lundi 19 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2410570 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Pôle Urgences (J.U) |
| Avocat requérant | LENDREVIE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 22 juillet et 11 août 2024, M. C B, représenté par Me Lendrevie, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 21 juillet 2024 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de trois ans ;
3°) d'enjoindre au préfet de mettre fin à son signalement dans le système d'information Schengen ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 800 euros au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'auteur de l'arrêté litigieux ne justifie pas de sa compétence ;
- il est entaché d'une insuffisance de motivation ;
- il est entaché d'une erreur manifeste quant à l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale, par la voie de l'exception, du fait de l'illégalité de la décision portant refus de séjour ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision portant refus de délai de départ volontaire est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;
- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense et des pièces complémentaires, enregistrés les 1er et 7 août 2024, le préfet des Hauts-de-France conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif de Montreuil a désigné M. Bernabeu pour statuer sur les requêtes relevant des procédures prévues aux L. 921-1 et L. 921-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendu, au cours de l'audience publique du 12 août 2024 :
-le rapport de M. Bernabeu ;
-les observations de Me Lendrevie, représentant M. B.
La clôture de l'instruction a été prononcée, en application des dispositions de l'article R. 922-16 du code de justice administrative, à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant algérien né en 2005, est entré, selon ses déclarations, en France en 2021. A la suite de son interpellation par les services de police de Boulogne-Billancourt le 20 juillet 2024, le préfet des Hauts-de-Seine a pris le 21 juillet suivant un arrêté l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de renvoi et lui interdisant le retour sur le territoire français pour une durée de trois ans. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de cet arrêté.
Sur la demande d'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président [] ".
3. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'admettre M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
S'agissant de la légalité externe :
4. D'une part, par un arrêté n° 2024-22 du 19 avril 2024, le préfet des Hauts-de-Seine a délégué à Mme Guiroy, secrétaire générale adjoindre de la préfecture des Hauts-de-Seine, à l'effet de signer tous arrêtés et décisions relevant des attributions de l'Etat dans le département des Hauts-de-Seine. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision litigieuse manque en fait et doit donc être écarté.
5. D'autre part, aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée [] ".
6. Il ressort de la lecture de l'arrêté litigieux que ce dernier vise la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 611-1, 1° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont il fait application. Le préfet des Hauts-de-Seine relève que l'intéressé, de nationalité algérienne, déclare être entré irrégulièrement en France en novembre 2021, qu'il s'est maintenu en situation irrégulière sur le sol français, qu'il n'a accompli aucune démarche en vue de régulariser sa situation administrative et qu'il n'est pas titulaire d'un titre de séjour. En outre, le préfet fait état de ce que l'intéressé se déclare en concubinage sans charge de famille et qu'il n'est pas dépourvu de toute attache dans son pays d'origine où réside sa famille, de sorte que ses liens personnels et familiaux en France ne peuvent être regardés comme suffisamment anciens, intenses et stables. Par suite, la décision portant obligation de quitter le territoire français comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement.
7. Aux termes de l'article L. 613-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les décisions relatives au refus et à la fin du délai de départ volontaire prévues aux articles L. 612-2 et L. 612-5 et les décisions d'interdiction de retour et de prolongation d'interdiction de retour prévues aux articles L. 612-6, L. 612-7, L. 612-8 et L. 612-11 sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées ".
8. Il ressort de la lecture de l'arrêté contesté que ce dernier vise les dispositions des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont il fait application. En outre, le préfet, qui cite les dispositions de l'article L. 612-3, 1° du code précité, relève que l'intéressé ne justifie d'aucune circonstance particulière pour s'être maintenu irrégulièrement sur le territoire français, alors qu'il déclare être entrée irrégulièrement en France en novembre 2021. Par suite, la décision portant refus de délai de départ volontaire comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement.
9. Pour ce qui est de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français, après avoir visé les dispositions des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet des Hauts-de-Seine fait état d'un examen d'ensemble de la situation de M. B en relevant que ce dernier fait valoir une présence en France depuis 2 ans et 8 mois sans toutefois démontrer de fortes attaches sur le sol français et qu'il a fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement du 14 novembre 2022 à laquelle il ne s'est pas conformé. Par suite, l'interdiction de retour sur le territoire français est suffisamment motivée.
10. S'agissant de la décision fixant le pays de renvoi, l'arrêté litigieux mentionne les articles L. 612-12 et L. 721-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et fait état de la nationalité algérienne du requérant, permettant ainsi d'identifier l'Algérie comme pays d'origine et de destination de renvoi. Par suite, la décision fixant le pays de renvoi est suffisamment motivée.
S'agissant de la légalité interne :
11. En premier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet des Hauts-de-Seine, qui n'a pas eu à se prononcer sur une demande de titre de séjour de M. B, aurait entendu fonder la mesure d'éloignement contestée sur un refus de séjour opposé à l'intéressé, en application du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, et alors que cette mesure a été prise sur le fondement du 1° de l'article L. 611-1 du code précité, l'exception d'illégalité soulevée par M. B ne peut qu'être écartée.
12. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
13. M. B soutient que les décisions portant obligation de quitter le territoire français et interdiction de retour sur le territoire français méconnaissent son droit au respect de la vie privée et familiale dès lors que, présent en France depuis 2021, il vit en concubinage et fait des efforts pour subvenir à ses besoins. Toutefois, l'intéressé, qui fonde ses allégations sur celles retenues dans le procès-verbal de son audition le 21 juillet 2024 par les services de police, ne produit aucun élément susceptible d'étayer ses dires. Il ne justifie ainsi ni de liens privés et familiaux stables, anciens et intenses sur le territoire français, ni d'une insertion professionnelle au sein de la société française. Dans ces conditions, le préfet de la Seine-Saint-Denis n'a ni méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni entaché ses décisions d'une erreur manifeste quant à l'appréciation de leur conséquence sur la situation personnelle de M. B.
14. En dernier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que la décision portant refus de délai de départ volontaire serait entachée d'un défaut d'examen particulier de la situation de M. B.
15. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté litigieux. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais d'instance :
16. Les dispositions de l'article L. 761-1 font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante à la présente instance, la somme demandée au titre des frais engagés et non compris dans les dépens.
DÉCIDE :
Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au préfet des Hauts-de-Seine.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 août 2024.
Le magistrat désigné,
S. Bernabeu
La greffière,
M. A
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026