jeudi 5 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2408995 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 5ème Chambre (JU) |
| Avocat requérant | NAMIGOHAR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 26 juin et le 29 août 2024, M. B A, représenté par Me Namigohar, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 26 juin 2024 du préfet de la Seine-Saint-Denis l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, fixant le pays vers lequel il pourra être renvoyé d'office et lui interdisant de retourner sur le territoire français ;
2°) d'enjoindre au préfet de réexaminer immédiatement sa situation, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, de le munir d'une autorisation provisoire de séjour dans l'attente de ce réexamen et de procéder sans délai à l'effacement de son signalement dans le système d'information Schengen ;
3°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire et de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son avocat en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'obligation de quitter le territoire français est illégale par voie de conséquence de l'illégalité du refus de titre de séjour, entachée d'incompétence de son auteur, insuffisamment motivée ; elle méconnait l'article 6-5 de l'accord franco-algérien et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et résulte d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation ;
- le refus de lui accorder un délai de départ volontaire est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français, est entachée d'incompétence de son auteur et d'insuffisance de motivation, viole l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que l'administration n'établit pas le risque de fuite, et procède d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation particulière ;
- la décision fixant le pays de renvoi est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français, est entachée d'incompétence de son auteur, insuffisamment motivée et viole l'article 3 de de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision interdisant son retour sur le territoire français est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français entachée d'incompétence, est entachée d'un vice de procédure par défaut d'information sur les modalités de son exécution, viole l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et résulte d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation.
Par un mémoire en défense enregistré le 2 août 2024, le préfet de la Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête comme infondée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord Franco-Algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
-la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
-le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Baffray, vice-président, dans les fonctions de magistrat désigné chargé du contentieux des mesures d'éloignement.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Baffray été lu au cours de l'audience publique, à l'issue de laquelle la clôture de l'instruction a été prononcée.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
1. Il y a lieu, en application du premier alinéa de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 et eu égard à l'urgence à ce qu'il soit statué sur sa requête, d'admettre M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur le surplus des conclusions de la requête :
2. En premier lieu, le préfet de la Seine-Saint-Denis a produit l'arrêté attaqué et la délégation de signature régulièrement publiée accordée au signataire de cet arrêté. Le moyen tiré de l'incompétence de ce dernier manque en fait.
3. En deuxième lieu, l'arrêté en cause mentionne les éléments de droit et de fait circonstanciés qui fondent chacune des décisions qu'il comporte et attestent d'un examen particulier de la situation du requérant. M. A n'est pas davantage fondé à soutenir que ces décisions sont insuffisamment motivées ou qu'elles résultent d'un défaut d'examen de sa situation personnelle.
4. En troisième lieu, contrairement à ce que soutient M. A, le dispositif de l'arrêté en cause précise que l'interdiction de retour sur le territoire français sera exécutoire et que sa durée courra à compter de la date à laquelle il aura satisfait à son obligation de quitter le territoire français, conformément aux dispositions de l'article R. 511-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il n'est en tout état de cause pas fondé à soutenir qu'il aurait été privé d'une garantie de procédure pour le défaut d'indication de ces informations.
5. En quatrième lieu, M. A étant de nationalité marocaine, il ne peut utilement soutenir que l'obligation de quitter le territoire français méconnaît les stipulations du 5° de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968.
6. En cinquième lieu, les autres moyens tirés d'erreurs de droit et d'appréciation sommairement soutenus par M. A, qui ne fournit aucune précision sur sa situation personnelle et ne dément pas que son comportement représente une menace pour l'ordre public, ni ne pas avoir respecté une précédente une mesure d'éloignement, ne sont assortis d'aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé. Ils ne peuvent qu'être écartés pour ce motif.
7. En dernier lieu, le moyen tiré de ce que l'obligation de quitter le territoire français serait illégale par voie de conséquence de l'illégalité du refus de titre de séjour est lui aussi dépourvu de précision pour en apprécier le bien-fondé. Enfin, à défaut de démontrer l'illégalité de cette obligation, les moyens d'illégalité des décisions qui l'assortissent par voie de conséquence de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ne peuvent qu'être écartés.
8. Par suite, les conclusions aux fins d'annulation de M. A sont infondées et doivent être rejetées de même, par conséquent, que celles aux fins d'injonction et celles présentées au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative
DÉCIDE :
Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Namigohar et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 septembre 2024.
Le magistrat désigné,
J.-F. BaffrayLa greffière de l'audience,
A. Macaronus
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis et à tout autre préfet compétent en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026