vendredi 4 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2413049 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Pôle Urgences (J.U) |
| Avocat requérant | CABINET CENTAURE AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 13 septembre et
2 octobre 2024, M. A B, représenté par Me Mileo, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions du 7 août 2024 par lesquelles le préfet de la
Seine-Saint-Denis a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et lui a interdit de retourner sur le territoire français pour une durée de quatre ans ;
2°) d'enjoindre au préfet territorialement compétent de lui délivrer un titre de séjour portant la mention vie privée et familiale dans un délai d'un mois à compter la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à défaut, de réexaminer sa situation et de lui délivrer durant ce réexamen une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;
3°) d'enjoindre au préfet territorialement compétent de procéder à l'effacement de son signalement dans le système d'information Schengen ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 500 euros sur le fondement des articles L. 761-1 et R. 776-20 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen ;
- elle est entachée d'un vice de procédure tirée de la consultation irrégulière des données provenant du fichier du traitement des antécédents judiciaires et du fichier automatisé des empreintes digitales ;
- elle méconnait les dispositions de l'article L.432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il ne représente pas une menace grave et actuelle à l'ordre public ; son comportement a été exemplaire durant la période de détention ; il n'a commis aucune infraction depuis sa sortie de prison le 20 juin 2020 ; le signalement au fichier des antécédents judiciaires pour des faits de viol en état d'ivresse en juillet 2018 n'est pas établi par le préfet ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions des articles L.423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est entachée d'illégalité en ce qu'elle est fondée sur une décision portant refus de titre de séjour elle-même illégale ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
En ce qui concerne la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :
- elle est entachée d'illégalité en ce qu'elle est fondée sur une décision portant obligation de quitter le territoire français elle-même illégale ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
- elle est entachée d'illégalité en ce qu'elle est fondée sur une décision portant obligation de quitter le territoire français elle-même illégale ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
En ce qui concerne la décision d'interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de quatre ans :
- elle est entachée d'illégalité en ce qu'elle est fondée sur une décision portant obligation de quitter le territoire français elle-même illégale ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen ;
- elle méconnait les dispositions de l'article L.612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Le préfet de la Seine-Saint-Denis a produit des pièces enregistrées le 2 octobre 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant signée à New-York le 26 janvier 1990 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Biscarel, conseillère, pour statuer selon les procédures prévues aux articles L.921-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Biscarel,
- les observations de Me Mileo, représentant M. B, présent, qui conclut aux mêmes fins et par les mêmes moyens et soutient en outre, qu'il présente des garanties de représentation suffisantes ;
- et les observations de Me Khan, représentant la préfecture de la Seine-Saint-Denis qui conclut au rejet de la requête et soutient en outre que la menace à l'ordre public est caractérisée et actuelle ; que le préfet n'est pas lié par l'avis de la commission du titre de séjour ; la circonstance que M. B soit l'unique source de revenus de sa famille n'est pas de nature, à elle seule, à caractériser une méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant togolais né le 23 juillet 1985, déclare être entré sur le territoire français en 2010. En exécution du jugement n° 2005853 du 11 mai 2022 du tribunal administratif de Montreuil ayant annulé l'arrêté du 12 juin 2020 portant refus de titre de séjour et enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis de réexaminer sa situation, ce dernier a, par des décisions du 7 août 2024 refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et lui a interdit de retourner sur le territoire français pour une durée de quatre ans. Par une ordonnance du 20 septembre 2024 de la
cour d'appel de Paris, M. B a été assigné à résidence. M. B demande l'annulation des décisions du 7 août 2024.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. En premier lieu, la décision attaquée mentionne les textes dont elle fait application et notamment les articles L. 423-7 et L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle expose par ailleurs, avec suffisamment de précisions, les circonstances de fait sur lesquelles le préfet de la Seine-Saint-Denis s'est fondé pour rejeter la demande de titre de séjour de M. B. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
3. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de la
Seine-Saint-Denis aurait omis d'examiner la situation particulière du requérant avant de refuser de lui délivrer un titre de séjour.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article L.412-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile du même code : " " La circonstance que la présence d'un étranger en France constitue une menace pour l'ordre public fait obstacle à la délivrance et au renouvellement de la carte de séjour temporaire (). " et aux termes de l'article L. 432-1 du même code : " La délivrance d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle ou d'une carte de résident peut, par une décision motivée, être refusée à tout étranger dont la présence en France constitue une menace pour l'ordre public. ".
5. Pour refuser à M. B le renouvellement de sa carte de séjour en qualité de parent d'enfants français sur le fondement des articles L.412-5 et L.432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet a retenu d'une part, que l'intéressé a été condamné le 29 novembre 2013 par la cour d'assises de la Seine-Saint-Denis à une peine de quatorze ans de réclusion criminelle pour des faits de viol commis sur un mineur de 15 ans, agression sexuelle sur un mineur de plus de 15 ans par une personne ayant autorité sur la victime, violence sur un mineur de 15 ans sans incapacité, agression sexuelle et violence avec usage ou menace d'une arme sans incapacité et, d'autre part, sur la circonstance que
M. B est défavorablement connu au fichier de traitement des antécédents judiciaires pour des faits de viol commis par une personne en état d'ivresse manifeste datant du
20 juillet 2008. Il ressort toutefois des pièces du dossier que le préfet de la Seine-Saint-Denis aurait pris la même décision s'il s'était fondé sur la seule circonstance que M. B a été condamné une peine de quatorze de réclusion criminelle. Ainsi, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et le moyen tiré des vices de procédure en lien avec la consultation du fichier automatisé des empreintes digitales et de la consultation du fichier du traitement des antécédents judiciaires doivent être écartés comme inopérants.
6. En quatrième lieu, aux termes de l'article L.423-7 : " L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France et qui établit contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil, depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. "
7. Il résulte de ce qui a été dit au point précédent qu'eu égard à la nature et à la gravité des faits qui ont valu à M. B une condamnation à une peine d'emprisonnement de quatorze ans et alors même qu'il a bénéficié, en raison de son bon comportement en détention, de réduction de peine, qu'il a travaillé en détention et a suivi des formations, le préfet de la Seine-Saint-Denis n'a pas fait une inexacte appréciation des circonstances de l'espèce en estimant que le comportement de l'intéressé constituait toujours, à la date de la décision attaquée, une menace pour l'ordre public. Dans ces conditions, M. B n'établit pas que le préfet de la Seine-Saint-Denis aurait méconnu les dispositions de l'article L. 423-7 de code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en refusant de lui délivrer un titre de séjour en qualité de père d'enfants français.
8. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. ". Aux termes de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " 1. Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. () ".
9. Si M. B se prévaut de sa présence en France depuis octobre 2000, de sa relation avec sa compagne, Mme C, et de sa qualité de parents d'enfants français, il résulte toutefois de ce qui a été dit au point 5 que M. B a été condamné le
29 novembre 2013 par la cour d'assises de la Seine-Saint-Denis à une peine de réclusion criminelle de quatorze ans et constitue une menace pour l'ordre public. Compte-tenu de ses éléments et nonobstant la circonstance qu'il bénéficie d'un contrat à durée indéterminée depuis le 31 août 2023, ainsi qu'il en atteste, le préfet de la Seine-Saint-Denis, en prenant la décision attaquée, n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise eu égard à la gravité de la menace pour l'ordre public que représente la présence de l'intéressé sur le territoire. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
10. En sixième lieu, aux termes des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " 1. Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. / () ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.
11. La décision portant refus de titre de séjour n'a pas pour conséquence de séparer les enfants de M. B de leur père et, ainsi, ne porte pas à l'intérêt supérieur de ceux-ci une atteinte méconnaissant les stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale précitée.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
12. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment que la décision de refus de titre de séjour n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, M. B ne saurait se prévaloir de l'illégalité de cette décision pour demander l'annulation de la décision l'obligeant à quitter le territoire français.
13. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 9, la décision en litige n'a pas porté au droit de M. B au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise et n'a ainsi pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
14. En dernier lieu, pour les motifs exposés au point 9, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet aurait insuffisamment pris en compte l'intérêt supérieur des enfants de
M. B. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant refus du délai de départ volontaire :
15. En premier lieu, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'étant pas illégale, le moyen tiré, par la voie de l'exception, de l'illégalité de cette décision, doit être écarté.
16. En deuxième lieu, aux termes de de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants :
1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; () 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité () qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale () ".
17. Pour refuser à M. B un délai de départ volontaire, le préfet s'est fondé sur la circonstance que son comportement constitue une menace pour l'ordre public et qu'il existe un risque qu'il se soustraie à l'obligation de quitter le territoire français. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire ne serait pas suffisamment motivée doit être écarté. Pour les mêmes motifs et au vu des éléments contenus dans la décision attaquée, le moyen tiré de ce que la décision serait entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation doit également être écarté.
18. En troisième lieu, si le requérant fait valoir qu'il présente des garanties de représentation dès lors qu'il justifie d'un passeport en cours de validité et d'une adresse effective et permanente connue par les services de la préfecture depuis 2020, il résulte toutefois de l'instruction que le préfet aurait pris la même décision en se fondant sur le seul motif tiré de ce que l'intéressé constitue une menace pour l'ordre public.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
19. En premier lieu, la décision d'obligation de quitter le territoire français n'étant pas illégale, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de cette décision ne peut qu'être écarté.
20. En second lieu, l'arrêté contesté vise notamment les articles L. 721-3 à L. 721-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et relève que M. B est de nationalité togolaise. En outre, le préfet indique que M. B n'établit pas être exposé à des peines ou traitements contraires à la convention européenne des droits de l'homme en cas de retour dans son pays d'origine. L'arrêté comporte ainsi l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision fixant le pays de renvoi. Dès lors, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation manque en fait et doit, par suite, être écarté.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de quatre ans :
21. En premier lieu, la décision d'obligation de quitter le territoire français n'étant pas illégale, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de cette décision ne peut qu'être écarté.
22. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour./ Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public. " et aux termes de l'article
L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. : () ". Aux termes de l'article L. 613-2 du même code : " Les () décisions d'interdiction de retour () prévues aux articles L. 612-6 () sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées ".
23. L'arrêté litigieux vise les dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et précise que l'examen d'ensemble de la situation de l'intéressé a été effectué au regard de l'article L. 612-10 précité, qui vise les critères devant être pris en considération pour prononcer la mesure attaquée. A cet égard, le préfet développe dans son arrêté des éléments de fait relatifs à la durée de présence de l'intéressé sur le territoire français, la nature de ses liens avec la France, et notamment qu'il père d'enfants français, ainsi que la circonstance qu'il constitue une menace à l'ordre public. Par suite, l'arrêté litigieux fait état, de manière suffisamment circonstanciée, des éléments de la situation de l'intéressé au vu desquels le préfet a prononcé une décision d'interdiction de retour sur le territoire français et fixé sa durée à quatre ans. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté. Pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 3, le moyen tiré du défaut d'examen particulier de la situation de M. B doit également être écarté.
24. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'en fixant à quatre années la durée de l'interdiction de retourner sur le territoire français dont M. B a fait l'objet en conséquence de son obligation de quitter le territoire français sans délai, compte tenu de la menace à l'ordre public qu'il représente, le préfet de la Seine-Saint-Denis ait inexactement appliqué les dispositions précitées au regard des critères fixés par l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de la durée maximale prévue par l'article L. 612-6. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article L.612-10 doit être écarté.
25. En dernier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet aurait commis une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la mesure d'interdiction de retour sur la situation personnelle de M. B.
26. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions du 7 août 2024. Par suite, sa requête doit être rejetée, y compris ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement des articles L. 761-1 et R. 776-20 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er: La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de la
Seine-Saint-Denis.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 octobre 2024.
La magistrate désignée,
B. Biscarel
La greffière,
C. Goossens
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2515745
01/07/2026
Tribunal Administratif de Toulon — N° TA83-2502101
01/07/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608358
01/07/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2607258
01/07/2026