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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2410820

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2410820

jeudi 19 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2410820
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantCABINET HUG & ABOUKHATER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 27 juillet 2024, M. A B, représentée par Me Hug, demande au juge des référés du tribunal :

1°) de l'admettre à l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, de lui remettre le titre de voyage pour étranger (TVE) que le préfet lui a été accordé par une décision du 3 février 2024, dans un délai de sept jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et sous une astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 200 euros en application des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire en défense, enregistré le 16 aout 2024, le préfet de la Seine-Saint-Denis conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions présentées par M. B sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative et au rejet du surplus des conclusions de la requête.

Il fait valoir que, par un courrier du 14 aout 2024, M. B a été convoqué auprès des services préfectoraux le 28 aout 2024 afin d'y retirer son titre de voyage.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif a désigné M. Robbe, vice-président, pour statuer sur les demandes en référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant érythréen né le 25 mai 1993 à Mekerka (Erythrée), s'est vu reconnaitre le statut de réfugié par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 13 juin 2022. Le préfet de la Seine-Saint-Denis lui a alors délivré une carte de résident valable jusqu'au 12 juin 2032. Le 3 avril 2023, M. B a sollicité la délivrance d'un titre de voyage étranger. Cette demande a été acceptée par une décision du 3 avril 2023. Il demande au juge des référés d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer ce titre de voyage.

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 visée ci-dessus, relative à l'aide juridictionnelle : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. L'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut également être accordée lorsque la procédure met en péril les conditions essentielles de vie de l'intéressé, notamment en cas d'exécution forcée emportant saisie de biens ou expulsion. L'aide juridictionnelle est attribuée de plein droit à titre provisoire dans le cadre des procédures présentant un caractère d'urgence dont la liste est fixée par décret en Conseil d'Etat. () ".

3. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu, en raison de l'urgence qui s'attache au règlement du présent litige, d'admettre M. B, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

4. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Saisi sur le fondement de ces dispositions d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

5. Le préfet de la Seine-Saint-Denis fait valoir que, le 14 aout 2024, soit postérieurement à l'introduction de la requête, M. B a été convoqué auprès des services préfectoraux afin que lui soit remis son titre de voyage étranger le 28 aout 2024 à 14h30. L'intéressé ne conteste pas que le titre de voyage lui a été remis à cette occasion. Dans ces conditions, les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, qui tendent uniquement à ce que M. B puisse se voir délivrer son titre de voyage, sont devenues sans objet. Par suite, il n'y a plus lieu d'y statuer.

Sur les frais liés au litige :

6. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par M. B tendant à l'application à son profit des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

O R D O N N E :

Article 1er : M. B est admis à l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer son titre de voyage pour étranger.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, à Me Hug et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Une copie en sera adressée au préfet de la Seine-Saint-Denis.

Fait à Montreuil, le 19 septembre 2024.

Le juge des référés,

Jimmy Robbe

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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