vendredi 20 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2412199 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Pôle Urgences (J.U) |
| Avocat requérant | BIROLINI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 28 août 2024 et 15 septembre 2024, M. B A, actuellement retenu au centre de rétention administrative n° 3 du Mesnil-Amelot, représenté par Me Birolini, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 3 juillet 2024, notifié le 24 août suivant par lequel le préfet du Val d'Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, en fixant le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de territoire d'une durée de trois ans ;
2°) d'enjoindre à l'autorité administrative d'examiner sa demande de titre de séjour dans le délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) d'annuler le signalement dont il fait l'objet dans le système d'information Schengen pour la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 200 euros en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne l'ensemble des arrêtés litigieux :
- la compétence du signataire n'est pas établie ;
- ils sont entachés d'une insuffisance de motivation ;
- ils sont entachés d'un défaut d'examen sérieux et particulier ;
- ils sont entachés d'une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences sur sa situation personnelle ;
- ils sont entachés d'une erreur de de droit ;
- le préfet a méconnu le principe du contradictoire garanti par l'article 41-2 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne.
- ils méconnaissent l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales
- ils méconnaissent l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales.
Il soutient également que :
En ce qui concerne la décision portant refus de délivrance de titre de séjour :
- elle méconnaît l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 7 de l'accord franco-tunisien ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation ;
- elle méconnait le principe général du droit de l'union européenne du droit d'être entendu ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 611-1 5° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination ;
- elle est illégale par exception d'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;
En ce qui concerne la décision de refus de départ volontaire :
- elle est illégale par exception d'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;
- elle méconnaît l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
En ce qui concerne la décision d'interdiction de retour sur le territoire ;
- elle est illégale par exception d'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français sans délai ;
- elle est entachée d'erreur de droit au regard de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 septembre 2024, le préfet du Val d'Oise conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la requête tardive est irrecevable ;
- les moyens soulevés par le requérant sont infondés.
La présidente du Tribunal administratif de Montreuil a désigné Mme Caro, pour statuer sur les requêtes tendant à l'annulation des mesures d'éloignement adoptées à l'encontre de ressortissants étrangers faisant l'objet d'un placement en rétention et des décisions accompagnant ces mesures.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 18 septembre 2024 :
- le rapport de Mme Caro,
- et les observations de Me Birolini, représentant M. A, présent à l'audience, reprenant les conclusions et moyens de la requête. En outre, le requérant confirme vivre chez sa mère Mme D, au 9 rue de la justice mauve, à Cergy. Interrogé sur le décès allégué de son père, le requérant indique que celui-ci est vivant, réside en Tunisie, mais qu'il n'a plus aucun lien avec ce dernier.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant tunisien né le 2 septembre 2003, à Mazara del Vallo (Italie) est entré irrégulièrement en France le 21 novembre 2013 selon ses déclarations. Le requérant a sollicité le 22 mars 2022 un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 3 juillet 2024, le préfet du Val d'Oise a rejeté sa demande, au motif de la menace à l'ordre public qu'il représente, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, en fixant le pays de destination, a prononcé à son encontre une interdiction de territoire d'une durée de trois ans. Par la présente requête, le requérant demande l'annulation de ces décisions.
Sur la fin de non-recevoir soulevée en défense :
2. Aux termes de l'article L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, applicable à l'arrêté litigieux : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas assortie d'un délai de départ volontaire, le président du tribunal administratif peut être saisi dans le délai de quarante-huit heures suivant la notification de la mesure () ". Aux termes du II de l'article R. 776-2 du code de justice administrative, applicable à l'arrêté litigieux : " Conformément aux dispositions de de l'article L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la notification par voie administrative d'une obligation de quitter sans délai le territoire français fait courir un délai de quarante-huit heures pour contester cette obligation et les décisions relatives au séjour, à la suppression du délai de départ volontaire, au pays de renvoi et à l'interdiction de retour ou à l'interdiction de circulation notifiées simultanément () ". Aux termes de l'article R. 421-5 du code de justice administrative : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ".
3. Il incombe à l'administration, lorsqu'elle oppose une fin de non-recevoir tirée de la tardiveté d'une action introduite devant une juridiction administrative, d'établir la date à laquelle la décision attaquée a été régulièrement notifiée à l'intéressé. Compte tenu des modalités de présentation des plis recommandés prévues par la réglementation postale, doit être regardé comme portant des mentions précises, claires et concordantes suffisant à constituer la preuve d'une notification régulière le pli recommandé retourné à l'administration auquel est rattaché un volet " avis de réception " sur lequel a été apposée par voie de duplication la date de vaine présentation du courrier, et qui porte, sur l'enveloppe ou sur l'avis de réception, l'indication du motif pour lequel il n'a pu être remis.
4. D'une part, il ressort des pièces du dossier que l'arrêté attaqué comporte l'indication de voies et délais de recours.
5. D'autre part, le préfet du Val d'Oise a adressé l'arrêté attaqué par lettre recommandée avec avis de réception à M. A. Celle-ci a été présentée le 8 juillet 2024, à l'adresse où il réside, située à Cergy, ainsi que le mentionne l'attestation d'hébergement du 27 août 2024 de M. C, chef de service, au sein de l'association " A.P.U.I les villageoises " qui certifie que Mme D, ainsi que son fils, M. A, résident au 9, rue de la justice mauve à Cergy, appartement 54 depuis le 8 septembre 2021. Si sur l'avis de passage, cette adresse est partiellement couverte par l'étiquette adhésive sur laquelle la case " pli avisé et non réclamé " a été cochée, le numéro 2C181428 0956 6 figurant sur l'avis de réception de la lettre recommandée correspond à celui de la preuve de la distribution et de l'avis de passage du facteur, où l'adresse complète est entièrement visible. En outre, cette mention établit que le pli a bien été présenté et que son destinataire a été avisé de sa mise en instance au bureau de poste. Si le requérant soutient que cet avis de passage n'a jamais été reçu, il ne remet pas utilement en cause ces éléments précis, clairs et concordants de nature à établir que la décision du 3 juillet 2024 lui a été régulièrement notifiée, dès lors qu'il n'a pas retiré ce pli à la date de sa première présentation. Au demeurant, M. A a reconnu par écrit le 24 août 2024, ainsi qu'à l'audience avoir reçu notification des décisions litigieuses, lors de son placement en rétention, le 24 août 2024 à 14 heures 45. Dès lors, l'intéressé disposait, à compter de la notification de l'arrêté, d'un délai de 48 heures pour former un recours contre ces décisions. Or, la requête présentée par M. A tendant à l'annulation de cet acte n'a été enregistrée au greffe du tribunal que le 28 août 2024, soit après l'expiration du délai de recours contentieux qui lui était imparti. Par suite, cette requête tardive ne pouvant être régularisée, elle est entachée d'une irrecevabilité et doit, dès lors, être rejetée, y compris ses conclusions aux fins d'injonction et aux frais liés au litige.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Birolini et au préfet du Val d'Oise.
Rendu public et mise à disposition par le greffe le 20 septembre 2024.
La magistrate désignée,
N. Caro La greffière,
C. Le Ber
La République mande et ordonne au préfet du Val d'Oise en ce qui la concerne ou à tout préfet territorialement compétent, et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026