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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2413002

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2413002

mercredi 25 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2413002
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantCABINET CENTAURE AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Montreuil, statuant par ordonnance, était saisi par M. A, ressortissant pakistanais, d’un recours pour excès de pouvoir contre un arrêté du préfet de la Seine-Saint-Denis du 11 septembre 2024 le maintenant en rétention administrative. Le juge a constaté que, en raison du rejet antérieur de sa demande d’asile et de sa demande de réexamen comme irrecevable, le droit au maintien sur le territoire avait pris fin en application de l’article L. 542-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Il a relevé que M. A avait été éloigné du territoire français le 17 septembre 2024, rendant les conclusions de la requête sans objet. En conséquence, le tribunal a prononcé un non-lieu à statuer sur la requête.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 12 septembre 2024, M. C A, alors retenu au centre de rétention du Mesnil-Amelot, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 11 septembre 2024 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis l'a maintenu en rétention administrative ;

2°) d'enjoindre à l'autorité administrative de procéder sans délai et sous astreinte à la délivrance d'une attestation de demande d'asile au titre de l'article L. 754-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile jusqu'à la décision de la Cour nationale du droit d'asile, et de lui fournir les droits prévus pa la directive du 26 juin 2013 ainsi qu'un lieu susceptible de l'accueillir et une allocation journalière.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Montreuil a désigné M. B pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions portant mesure d'éloignement des ressortissants étrangers en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Considérant ce qui suit :

1. M. C A, de nationalité pakistanaise, né le 16 janvier 1994, a fait l'objet de deux mesures d'éloignement prises par le préfet de Lot-et-Garonne et le préfet de Seine-Saint-Denis respectivement les 9 octobre 2020 et 5 décembre 2022. Par arrêté du 19 juin 2024, le préfet de la Seine-Saint-Denis a décidé son placement en rétention administrative. Par un arrêté du 11 septembre 2024, dont M. A demande l'annulation pour excès de pouvoir, le préfet de la Seine-Saint-Denis l'a maintenu en rétention.

2. Aux termes de l'article L. 542-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 542-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin : / () 2° Lorsque le demandeur : / () b) a introduit une première demande de réexamen, qui a fait l'objet d'une décision d'irrecevabilité par l'office en application du 3° de l'article L. 531-32, uniquement en vue de faire échec à une décision d'éloignement ; () ". Aux termes de l'article L. 754-5 du même code : " A l'exception des cas mentionnés aux b et c du 2) de l'article L. 542-2, la décision d'éloignement ne peut être mise à exécution avant que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ait rendu sa décision ou, en cas de saisine du président du tribunal administratif, avant que ce dernier ou le magistrat désigné à cette fin ait statué. ".

3. Aux termes des dispositions de l'article R. 776-15 du code de justice administrative, applicable aux décision de maintien en rétention prévues par l'article L. 754-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en vertu de l'article R. 777-2-3 du code de justice administrative : " Les jugements sont rendus, sans conclusions du rapporteur public, par le président du tribunal administratif ou le magistrat qu'il désigne à cet effet. / Les attributions dévolues par les dispositions réglementaires du présent code à la formation de jugement ou à son président sont exercées par ce magistrat. / Il peut, par ordonnance : / () / 3° Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur un recours ; / (). ".

4. M. A a présenté une première demande d'asile rejetée par décision de l'OFPRA en date du 23 juillet 2020. Il a présenté une demande de réexamen qui a été rejetée comme irrecevable par décision de l'OFPRA du 11 mars 2022. Dans ces conditions, et en application des dispositions citées au point 2, il a été mis fin à sa rétention le 17 septembre 2024 et l'intéressé a été éloigné du territoire français. Dès lors, les conclusions de la requête sont devenues sans objet. Par suite, il n'y a plus lieu d'y statuer.

ORDONNE :

Article 1 : Il n'y a pas lieu de statuer les conclusions de la requête de M. A.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au préfet de la Seine-Saint-Denis.

Fait à Montreuil, le 25 septembre 2024.

Le magistrat désigné,

Y. B

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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