, qui n'est pas assorti des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bienfondé, doit être écarté.

9. En sixième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier, au regard notamment de ce qui a été dit au point 7, que l'arrêté, qui n'a ni pour objet ni pour effet de provoquer la séparation de la cellule familiale, porte une atteinte à l'intérêt supérieur de ses enfants de nature à méconnaître le 1 de l'article 3 et l'article 16 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et l'article 24 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne. En revanche, les stipulations de l'article 9 de cette convention créent seulement des obligations entre Etats et ne peuvent donc être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir dirigé contre une décision portant obligation de quitter le territoire français.

10. En septième lieu, le requérant ne peut utilement se prévaloir à l'encontre de l'arrêté attaqué d'une violation de la directive 2008/115/CE du 16 décembre 2008, qui a fait l'objet d'une transposition en droit interne par la loi n° 2011-672 du 16 juin 2011 relative à l'immigration, à l'intégration et à la nationalité.

11. En dernier lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité () ".

12. D'autre part, aux termes de l'article 22 de la convention d'application de l'accord de Schengen du 19 juin 1990 : " 1. Les étrangers entrés régulièrement sur le territoire d'une des Parties contractantes sont tenus de se déclarer, dans les conditions fixées par chaque Partie contractante, aux autorités compétentes de la Partie contractante sur le territoire de laquelle ils pénètrent. Cette déclaration peut être souscrite au choix de chaque Partie contractante, soit à l'entrée, soit, dans un délai de trois jours ouvrables à partir de l'entrée, à l'intérieur du territoire de la Partie contractante sur lequel ils pénètrent () ". Aux termes de l'article L. 621-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger en provenance directe du territoire d'un Etat partie à la convention signée à Schengen le 19 juin 1990 peut se voir appliquer les dispositions de l'article L. 621-2 lorsqu'il est entré ou a séjourné sur le territoire français () sans souscrire, au moment de l'entrée sur ce territoire, la déclaration obligatoire prévue par l'article 22 de la même convention, alors qu'il était astreint à cette formalité. ". Aux termes de l'article R. 621-2 du même code : " Sous réserve des dispositions de l'article R. 621-4, l'étranger souscrit la déclaration d'entrée sur le territoire français mentionnée à l'article L. 621-3 auprès des services de la police nationale ou, en l'absence de tels services, des services de douanes ou des unités de la gendarmerie nationale. A cette occasion, il lui est remis un récépissé qui peut être délivré par apposition d'une mention sur le document de voyage. () ". Enfin, l'article R. 621-4 de ce même code dispose : " N'est pas astreint à la déclaration d'entrée sur le territoire français l'étranger qui se trouve dans l'une des situations suivantes : 1° N'est pas soumis à l'obligation du visa pour entrer en France en vue d'un séjour d'une durée inférieure ou égale à trois mois ; 2° Est titulaire d'un titre de séjour en cours de validité, d'une durée supérieure ou égale à un an, délivré par un Etat partie à la convention signée à Schengen le 19 juin 1990 ; toutefois un arrêté du ministre chargé de l'immigration peut désigner les étrangers titulaires d'un tel titre qui demeurent astreints à la déclaration d'entrée ".

13. Pour obliger M. A à quitter le territoire français, le préfet de police de Paris s'est fondé sur les dispositions du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précitées au motif que M. A est entré irrégulièrement en France. Le requérant, qui soutient être entré régulièrement en France, produit un visa délivré par les autorités espagnoles, valable du 4 août au 2 septembre 2023, la copie de deux pages de son passeport, comportant un tampon d'entrée en Espagne le 5 août 2023 et un billet de transport de Barcelone vers la France du 6 août 2023. Toutefois, il n'établit pas qu'il aurait été déclaré dans les conditions prévues par les dispositions citées au point précédent alors qu'il ne se trouvait dans aucune des situations, visées par les dispositions de l'article R. 621-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précitées, dans lesquelles l'étranger n'est pas astreint à cette déclaration d'entrée sur le territoire français. Ainsi, il ne justifie pas de son entrée régulière en France et ne pas se trouver dans le cas mentionné au 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, c'est sans commettre d'erreur de fait que le préfet de police de Paris a obligé M. A à quitter le territoire français.

14. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 19 mai 2024 du préfet de police de Paris. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles relatives aux frais de l'instance.

D E C I D E :

Article 1er : M. A est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Le surplus de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D A, à Me Nunes et au préfet de police de Paris.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 septembre 2024.

La magistrate désignée,

H. BOUCETTA

Le greffier,

Y. EL MAMOUNILa République mande et ordonne au préfet de police de Paris en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA95Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2515745

01/07/2026

TA83Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Toulon — N° TA83-2502101

01/07/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608358

01/07/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2607258

01/07/2026

← Retour aux décisions