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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2409666

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2409666

vendredi 26 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2409666
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantWOOG & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 8 juillet 2024, Mme B, représentée par

Me Doumi et Me Taharraoui, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de la décision du 25 juin 2024 par laquelle la section disciplinaire de l'institut de formation interhospitalier Théodore Simon (IFITS) de Neuilly-Plaisance l'a exclue pour une durée de trois mois ;

2°) d'enjoindre à l'IFITS de lui permettre de passer devant le Jury convoqué le 9 juillet 2024 ou à titre subsidiaire de lui permettre de se présenter devant le Jury du mois de novembre 2024 ;

3°) d'enjoindre à l'IFITS de lui délivrer une convention de stage, sous astreinte de 10 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'IFITS la somme de 2000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que la décision attaquée l'empêche d'obtenir son diplôme et fait ainsi obstacle à la prise d'un poste pour lequel elle bénéficie d'une promesse d'embauche ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, dès lors que la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure, d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation, d'un défaut de motivation, d'une erreur manifeste d'appréciation des faits de la cause, d'un défaut de base légale et d'une violation de l'interdiction de discrimination en raison des croyances religieuses.

Par un mémoire enregistré le 24 juillet 2024, l'IFITS conclut au rejet de la requête et de mettre à la charge de Mme B la somme de 3 000 euros au titre de l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que la condition d'urgence n'est pas remplie et qu'en tout état de cause, aucun des moyens soulevés n'est de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision litigieuse.

Vu :

- la requête enregistrée le 8 juillet 2024 sous le n° 2409695, tendant à l'annulation de la décision du 25 juin 2024 ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- l'arrêté du 21 avril 2007 relatif aux conditions de fonctionnement des instituts de formation paramédicaux ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Anne-Laure Delamarre, vice-présidente, pour statuer en qualité de juge des référés.

Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Bouamrane, greffière d'audience, Mme C a lu son rapport et entendu :

- les observations de Me Taharraoui représentant de Mme B qui persiste dans ses conclusions par les mêmes moyens en faisant valoir notamment qu'elle n'a aucune certitude quant à la possibilité de passer devant le jury en novembre 2024 et que la sanction est manifestement disproportionnée ;

- les observations de Me Parmentier du cabinet Woog et Associés, représentant l'IFITS qui maintient ses écritures en faisant valoir qu'il n'y a aucune urgence dès lors que la requérante pourra passer devant le jury lors de la session de novembre 2024 et qu'en tout état de cause les faits répétés qui lui sont reprochés sont de nature à justifier la sanction qui a été prise.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A B, étudiante en formation d'ambulancier, était inscrite au titre de l'année scolaire 2024 auprès de l'institut de formation interhospitalier Théodore Simon. Par une décision du 25 juin 2024, le directeur de cet institut a notifié à l'intéressée la sanction disciplinaire d'exclusion de formation pour une durée trois mois, prononcée à son encontre par la section compétente pour le traitement des situations disciplinaires. Mme B demande, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de cette décision.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".

2. En l'état de l'instruction, aucun moyen invoqué n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée. Par suite, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence, les conclusions aux fins de suspension de l'exécution de la décision du 25 juin 2024 doivent être rejetées. Par voie de conséquence, leurs conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées.

Sur les conclusions formées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

3. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".

4. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme au titre des frais non compris dans les dépens exposés par la requérante soit mise à la charge de l'IFITS, qui n'est pas partie perdante. Il y a lieu en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme B, la somme de 800 euros en application desdites dispositions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête est rejetée.

Article 2 : Mme B versera à l'Institut de formation interhospitalier Théodore Simon la somme de 800 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B et à l'Institut de formation interhospitalier Théodore Simon.

Fait à Montreuil, le 26 juillet 2024

Le juge des référés,

A-L C.

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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