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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2412178

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2412178

mardi 1 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2412178
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSCP D AVOCATS SAIDJI ET MOREAU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 27 août 2024, complétée par deux mémoires enregistrés les 6 septembre et 9 septembre 2024 à 13h36, Mme A, représenté par Me Verdier, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de prononcer la suspension de la décision du 4 juin 2024 par laquelle l'université Paris 8 a refusé son admission en Master 1 mention " Psychologie Parcours Psychologie du développement : éducateur, troubles et problématiques actuelles - Formation à distance " ;

2°) d'enjoindre au chef d'établissement de l'université Paris 8 de procéder à son inscription en Master 1 mention " Psychologie Parcours Psychologie du développement : éducateur, troubles et problématiques actuelles - Formation à distance ", à titre provisoire, dans le délai de 15 jours à compter de la notification de la décision à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'université Paris 8 la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'urgence est constituée, dès lors qu'elle se trouve privée de la possibilité de poursuivre ses études, l'empêchant de réaliser son projet de reconversion professionnelle, alors que toutes ses autres demandes d'admission en master ont été rejetées, qu'elle a saisi le rectorat sans résultat et qu'eu égard à l'imminence de la rentrée scolaire, elle ne pourra pas bénéficier d'une décision de fond à temps ;

- il existe un moyen propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée tiré, en premier lieu, de l'inopposabilité des modalités de sélection en master à l'université Paris 8 au titre de l'année 2024/2025, dès lors que ceux-ci n'ont pas fait l'objet d'une publication régulière avant l'ouverture des candidatures, en méconnaissance du principe posé par l'article L. 221-2 du code des relations entre le public et l'administration, en deuxième lieu, de l'absence de base légale, en troisième lieu, de l'absence de signature de la décision, et en dernier lieu, de la violation de l'article L 712-2 du code de l'éducation en ce qu'il n'est pas permis au public, ainsi qu'aux candidats, de vérifier quel jury et selon quelles modalités a statué.

Par un mémoire en défense enregistré le 5 septembre 2024, l'université Paris 8, représentée par Me Moreau, conclut au rejet de la requête en l'absence d'urgence et de doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée.

Vu :

- la requête, enregistrée le 13 juin 2024 sous le n° 2408218, tendant à l'annulation de la décision du 4 juin 2024 par laquelle l'université Paris 8 a refusé son admission en Master 1 ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de l'éducation ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Tukov, vice-président, pour statuer en qualité de juge des référés.

Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique, tenue le 9 septembre 2024 à 14h30, en présence de Mme Amzal, greffière d'audience :

- le rapport de M. Tukov, juge des référés,

- les observations de Me Verdier, représentant Mme A.

- les observations de Me Moreau, représentant l'Université Paris 8.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A a candidaté via la plateforme nationale Mon Master, au master 1 mention " Psychologie Parcours Psychologie du développement : éducateur, troubles et problématiques actuelles ", assuré à distance, de l'université Paris 8. Le 4 juin 2024, elle a été informée du rejet de sa candidature. Par la présente requête, Mme A demande au juge des référés de suspendre l'exécution de la décision du 4 juin 2024 et d'enjoindre à l'université Paris 8 de procéder à titre provisoire à son inscription en première année de master " Psychologie Parcours Psychologie du développement : éducateur, troubles et problématiques actuelles ".

Sur la demande présentée sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".

3. En l'état de l'instruction, aucun des moyens de la requête n'est susceptible de créer un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée.

4. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter la requête en toutes ses conclusions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A et à l'université Paris 8.

Fait à Montreuil, le 1er octobre 2024

Le juge des référés,

C. Tukov

La République mande et ordonne à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2412178

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