mardi 29 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2413443 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SELARL CABANES AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 septembre 2024 sous le n° 2413443, la société BIOLAB, représentée par Me Daoud Achour, avocat, demande au juge des référés du tribunal administratif, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
- d'enjoindre à la région Ile-de-France de mandater les 48 factures régularisées non révisées et de s'engager sur le fait que ces factures soient réglées dans les meilleurs délais ;
- de prononcer une astreinte de 500 euros par jour de retard ;
- de mettre à la charge de la région la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un mémoire en défense enregistré le 22 octobre 2024, la région Ile-de-France, représentée par Me Cabanes, avocat, conclut au rejet de la requête de la société BIOLAB, ainsi qu'à la condamnation de celle-ci à lui verser la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La région soutient que la requête de la société BIOLAB est irrecevable :
- D'une part, l'article L. 511-1 du code de justice administrative interdit expressément au juge des référés de statuer autrement que par des mesures qui présentent un caractère provisoire. Pour cette raison une demande tendant à la condamnation d'une personne publique au paiement d'une facture est irrecevable en raison de son caractère définitif. L'injonction faite à l'encontre d'une administration pour le règlement d'une facture ne constitue aucunement une mesure conservatoire ou provisoire et le recours au juge du référé mesure utile ne saurait être détourné pour obtenir une telle condamnation. Il ne fait donc aucun doute que la société BIOLAB sollicite la condamnation de la Région à régler les factures en souffrance. En effet, les efforts de la société BIOLAB pour " maquiller " ses demandes sont vaines puisque le mandatement des factures constitue évidemment un paiement. Or, une telle demande est manifestement irrecevable puisqu'elle conduit le juge du référé " mesures utiles " à ordonner une mesure qui ne serait pas purement provisoire ou conservatoire, ce qui est totalement contraire à son office.
- D'autre part, une telle demande relève principalement du juge du référé provision, lequel doit être saisi par la société BIOLAB pour obtenir le règlement des factures. Or, l'existence de cette procédure fait obstacle à la saisine du juge du référé " mesures utiles ", compte tenu de son caractère subsidiaire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif a désigné M. Michel Romnicianu, vice-président, pour statuer sur les demandes en référé.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 25 août 2021, la Région Île-de-France a attribué à la société Biolab les lots 1 et 2 du marché public portant sur la fourniture, la livraison, l'installation et la mise en œuvre de mobiliers d'ateliers et de laboratoires destinés à ses établissements publics. Le contrat, toujours en cours d'exécution, est prévu pour une durée ferme fixée à 2 ans, reconductible tacitement 1 fois pour une durée maximale de 4 ans, soit jusqu'au 25 août 2025. La Région Ile-de-France refusant de s'acquitter du paiement de 48 factures émises par la société Biolab dans le cadre de l'exécution du marché, la société Biolab demande au juge des référés du tribunal administratif, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre à la région Ile-de-France " de mandater les 48 factures régularisées non révisées et de s'engager sur le fait que ces factures soient réglées dans les meilleurs délais ".
Sur les conclusions de la requête présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
3. Le référé régi par l'article L. 521-3 du code de justice administrative revêtant un caractère subsidiaire, il n'appartient pas au juge des référés administratifs, saisi par le titulaire d'un marché public sur le fondement de ces dispositions, de condamner l'administration contractante à lui payer des factures émises par lui dans le cadre de l'exécution dudit marché. Une telle condamnation ne peut être prononcée, le cas échéant, que par le juge du fond ou, sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative et à titre provisionnel, par le juge des référés saisi d'une demande de provision.
4. Dans ces conditions, les conclusions susvisées de la société Biolab, qui doivent être regardées comme tendant à la condamnation de la région Ile-de-France à s'acquitter du montant des 48 factures litigieuses, doivent être rejetées comme irrecevables.
Sur les frais liés au litige :
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la région Ile-de-France, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la société Biolab demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la société Biolab une somme de 2 000 (deux mille) euros au titre des frais exposés par la région Ile-de-France et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la société BIOLAB est rejetée.
Article 2 : La société BIOLAB versera à la région Ile-de-France une somme de 2 000 (deux mille) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la société BIOLAB et à la région Ile-de-France.
Copie en sera adressée à la direction régionale des finances publiques de la région Ile-de-France pour information.
Fait à Montreuil, le 29 octobre 2024.
Le juge des référés,
M. A
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026