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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2408677

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2408677

jeudi 18 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2408677
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantCARDOSO

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 20 juin 2024, M. B A, représenté par Me Cardoso, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de le convoquer à un rendez-vous afin qu'il puisse obtenir le renouvellement de son récépissé, dans le délai de deux semaines à compter de la notification de la présente ordonnance et sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou, dans l'hypothèse où le bénéfice de l'aide juridictionnelle ne lui serait pas accordé, de lui verser directement cette somme sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'en l'absence de récépissé en cours de validité, il est exposé à un risque d'éloignement et de placement en rétention administrative ; la condition d'urgence est également remplie dès lors qu'il tente depuis plusieurs semaines de prendre rendez-vous sur le site internet de la préfecture de la Seine-Saint-Denis afin d'obtenir le renouvellement de son récépissé, en vain ;

- la mesure sollicitée est utile dès lors qu'il ne dispose d'aucune autre voie de droit lui permettant d'obtenir un rendez-vous en préfecture ;

- la mesure sollicitée ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.

La requête a été communiquée au préfet de la Seine-Saint-Denis qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Gauchard, vice-président, pour statuer sur les demandes en référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant nigérien né le 17 septembre 1986, soutient être entré en France en 2022. Le 24 novembre 2023, il a sollicité auprès du préfet de la Seine-Saint-Denis la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " et a été mis en possession d'un récépissé valable du 24 novembre 2024 au 23 mai 2024. Depuis lors, M. A indique avoir tenté en vain de prendre un rendez-vous sur le site internet de la préfecture de la Seine-Saint-Denis afin d'obtenir le renouvellement de son récépissé. Le requérant soutient avoir également adressé un courriel aux services préfectoraux par l'intermédiaire de son conseil afin de les alerter des difficultés qu'il rencontrait, sans toutefois obtenir de réponse. Son récépissé étant désormais expiré, M. A demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de le convoquer à un rendez-vous afin qu'il puisse solliciter le renouvellement de son récépissé.

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable, même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles, sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Saisi sur le fondement de ces dispositions d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de sa compétence, le juge des référés peut prescrire toutes mesures que l'urgence justifie à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse, et sous réserve qu'elles ne fassent pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.

3. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 du même code. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.

4. Aux termes de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ". Aux termes de l'article R. 432-2 du même code : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois. ".

5. Il résulte de l'instruction que, comme il a été dit au point 1, M. A a présenté une demande de titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " auprès du préfet de la Seine-Saint-Denis le 24 novembre 2023, et a été mis en possession d'un récépissé qui a expiré le 23 mai 2024. En l'absence de réponse du préfet pendant un délai de quatre mois sur sa demande de titre de séjour, en application des dispositions citées au point 4, une décision implicite de rejet de cette demande est née. Il suit de là que la mesure sollicitée par le requérant aurait pour effet de faire obstacle à l'exécution de cette décision implicite de rejet, qu'il est loisible à l'intéressé de contester par la voie d'un recours en excès de pouvoir et du référé à fins de suspension d'exécution, s'il s'y croit fondé.

6. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée en toutes ses conclusions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au préfet de la Seine-Saint-Denis.

Fait à Montreuil, le 18 juillet 2024.

Le juge des référés,

L. Gauchard

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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