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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2408568

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2408568

vendredi 12 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2408568
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation10ème Chambre (JU)
Avocat requérantNGANGA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance du 14 juin 2024, le président du tribunal administratif de Paris a transmis au tribunal administratif de Montreuil la requête de M. C A B.

Par cette requête enregistrée le 5 mars 2024, M. A B, représenté par Me Nganga, demande au Tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 21 février 2024 par lequel le préfet de police l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, en fixant le pays de renvoi ;

2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 000 euros à verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. A B soutient que l'arrêté est insuffisamment motivé.

Par un mémoire en défense, enregistré le 24 juin 2024, le préfet de police, représenté par le cabinet Actis avocats, conclut au rejet de la requête au motif de son caractère infondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- le code de justice administrative.

Le président du Tribunal a désigné M. D pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 2 juillet 2024 :

- le rapport de M. D, qui indique qu'il est susceptible de substituer à la base légale du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile celle de son 2° ;

- et les observations de Me Nganga, avocat de M. A B, qui ajoute des moyens tirés d'un défaut d'examen de sa situation personnelle, d'une méconnaissance du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile compte tenu de son entrée régulière, et d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant marocain, demande l'annulation de l'arrêté du 21 février 2024 par lequel le préfet de police l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, en fixant le pays de destination.

2. Aux termes des deux premiers alinéas de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ".

3. Il ressort des pièces du dossier que M. A B est entré en France au plus tard le 21 février 2024, date de l'arrêté attaqué, alors qu'il était titulaire d'un visa de court séjour délivré par les autorités italiennes et valable du 11 février 2024 au 24 juillet 2024. Dans ces conditions, M. A B est fondé à soutenir que dès lors qu'il est entré régulièrement sur le territoire français, il n'entrait pas dans le champ d'application du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont le préfet a en conséquence inexactement appliqué les dispositions en l'obligeant sur leur fondement à quitter le territoire français.

4. Il résulte de ce qui précède que l'arrêté du 21 février 2024 doit, pour ce motif, être annulé, en toutes ses dispositions.

5. Il n'y a en revanche pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de l'État le d'une somme au titre des frais exposés par M. A B dans la présente instance.

D É C I D E :

Article 1er : L'arrêté du 21 février 2024 du préfet de police est annulé.

Article 2 : Le surplus de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C A B et au préfet de police.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juillet 2024.

Le magistrat désigné,

Signé

P. DLa greffière,

Signé

C. Denis

La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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