vendredi 28 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2408890 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | ABBAR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 25 et 27 juin 2024, M. A C, représenté par Me Abbar, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de la décision implicite par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis a rejeté sa demande de carte de résident au titre de sa vie privée et familiale ou, à tout le moins sa demande de renouvellement de son titre de séjour au même titre ; subsidiairement, de suspendre l'exécution de la décision implicite par laquelle ce préfet a rejeté sa demande de renouvellement de récépissé de sa demande de titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis, à titre principal, de lui délivrer une carte de résident ou un titre de séjour " vie privée et familiale ", subsidiairement, de réexaminer ses demandes ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de le convoquer, dans un délai de 48 heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 250 euros par jour de retard, afin de lui remettre une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler et à voyager ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que l'absence de délivrance d'un titre de séjour le place en situation irrégulière et lui interdit de poursuivre son activité professionnelle, alors qu'il réside régulièrement en France depuis 2018, qu'il doit subvenir aux besoins de sa compagne et de leur enfant âgé de cinq ans, qui suit actuellement un traitement de chimiothérapie ; cette situation lui interdit en outre de se rendre aux obsèques de son père au Cameroun, le 8 juillet 2024 ;
- il est porté une atteinte grave et manifestement illégale à sa liberté d'aller et venir, à sa liberté de travailler et à sa vie privée et familiale, du fait de l'absence d'examen sérieux de sa situation, d'une méconnaissance des articles L. 423-7 et L. 423-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que de son article L. 423-23, et de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ; s'agissant de la décision implicite de refus de renouvellement de son récépissé de demande de titre de séjour, il est porté une atteinte grave et manifestement illégale aux libertés précédemment énumérées, du fait de la méconnaissance des articles R. 431-12 et R. 431-15-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
La requête a été communiquée au préfet de la Seine-Saint-Denis, qui n'a pas produit d'observations en défense.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Renault, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique du 27 juin 2024, tenue en présence de Mme Amzal, greffière d'audience :
- le rapport de Mme Renault,
- les observations de Me Abbar, représentant M. B, qui reprend ses écritures ;
- les précisions apportées par M. B, qui explique les raisons du délai écoulé entre le décès de son père et la date d'organisation de ses obsèques au Cameroun.
Le préfet de la Seine-Saint-Denis n'était ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant camerounais, titulaire, en dernier lieu, d'une carte de séjour pluriannuelle en qualité de parent d'enfant français, valable du 12 juillet 2021 au 11 juillet 2023, a entendu demander le renouvellement de son droit au séjour par l'obtention d'une nouvelle carte de séjour pluriannuelle ou d'une carte de résident, et a été mis en possession de récépissés de demande de titre de séjour dont le dernier était valable jusqu'au 25 avril 2024. Dans le dernier état de ses conclusions, il demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de suspendre, à titre principal, la décision implicite de rejet de sa demande de titre de séjour, à titre subsidiaire, de la décision implicite de rejet de sa demande de renouvellement de son récépissé, et d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui remettre un des titres de séjour demandés et de le convoquer à un rendez-vous dans un délai de 48 heures afin de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler et à voyager.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 511-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire. Il n'est pas saisi du principal et se prononce dans les meilleurs délais. ". Aux termes qu'aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ".
3. Il résulte de l'instruction et n'est pas contesté par le préfet de la Seine-Saint-Denis, qui n'a pas produit de mémoire en défense, que M. B réside en France de manière régulière depuis 2018, sous couvert de titres de séjour en qualité de parent d'enfant français, à l'entretien et à l'éducation duquel il participe, ainsi que la mère, de nationalité française. Il n'est pas davantage contesté que l'exercice de son activité professionnelle nécessite la détention d'un document attestant de la régularité de son séjour et qu'il doit se rendre le 8 juillet 2024 au Cameroun afin d'assister aux obsèques de son père, alors qu'il a cherché avec constance, avant même l'expiration de son dernier récépissé, à obtenir un rendez-vous auprès des services de la préfecture afin de pouvoir se maintenir régulièrement sur le territoire français, en étant autorisé à travailler et à voyager, mais sans succès. La situation précaire ainsi imposée à M. B, particulièrement depuis l'expiration de son récépissé, dont il n'a pas pu obtenir le renouvellement, alors que son enfant est, en outre, gravement malade, créée une situation d'urgence au sens de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.
4. Il résulte de l'instruction et n'est pas contesté que M. B continue à remplir les conditions pour se voir délivrer un titre de séjour en qualité de parent d'enfant français. Par suite, le requérant est fondé à soutenir que la décision implicite de rejet de sa demande de renouvellement de titre de séjour a été prise en méconnaissance des articles L. 423-7 et L. 423-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et que cette illégalité manifeste porte une atteinte grave à sa liberté d'aller et venir, à son droit au travail et à son droit au respect de sa vie privée et familiale.
5. Il résulte de la combinaison des dispositions des articles L. 511-1, L. 521-2 et L. 521-4 du code de justice administrative qu'il appartient au juge des référés, lorsqu'il est saisi sur le fondement de l'article L. 521-2 précité et qu'il constate une atteinte grave et manifestement illégale portée par une personne morale de droit public à une liberté fondamentale, de prendre les mesures qui sont de nature à faire disparaître les effets de cette atteinte. Ces mesures doivent en principe présenter un caractère provisoire, sauf lorsqu'aucune mesure de cette nature n'est susceptible de sauvegarder l'exercice effectif de la liberté fondamentale à laquelle il est porté atteinte.
6. Dans les circonstances particulières de l'espèce, l'urgence dont se prévaut M. B implique seulement qu'il soit convoqué à un rendez-vous en préfecture dans un délai de 72 heures à compter de la notification de la présente ordonnance, et qu'il lui soit remis à cette occasion un document, récépissé de demande ou autorisation provisoire de séjour, l'autorisant à travailler et à voyager en dehors des frontières de l'espace Schengen. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les conclusions relatives aux frais d'instance :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 000 euros à M. B, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Les décisions implicites par lesquelles le préfet de la Seine-Saint-Denis a rejeté les demandes de titre de séjour de M. B sont suspendues.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis de convoquer M. B à un rendez-vous dans les conditions et aux fins mentionnées au point 6.
Article 3 : L'État versera la somme de 1 000 euros à M. B, au titre des frais d'instance.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Fait à Montreuil, le 28 juin 2024.
La juge des référés,
Th. Renault
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et de l'outre-mer, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026