mardi 27 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2411910 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Pôle Urgences (J.U) |
| Avocat requérant | GAGEY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 5 août et le 26 août 2024, M. B A D, représenté par Me Gagey, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 4 août 2024 par lequel le préfet de Seine-et-Marne a fixé le pays à destination duquel il doit être éloigné en exécution d'une peine d'interdiction judiciaire du territoire français ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Seine-et-Marne de produire son entier dossier ;
4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
M. A D soutient que :
L'arrêté attaqué :
- est entaché d'incompétence ;
- est insuffisamment motivé ;
- est entaché d'un défaut d'examen ;
- méconnaît le principe du contradictoire garanti à l'article 41-2 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- est entaché d'une erreur de droit ;
- méconnaît l'article 21 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne ;
- méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences sur sa situation personnelle.
Par un mémoire enregistré le 27 août 2024, le préfet de la Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que la requête est irrecevable, dès lors que, par un jugement n° 2411701du 13 août 2024, la magistrate désignée a statué sur les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté attaqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Nour, première conseillère, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Nour,
- et les observations de Me Gagey, représentant M. A D, assisté de Mme F, interprète.
La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A D, ressortissant de nationalité tunisienne né en 1983, demande l'annulation de l'arrêté du 4 août 2024 par lequel le préfet de Seine-et-Marne a fixé le pays à destination duquel il doit être éloigné en exécution d'une peine d'interdiction judiciaire du territoire français.
Sur l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Le premier alinéa de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 dispose que " dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente () ". Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de prononcer l'admission provisoire de M. A D au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
3. Il ressort des pièces du dossier, notamment du jugement n° 2411701 du 13 août 2024, que le tribunal administratif de Montreuil a rejeté la requête de M. A D dirigée contre la décision du 31 juillet 2024 par laquelle le préfet de Seine-et-Marne a fixé la Tunisie comme pays de destination. Dès lors que la présente requête est dirigée contre l'arrêté du 4 août 2024 du préfet de la Seine-Saint-Denis, soit un acte distinct, celui-ci n'est pas fondé à soutenir que l'autorité de la chose jugée doit être opposée au requérant, de sorte que la fin de non-recevoir doit être écartée.
Sur le surplus des conclusions de la requête :
4. En premier lieu, par un arrêté du 26 septembre 2023, régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture, le préfet de Seine-et-Marne a donné délégation de signature à Mme E C, en sa qualité d'attachée d'administration de l'Etat, chef du bureau de l'éloignement à la préfecture de Seine-et-Marne, pour signer les décisions relatives à l'éloignement des étrangers, l'immigration et l'intégration. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.
5. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué énonce l'ensemble des considérations de droit et de fait sur lesquelles il se fonde, avec un degré de précision suffisant pour mettre M. A D en mesure de discuter utilement les motifs de cet acte. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet n'aurait pas procédé à un examen sérieux de sa situation. Par suite, les moyens tirés de l'insuffisante motivation et du défaut d'examen dont serait entaché l'arrêté attaqué doivent être écartés.
6. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier, notamment du courrier du 31 juillet 2024 produit en défense, que le préfet de la Seine-et-Marne a informé M. A D qu'il envisageait de l'éloigner à destination de la Tunisie en exécution d'une peine d'interdiction de territoire, l'a invité à présenter ses observations, que ce courrier a été notifié à l'intéressé le 31 juillet 2024 et que celui-ci a formulé des observations. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir qu'il n'aurait pas été destinataire de ce courrier ni n'a pu présenter ses observations, de sorte que le moyen tiré de la méconnaissance de son droit d'être entendu doit être écarté.
7. En quatrième lieu, les moyens tirés de l'erreur de droit, de la méconnaissance de l'article 21 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne et de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, non assortis des précisions permettant d'en apprécier la portée et le bien-fondé, doivent être écartés.
8. En cinquième lieu, aux termes des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
9. Si M. A D soutient qu'il serait exposé à des risques de traitements inhumains et dégradants ainsi qu'à des menaces pour sa vie en cas de retour en Tunisie, il ne produit aucun élément sur ce point. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut qu'être écarté.
10. En dernier lieu, il résulte de ce qui précède que l'arrêté attaqué n'est pas entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
11. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation et d'injonction de la requête doivent être rejetées, de même que, par conséquent, celles tendant à l'application des dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : M. A D est admis à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A D est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A D et au préfet de la Seine-et-Marne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 août 2024.
La magistrate désignée,
C. Nour La greffière,
C. Le Ber
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-et-Marne en ce qui la concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026