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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2413051

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2413051

mercredi 25 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2413051
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantNHOUYVANISVONG

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 13 septembre 2024, M. C A B, représenté par Me Nhouyvanisvong, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet de La Réunion de transmettre au préfet de la Seine-Saint-Denis l'intégralité des éléments de sa demande de naturalisation enregistrée le 13 mai 2023 sur la plateforme de l'administration numérique des étrangers en France (ANEF), dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, et ce, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis d'instruire dans un délai de deux mois sa demande de naturalisation, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à lui verser au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative ;

4°) de condamner l'Etat aux entiers dépens.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'en raison d'un dysfonctionnement informatique, son domicile a été enregistré à Saint-Denis de la Réunion, et ce, alors qu'il réside à La Courneuve en Seine-Saint-Denis, que sa demande de naturalisation a été affectée à la préfecture de La Réunion, que le préfet de la Réunion a classée sans suite sa demande de naturalisation au motif qu'il ne réside pas dans le département de la Réunion, que ce dysfonctionnement informatique a des conséquences sur ses autres démarches administratives et lui cause un préjudice moral, que l'absence de décision sur sa naturalisation l'empêche d'évoluer dans sa carrière professionnelle ;

- les mesures sollicitées sont utiles dès lors qu'elles lui permettront de faire examiner sa demande de naturalisation ;

- les mesures demandées ne se heurtent à aucune contestation sérieuse ;

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Montreuil a désigné M. Gauchard, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant guinéen, né le 20 mai 1980 à Calequisse (Guinée-Bissau), titulaire d'une carte de résident, en qualité de réfugié, valable du 29 septembre 2020 au 28 septembre 2030, a déposé une demande de naturalisation sur la plateforme de l'ANEF le 13 mai 2023. Par la présente requête il demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de La Réunion de transmettre au préfet de la Seine-Saint-Denis l'intégralité des éléments de sa demande de naturalisation, et d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis d'instruire dans un délai de deux mois cette même demande de naturalisation.

2. Aux termes de l'article L. 522-3 du code de justice administrative : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

3. Aux termes de l'article L. 511-1 du code précité : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire () ". Selon l'article L. 521-3 du même code : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".

4. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. S'agissant de la condition d'urgence à laquelle est notamment subordonné le prononcé des mesures mentionnées à l'article L. 521-3, il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si la situation portée à sa connaissance est de nature à porter un préjudice suffisamment grave et immédiat à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.

5. Il résulte de l'instruction que par une décision du 8 juillet 2024, le préfet de La Réunion a classé sans suite la demande de naturalisation de M. A B. Dans ces conditions, le juge des référés ne peut, sans faire obstacle à l'exécution de cette décision, ordonner la mesure demandée par le requérant. Le cas échéant, il appartient à M. A B, s'il s'y croit recevable et fondé, de contester la décision de classement sans suite de sa demande de naturalisation.

6. Par ailleurs, alors que, comme il a été dit au point 1 M. A B est titulaire d'une carte de résident valable jusqu'au 28 septembre 2030, il ne justifie pas de l'urgence, au sens de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, à voir examiner sa demande de naturalisation.

7. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A B ne remplit manifestement pas les conditions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, et peut être rejetée en toutes ses conclusions sur le fondement de l'article L. 522-3 du même code.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A B.

Copie en sera adressée au préfet de La Réunion.

Fait à Montreuil, le 25 septembre 2024.

Le juge des référés,

L. Gauchard

La République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne ou à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contreles parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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