lundi 19 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2411148 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Pôle Urgences (J.U) |
| Avocat requérant | LEBOUL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 3 août 2024, M. C B, représenté par Me Leboul, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 30 juillet 2024 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a renouvelé son assignation à résidence pour une durée de 45 jours à compter du 4 août 2024 ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de réexaminer sa situation dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir et de lui remettre, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour valant autorisation de travail, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 300 euros au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'arrêté litigieux est insuffisamment motivé et est entaché d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;
- il méconnaît les dispositions des articles L. 731-1 et L. 732-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il n'est pas démontré l'existence de perspectives raisonnables d'éloignement à son encontre ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que la durée d'assignation est disproportionnée en ce qu'elle l'empêche de respecter ses engagements professionnels, ne pouvant plus effectuer de livraisons en dehors du département de la Seine-Saint-Denis ;
- il est entaché d'erreur de droit dès lors que le préfet de la Seine-Saint-Denis a méconnu l'étendue de sa compétence en s'estimant en situation de compétence liée.
Le préfet de la Seine-Saint-Denis a produit des pièces, enregistrées le 10 août 2024, qui ont été communiquées.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif de Montreuil a désigné M. Bernabeu pour statuer sur les requêtes relevant des procédures prévues aux L. 921-1 à L. 921-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendu, au cours de l'audience publique du 10 août 2024 :
-le rapport de M. Bernabeu ;
-et les observations de Me Dussault, représentant le préfet de la Seine-Saint-Denis.
La clôture de l'instruction a été prononcée, en application des dispositions de l'article R. 922-16 du code de justice administrative, à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant marocain né en 1988, a sollicité le 12 novembre 2019 le renouvellement de sa carte temporaire de séjour. Par un arrêté du 13 mai 2024, le préfet de la Seine-Saint-Denis lui a refusé le séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et lui interdit le retour sur le territoire français pour une durée de trois ans. Par un arrêté du 17 juin 2024, le préfet de la Seine-Saint-Denis a assigné à résidence M. B pour une durée de 45 jours. Par un second arrêté du 30 juillet 2024, le préfet de la Seine-Saint-Denis a renouvelé l'assignation à résidence de l'intéressé pour une durée de 45 jours. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de ce dernier arrêté.
Sur la demande d'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ".
3. Dans les circonstances de l'espèce, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur sa requête, il y a lieu d'admettre, à titre provisoire, M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
S'agissant de la légalité externe :
4. Aux termes de l'article L. 732-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les décisions d'assignation à résidence, y compris de renouvellement, sont motivées ".
5. Il ressort de la lecture de l'arrêté litigieux que ce dernier vise les dispositions de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont il fait application. En outre, le préfet de la Seine-Saint-Denis a fait état de ce que l'éloignement de M. B demeure une perspective raisonnable dès lors qu'en dépit du fait qu'il n'a pu être organisé entre le 17 juin 2024 et le 4 août 2024, une demande de vol a été effectuée afin de permettre l'exécution de la mesure d'éloignement prise à son encontre est visée comme étant celle du 13 mai 2024. Par suite, la décision litigieuse comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement.
S'agissant de la légalité interne :
6. Aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : /1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; /2° L'étranger doit être éloigné en exécution d'une interdiction de retour sur le territoire français prise en application des articles L. 612-6, L. 612-7 et L. 612-8 [] ".
7. En premier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de la Seine-Saint-Denis se serait estimé en situation de compétence liée pour prendre à l'encontre de M. B une décision d'assignation à résidence d'une durée de 45 jours.
8. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'éloignement de M. B ne demeurerait pas une perspective raisonnable, alors qu'une demande de routing d'éloignement du 18 juin 2024 a été effectuée auprès de la direction nationale de la police aux frontières et qu'il n'est pas sérieusement contesté la circonstance qu'une demande de vol a été effectuée afin de permettre son éloignement. Dans ces conditions particulières, le préfet de la Seine-Saint-Denis n'a pas méconnu les dispositions de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
9. En troisième lieu, si l'intéressé soutient que la durée et les modalités de l'assignation à résidence prononcée à son encontre sont disproportionnées par rapport aux buts en vue desquels cette décision a été prise dès lors qu'elle l'empêche de respecter ses engagements professionnels, il ressort toutefois des pièces du dossier que cette mesure d'assignation à résidence permet à M. B de poursuivre son activité professionnelle dans le ressort du département de la Seine-Saint-Denis. Aussi, la seule circonstance qu'il ne pourrait plus effectuer de livraisons en dehors de la Seine-Saint-Denis n'est pas de nature, à elle seule, à caractériser la disproportion de la mesure d'assignation à résidence prise à son encontre en vue de son éloignement. Par suite, les moyens tirés de la disproportion de la mesure et de l'erreur manifeste d'appréciation ne peuvent qu'être écartés.
10. En dernier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'arrêté litigieux serait entaché d'un défaut d'examen particulier de la situation personnelle de M. B.
11. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté litigieux. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais du litige :
12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante à la présente instance, la somme demandée au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
DÉCIDE :
Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 août 2024.
Le magistrat désigné,
S. Bernabeu
La greffière,
M. A
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026