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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2412156

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2412156

mardi 10 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2412156
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationPôle Urgences (J.U)
Avocat requérantHASSAINE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 26 août 2024, M. A D alias C B, retenu au centre de rétention administrative du Mesnil-Amelot n° 3, représenté par Me Hassaine, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 24 août 2024 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office, et l'a interdit de retour pour une durée d'un an ;

2°) d'ordonner à l'administration la production de son entier dossier ;

M. D soutient que l'arrêté :

- est entaché d'incompétence ;

- est insuffisamment motivé ;

- est entaché d'un défaut d'examen sérieux et particulier ;

- est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences sur sa situation personnelle ;

- est entaché d'une erreur de droit ;

- a été prise en méconnaissance du principe du contradictoire garanti par le paragraphe 2 de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- viole l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- viole l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales

Par un mémoire en défense, enregistré le 10 septembre 2024, le Préfet des Hauts-de-Seine , conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par M. D n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

La présidente du Tribunal a désigné Mme Morisset, première conseillère, en application des dispositions de l'article R. 776-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Morisset ;

- et les observations de Me Hassaine, représentant M. D assisté de Mme E, interprète assermentée en langue arabe, qui conclut aux mêmes fins que la requête, mais ne maintient qu'un seul moyen de la requête, tiré du défaut d'examen sérieux de sa situation à raison de sa santé. Il soutient, en outre, être en France depuis 2017 et avoir un domicile stable, que les faits qui lui sont reprochés tiennent à ce qu'il n'avait pas les clés de chez lui et qu'il est entré par la fenêtre ; il est vulnérable dit avoir des problèmes cardiaques.

- M. D, assisté de Mme E, interprète assermentée en langue arabe, qui indique qu'il est entré en France en 2017 pour y être soigné et travailler, il indique vivre chez un cousin, qui aurait pris toutes ses affaires, ses dossiers et ses papiers. A propos de ses différentes interpellations, il indique ne pas avoir été en garde à vue depuis un an et qu'il était jeune lorsqu'elles ont eu lieu.

Le préfet des Hauts-de-Seine n'était ni présent ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. A D, portant plusieurs alias dont celui de C B, ressortissant algérien, né le 20 aout 2004, est entré en France en 2018 selon ses déclarations. L'intéressé a été interpellé le 24 août 2024 pour des faits de vol en réunion dans un local d'habitation en pénétrant par escalade et a été placé le jour même en retenue administrative pour vérification de son droit au séjour. Par arrêté du 24 aout 2024, le Préfet des Hauts-de-Seine a obligé l'intéressé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office et a prononcé une interdiction de retour pour une durée d'un an. M. D demande au tribunal d'annuler cet arrêté.

Sur la production de l'entier dossier :

2. Aux termes de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () L'étranger peut demander au président du tribunal administratif ou au magistrat désigné à cette fin () la communication du dossier contenant les pièces sur la base desquelles la décision contestée a été prise ".

3. La décision contestée ayant été produite, l'affaire étant en état d'être jugée et le principe du contradictoire ayant été respecté, il n'apparaît pas nécessaire, dans les circonstances de l'espèce, d'ordonner la communication de l'entier dossier de M. D détenu par l'administration.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

4. L'arrêté querellé du 24 aout 2024 du Préfet des Hauts-de-Seine mentionne les motifs de droit et de fait qui en constituent le fondement et notamment cite la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions pertinentes du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, mentionne des éléments de la situation personnelle de M. D et indique que la décision prise ne contrevient pas aux stipulations de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. L'autorité préfectorale n'est pas tenue de mentionner l'ensemble des éléments de la situation de l'intéressé, mais seulement ceux sur lesquels elle a fondé sa décision. En outre, il ne ressort ni des termes de cet arrêté, ni des autres pièces versées au dossier, que le Préfet des Hauts-de-Seine n'aurait pas procédé, compte tenu des informations en sa possession à la date de sa décision, à un examen particulier de la situation personnelle de l'intéressé. Au surplus, si le requérant se prévaut d'un problème cardiaque, il n'en justifie pas. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen de sa situation personnelle doit être écarté comme manquant en fait.

5. Il résulte de tout ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 24 aout 2024, par lequel le Préfet des Hauts-de-Seine l'a obligé à quitter le territoire français, lui a refusé l'octroi d'un délai de départ volontaire, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an.

D E C I D E :

Article 1 : La requête de M. D est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D et au préfet des Hauts-de-Seine .

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 septembre 2024 .

La magistrate désignée,

A. MORISSET

La greffière,

C. Goossens La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

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