vendredi 2 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2410124 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SCP D AVOCATS SAIDJI ET MOREAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires enregistrés les 16 et 30 juillet 2024, Mme A B, représentée par Me Ponsot, demande au tribunal saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre la décision du 4 juin 2024 par laquelle l'université Paris VIII a refusé de l'admettre en première année de Master 1 mention Psychologie parcours " Psychologie clinique et psychothérapies " ;
2°) d'enjoindre à l'université Paris VIII, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, à titre principal, de la déclarer admise en Master 1 mention " psychologie clinique et psychothérapies ", à titre subsidiaire, de saisir le jury d'admission afin qu'il statue à nouveau sur son admission en master 1 mention " psychologie clinique et psychothérapies " ;
3°) de mettre à la charge de l'université de Paris VIII la somme de 1 500 euros à verser à son conseil sur le fondement des dispositions des article L.761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 sous réserve pour ce dernier de renoncer à la part contributive de l'Etat.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'elle ne peut poursuivre son parcours universitaire et qu'une inscription en master est encore susceptible d'intervenir utilement, eu égard aux modalités d'organisation de la rentrée 2024/2025 ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée dès lors que celle-ci est entachée d'un vice de procédure et qu'elle est dépourvue de base légale.
Par un mémoire en défense enregistré le 29 juillet 2024, l'université Paris 8, représentée par Me Moreau, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de Mme B la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
L'université soutient que la condition de l'urgence n'est pas remplie et qu'en outre les moyens soulevés sont infondés.
Vu :
- la requête enregistrée sous le n°2410147, tendant à l'annulation de la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Caro, première-conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 30 juillet 2024, tenue en présence de Mme Bouamrane, greffière de l'instance :
- le rapport de Mme Caro, juge des référés,
- les observations de Me Moreau représentant l'université Paris 8.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B est titulaire d'un diplôme de licence de sciences humaines et sociales, mention psychologie, obtenu à l'Université Lumière Lyon 2. La requérante a déposé sa candidature pour être admise au titre de l'année universitaire 2024- 2025 en première année de master mention Psychologie, parcours Psychologie clinique et psychothérapies de l'Université Paris 8. Par une décision du 4 juin 2024, la présidente de cette université a rejeté sa demande au motif de l'insuffisance de ses résultats par rapport aux autres dossiers de candidature. Par la présente requête, Mme B demande au juge de référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative de suspendre l'exécution de cette décision.
Sur les conclusions aux fins de suspension et d'injonction :
2. D'une part, aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ".
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'éducation : " Les formations du deuxième cycle sont ouvertes aux titulaires des diplômes sanctionnant les études du premier cycle ainsi qu'à ceux qui peuvent bénéficier de l'article L. 613-5 ou des dérogations prévues par les textes réglementaires. / Les établissements peuvent fixer des capacités d'accueil pour l'accès à la première année du deuxième cycle. L'admission est alors subordonnée au succès à un concours ou à l'examen du dossier du candidat. () ". L'article D. 612-36-2 du même code dispose : " Les établissements autorisés par l'Etat à délivrer le diplôme national de master peuvent organiser un processus de recrutement conformément aux dispositions de l'article L. 612-6. () ". Aux termes de l'article L. 712-1 du code de l'éducation : " Le président de l'université par ses décisions, le conseil d'administration par ses délibérations et le conseil académique, par ses délibérations et avis, assurent l'administration de l'université. " Aux termes de l'article L. 712-3 du même code : " () IV.- Le conseil d'administration détermine la politique de l'établissement. À ce titre : () 8° Il délibère sur toutes les questions que lui soumet le président () ". Aux termes de l'article L. 719-7 du même code : " Les décisions des présidents des universités () ainsi que les délibérations des conseils entrent en vigueur sans approbation préalable, à l'exception des délibérations relatives aux emprunts, prises de participation et créations de filiales mentionnées à l'article L. 719-5 et sous réserve des dispositions du décret prévu à l'article L. 719-9. Toutefois, les décisions et délibérations qui présentent un caractère réglementaire n'entrent en vigueur qu'après leur transmission au recteur de région académique, chancelier des universités () ". Par ailleurs, aux termes de l'article L. 221-2 du code des relations entre le public et l'administration : " L'entrée en vigueur d'un acte réglementaire est subordonnée à l'accomplissement de formalités adéquates de publicité, notamment par la voie, selon les cas, d'une publication ou d'un affichage, sauf dispositions législatives ou réglementaires contraires ou instituant d'autres formalités préalables. () ". En l'absence de dispositions prescrivant une formalité de publicité déterminée, les actes à caractère réglementaire du conseil d'administration d'une université sont opposables aux tiers après l'accomplissement de formalités adéquates de publicité et leur transmission au recteur. Cette publicité peut prendre la forme d'une mise en ligne, dans des conditions garantissant sa fiabilité, sur le site internet de cette personne publique. Toutefois, compte tenu de l'objet des délibérations et des personnes qu'elles peuvent concerner, d'autres modalités sont susceptibles d'assurer une publicité suffisante. En cas de contestation, il appartient à l'autorité compétente d'établir l'accomplissement régulier des formalités de publicité.
4. Il résulte de l'instruction que par délibération n° 2023-084 du 15 décembre 2023, le conseil d'administration de l'Université Paris 8 a approuvé les critères d'admission en première année de Master pour l'année universitaire 2024-2025. Dans le cadre de cette même délibération, le conseil d'administration a approuvé l'existence et a fixé la composition d'une commission d'examen de candidatures pour le master 1 mention Psychologie, parcours Psychologie clinique et psychothérapies auquel a candidaté la requérante. En outre, par délibération n° 2024-024 du 26 avril 2024, le conseil d'administration a défini la capacité d'accueil du master 1 mention Psychologie, parcours Psychologie clinique et psychothérapies à 60 places pour l'année universitaire 2024-2025. Ces deux délibérations ont été régulièrement publiées sur le site internet de l'université et transmises au recteur de l'académie de Créteil, respectivement, les 20 décembre 2023 et 3 mai 2024. Ainsi, la requérante était en mesure d'avoir connaissance, lorsqu'elle a déposé sa candidature, du contenu de la délibération mise en ligne, laquelle a fait l'objet d'une publicité adaptée et suffisante. Par suite, le moyen invoqué par la requérante, tiré de ce que la décision dont la suspension de l'exécution est demandée serait illégale pour être fondée sur une délibération non exécutoire et qui n'aurait pas fait l'objet d'une publicité suffisante, n'est pas, en l'état de l'instruction, propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision en litige.
5. En outre, en l'état de l'instruction et eu égard à l'office du juge des référés, aucun des autres moyens invoqués n'apparaît de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée. Par suite, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'existence d'une urgence à prononcer la suspension demandée, les conclusions de Mme B tendant à la suspension de l'exécution de cette décision ainsi que celles aux fins d'injonction doivent être rejetées.
Sur les frais d'instance :
6. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens () ". Ces dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'université Paris 8, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que Mme B demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
7. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de de l'université Paris 8 tendant à l'application de ces dispositions.
O R D O N N E :
Article 1er : la requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par l'Université Paris 8 au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et à l'université de Paris 8.
Fait à Montreuil, le 2 août 2024.
La juge des référés,
Mme Caro
La République mande et ordonne à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026