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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2409955

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2409955

mercredi 21 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2409955
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantNAMIGOHAR

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Montreuil a rejeté comme manifestement irrecevable la requête de M. A, qui contestait un arrêté du 11 juillet 2024 l'obligeant à quitter le territoire français. Le juge a constaté que cet arrêté était matériellement inexistant, M. A ayant déjà fait l'objet d'une mesure d'éloignement le 29 mars 2024. En application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, la requête a été rejetée sans régularisation.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 13 juillet 2024, M. B A, représenté par Me Namigohar, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 11 juillet 2024 du préfet de la Seine-Saint-Denis l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, fixant le pays vers lequel il pourra être renvoyé d'office et lui interdisant de retourner sur le territoire durant deux ans ;

2°) d'enjoindre au préfet de réexaminer sa situation et de le munir d'une autorisation provisoire de séjour dans l'attente de ce réexamen ;

3°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire et de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son avocat en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser () ".

2. Il ressort des pièces du dossier, notamment de la pièce produite par le préfet de la Seine-Saint-Denis, que M. A a fait l'objet le 29 mars 2024 d'un arrêté portant obligation de quitter le territoire français qui lui a été notifié le jour même, et qu'il a été placé en rétention administrative le 6 avril 2024 jusqu'en juillet 2024 pour l'exécution de cet arrêté. Il apparaît ainsi que l'arrêté du 11 juillet 2024 dont M. A demande l'annulation, et qu'il n'a pas produit, n'existe pas. Par ailleurs, si les dispositions combinées des articles R. 776-13-2 et R. 776-18 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile font obligation à l'administration de produire les décisions attaquées, c'est à la condition qu'elles existent. Par suite, la requête de M. A est dirigée contre un acte matériellement inexistant et ne peut qu'être rejetée comme irrecevable pour ce motif, en toutes ses conclusions, y compris la demande d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire dans la mesure où son action est manifestement irrecevable au sens de l'article 7 de la loi du 10 juillet 1991.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, à Me Namigohar et au préfet de la Seine-Saint-Denis.

Fait à Montreuil, le 21 août 2024.

Le président de la 5e chambre,

J.-F. Baffray

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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