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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2408566

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2408566

vendredi 12 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2408566
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation10ème Chambre (JU)
Avocat requérantCISSE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance du 14 juin 2024, le président du tribunal administratif de Paris a transmis au tribunal administratif de Montreuil la requête de M. B C.

Par cette requête enregistrée le 8 mars 2024 et un mémoire enregistré le 15 mars 2024, M. C, représenté par Me Cisse, demande au Tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 7 mars 2024 par lequel le préfet de police l'a obligé à quitter sans délai le territoire français, en fixant le pays de renvoi, et lui a interdit d'y retourner pendant une année ;

2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros au titre de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.

M. C soutient que :

- l'arrêté est entaché d'incompétence ;

- il est insuffisamment motivé ;

- il est intervenu en méconnaissance du droit d'être entendu et du principe du contradictoire ;

- il méconnaît l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

-il méconnaît l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense enregistré le 3 juin 2024, le préfet de police, représenté par la Selarl Centaure avocats, conclut au rejet de la requête au motif de son absence de bien-fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, signée à Rome le 4 novembre 1950,

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- le code des relations entre le public et l'administration,

- le code de justice administrative.

Le président du Tribunal a désigné M. Le Garzic pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 2 juillet 2024 :

- le rapport de M. Le Garzic,

- et les observations de Me Cisse, substituée par Me Pilotin, avocate de M. C, qui ajoute un moyen tiré d'une absence d'examen de sa situation personnelle.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, ressortissant malien, demande l'annulation de l'arrêté du 7 mars 2024 par lequel le préfet de police l'a obligé à quitter sans délai le territoire français, en fixant le pays de destination, et lui a interdit d'y retourner pendant une année.

2. En premier lieu par un arrêté du 16 février 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs du même jour, le préfet de police a donné délégation à Mme A, adjointe à la cheffe du bureau de lutte contre l'immigration irrégulière, pour signer, notamment, les décisions litigieuses. Le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté attaqué doit en conséquence être écarté.

3. En deuxième lieu, l'arrêté mentionne les circonstances de fait et de droit qui fondent chacune des décisions qu'il comporte. Le moyen tiré d'une insuffisante motivation doit donc être écarté.

4. En troisième lieu, d'une part, M. C ne précise pas en quoi il a été effectivement privé de la possibilité de porter à la connaissance de l'administration des éléments qui auraient pu modifier l'appréciation portée par le préfet, alors qu'il a fait l'objet d'une audition aux fins de vérification de son droit de circulation ou de séjour sur le territoire français le 7 mars 2024. Il suit de là que le moyen tiré de ce que les décisions que comporte l'arrêté méconnaissent le principe fondamental du droit de l'Union européenne qu'est le respect des droits de la défense et dont le droit d'être entendu dans toute procédure fait partie intégrante doit être écarté. D'autre part, il ne saurait utilement se prévaloir d'une méconnaissance de la procédure contradictoire régie par les dispositions de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration à l'encontre de l'obligation de quitter sans délai le territoire français dès lors qu'elles sont inapplicables à ces décisions, dont la procédure est entièrement régie par le livre VI du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

5. En quatrième lieu, si M. C fait valoir être entré en France en 2019, il ne ressort pas de ce seul élément que l'arrêté a porté à sa vie privée et familiale une atteinte de nature à méconnaître l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

6. En cinquième lieu, un étranger ne peut pas utilement invoquer le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à l'encontre d'une mesure d'éloignement alors qu'il n'avait pas présenté une demande de titre de séjour sur le fondement de ces articles et que l'autorité compétente n'a pas procédé à un examen d'un éventuel droit au séjour à ce titre.

7. En sixième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet aurait omis d'examiner la situation personnelle de M. C avant de prononcer l'arrêté litigieux.

8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. C doit être rejetée, y compris les conclusions relatives aux frais d'instance.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, à Me Cisse et au préfet de police.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juillet 2024.

Le magistrat désigné,

Signé

P. Le GarzicLa greffière,

Signé

C. Denis

La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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