LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2409061

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2409061

jeudi 5 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2409061
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation5ème Chambre (JU)
Avocat requérantCHRISTOPHEL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 27 juin et 26 juillet 2024, Mme B, représentée par Me Christophel, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 30 mai 2024 du préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qu'il l'oblige à quitter le territoire français, fixe le pays de son renvoi d'office et lui interdit de retourner sur le territoire français durant un an ;

2°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire et de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros à verser à son avocat au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ou à lui verser en cas de rejet de sa demande d'aide juridictionnelle.

Elle soutient que :

- l'obligation de quitter le territoire français est entachée d'incompétence, d'un vice de procédure, d'insuffisance de motivation, qu'elle procède d'un défaut d'examen de sa situation personnelle, méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et résulte d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation ;

- la décisions fixant son pays d'origine comme pays de renvoi d'office méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'interdiction de retour sur le territoire français est insuffisamment motivée, entachée d'une erreur de droit en ce qu'elle est fondée sur l'article L. 612-6 plutôt que sur l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et d'une erreur manifeste d'appréciation en ce qu'elle fixe une durée d'un an excessive et disproportionnée par rapport au but poursuivi.

Par un mémoire en défense enregistré le 25 juillet 2024, le préfet de la Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête comme non fondée.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

-la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- la directive 2008/115/CE du 16 décembre 2008 ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

-la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

-le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Baffray, vice-président, dans les fonctions de magistrat désigné chargé du contentieux des mesures d'éloignement.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, le rapport de M. Baffray a été lu et les parties ont été informées que le jugement était susceptible d'être fondé sur une substitution de la base légale de l'interdiction de retour sur le territoire français d'un an, pouvait être prise en application de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile plutôt que sur le fondement de l'article L. 612-6 de ce code.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

1. Il y a lieu, en application du premier alinéa de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 et eu égard à l'urgence à ce qu'il soit statué sur sa requête, d'admettre Mme A au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Sur le surplus des conclusions de la requête :

2. En premier lieu, le préfet de la Seine-Saint-Denis ayant justifié en défense de la délégation de signature régulièrement publiée accordée au signataire des décisions attaquées, le moyen tiré de l'incompétence de ce dernier ne peut qu'être écarté comme manquant en fait.

3. En deuxième lieu, le droit d'être entendu, notamment énoncé au paragraphe 2 de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, implique que l'autorité préfectorale, avant de prendre à l'encontre d'un étranger une décision portant obligation de quitter le territoire français, mette l'intéressé à même de présenter ses observations écrites et lui permette, sur sa demande, de faire valoir des observations orales, de telle sorte qu'il puisse faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue sur la mesure envisagée avant qu'elle n'intervienne. Toutefois, dans le cas prévu au 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, où la décision faisant obligation de quitter le territoire français est prise concomitamment au refus d'admission au séjour, l'obligation de quitter le territoire français découle nécessairement de ce refus. Le droit d'être entendu n'implique alors pas que l'administration ait l'obligation de mettre l'intéressé à même de présenter ses observations de façon spécifique sur la décision l'obligeant à quitter le territoire français, dès lors qu'il a pu être entendu avant que n'intervienne la décision refusant de lui délivrer un titre de séjour. Lorsqu'il sollicite la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour, l'étranger, en raison même de l'accomplissement de cette démarche qui tend à son maintien régulier sur le territoire français, ne saurait ignorer qu'en cas de refus, il pourra faire l'objet d'une mesure d'éloignement. Il lui appartient, à l'occasion du dépôt de sa demande d'admission au séjour, lequel doit en principe faire l'objet d'une présentation personnelle du demandeur en préfecture, d'apporter à l'administration toutes les précisions qu'il juge utiles. Il lui est aussi loisible, au cours de l'instruction de sa demande, de faire valoir auprès de l'administration toute observation complémentaire utile, au besoin en faisant état d'éléments nouveaux. Le droit de l'intéressé d'être entendu, ainsi satisfait avant que n'intervienne le refus de titre de séjour, n'impose pas à l'autorité administrative de mettre l'intéressé à même de réitérer ses observations ou de présenter de nouvelles observations, de façon spécifique, sur l'obligation de quitter le territoire français qui est prise concomitamment et en conséquence du refus de titre de séjour.

4. En l'espèce, il ne ressort pas des pièces du dossier, notamment des écritures de la requête et des pièces qui lui sont jointe, ou des observations à l'audience de son conseil, que Mme A ait sollicité, sans réponse, un entretien avec les services préfectoraux ni qu'elle ait été empêchée de présenter ses observations avant que ne soit prise l'obligation de quitter le territoire français litigieuse. Dès lors, son moyen tiré d'un vice de procédure par méconnaissance de son droit d'être entendue ne peut qu'être écarté.

5. En troisième lieu, l'arrêté en cause comporte l'ensemble des éléments de fait et de droit propres à la situation de l'intéressée motivant l'obligation de quitter le territoire français comme l'interdiction d'y retourner durant un an qu'il prononce, attestant d'ailleurs un examen particulier de la situation personnelle de Mme A. Dès lors, les moyens tirés de ce que ces décisions seraient insuffisamment motivées et résulterait d'un défaut d'examen de sa situation manquent en fait.

6. En quatrième lieu, il ressort des pièces du dossier que Mme A, de nationalité ivoirienne et née le 18 juin 1991, est arrivée en France au cours de mois de janvier 2022, soit à l'âge de 32 ans, et qu'elle ne réside donc en France que depuis deux ans et demi à la date des décisions contestées. Elle ne fait état d'aucune attache familiale ou personnelle sur le territoire français, se prévalant uniquement de ce qu'elle a eu une activité salariée de femme de chambre puis d'agent de propreté de février à juin 2022 et de novembre 2022 jusqu'à présent. Ainsi, il n'apparaît nullement que l'obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et l'interdiction d'y retourner durant un an méconnaîtrait son droit au respect de sa vie privée et familiale tel que garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ou que ces décisions seraient entachée d'erreurs manifestes d'appréciation de leurs conséquences sur sa situation au regard des buts qu'elles poursuivent.

7. En cinquième lieu, dans la mesure où l'obligation de quitter le territoire français était assortie d'un délai de départ volontaire, le préfet de la Seine-Saint-Denis ne pouvait effectivement fonder l'interdiction de retour sur le territoire français durant un an sur les dispositions de l'article L. 612-6 code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que le préfet aurait pris la même décision, pour les mêmes motifs et selon le même pouvoir d'appréciation, en se fondant sur celles de l'article L. 612-8 de ce code. Ainsi, le moyen tiré de ce que ladite mesure d'interdiction est entachée d'une erreur de droit pour être fondée à tort sur les dispositions de l'article L. 612-6 code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne peut qu'être écarté.

8. En dernier lieu, le moyen tiré de ce que la décision fixant son pays de renvoi, en tant qu'elle prévoit que ce pourrait être son pays d'origine, la Côte d'Ivoire, l'exposerait à des risques de traitements inhumains ou dégradants en méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, n'est assorti d'aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé, alors qu'il est constant que sa demande d'asile a été définitivement rejetée par la Cour nationale du droit d'asile.

9. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de Mme A ne sont pas fondées et doivent être rejetées, ainsi que, par conséquent, que celles présentées au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

DÉCIDE :

Article 1er : Mme A est admise provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme A est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A, à Me Christophel et au préfet de la Seine-Saint-Denis.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 septembre 2024.

Le magistrat désigné,

J.-F. BaffrayLa greffière de l'audience,

A. Macaronus

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis ou à tout autre préfet compétent en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions